La tune dans le caniveau – Thierry Crouezet

Dans quoi suis-je allée me fourrer ? Vous avez déjà vu des films américains où le personnage principal, sur un malentendu, se retrouvait dans des situations improbables dont les enjeux le dépassait rapidement ? En ouvrant un simple message de ma boite mail c’est un peu ce qu’il m’est arrivé. Le message en question, émanant d’Isabelle Crouzet m’informait de l’existence d’un concours organisé par Therry Crouzet, concours qui permettait de découvrir (gratuitement) sa nouvelle, La tune dans le caniveau au format numérique, de la chroniquer, et peut-être de gagner une liseuse Cybook Orizon. Chouette alors ! Un concours. J’aime les concours (d’ailleurs j’ai joué à celui de Lelf pas plus tard que samedi). Et comme le mail promettait une nouvelle d’une trentaine de pages dont l’action se déroule dans un futur proche, en pleine grève générale et fleurait bon l’anticipation sociale ou politique je n’ai pas réfléchi longtemps… Isabelle me signalait en outre que Ferocias avait lu et chroniqué la nouvelle. See Mee ayant abondamment commenté le billet je me suis dit qu’il fallait creuser un peu. (et Tortoise’ en parle aussi). Et puis le titre me rappelait La lune dans le caniveau alors…

J’ai donc téléchargé et lu ce texte que je vais m’efforcer de chroniquer. Cependant je me rends compte qu’ainsi je deviens la victime consentante d’une « expérience inédite » d’édition numérique (sans DRM ouf!), de marketing « viral » et de buzz sur la toile. Tout ça pour gagner une liseuse électronique, ce qui pourrait constituer un acte militant or je n’ai pas encore suffisamment réfléchi à l’édition numérique et son impact sur l’édition actuelle (et sur la lectrice que je suis) pour prendre une position claire. Pour autant je vais tout de même chroniquer La tune dans le caniveau. Je suis faible et matérialiste.

La tune dans le caniveau est donc un « livre » électronique à lire sur liseuse ou sur le PC en .pdf. Je ne suis pas une fan de la lecture en .pdf même si, à cause du boulot, j’ai pris l’habitude d’en lire un paquet. Ici la surprise est grande : la taille de la police est énorme et la maquette est très différente de ce que je connais (les marges sont pratiquement absentes). J’ai presque l’impression de lire un roman « grands caractères » … ce qui déstabilise au début. L’avantage c’est que le texte défile vite et les 60 pages sont vite avalées. Je m’interroge aussi sur l’utilité d’avoir une couverture, identique aux modèles des livres papier, pour une version électronique. Besoin d’un point de repère ? De rassurer le lecteur ?

Sur le fond j’avoue que je n’ai pas totalement accroché à cette anticipation sociale avec grève générale, révolte, insurrection, et pauvres vs riches et un leader charismatique et un peu fou qui se perd dans le réseau, le virtuel, et sa fille qui cherche, malgré tout, à l’atteindre. Pourquoi ? Essentiellement parce qu’elle est trop condensée. Il y a trop de thématiques abordées ou le format est trop court, au choix. Le cadre est posé trop rapidement et le lecteur est saturé d’information presque à chaque phrase sans pour autant avoir le temps de les assimiler. Ce genre de phrase est d’ailleurs très représentatif :
« Le réseau Vortex, une myriade de broyeurs souterrains reliés à une nuée de séparateurs isotopiques capables de produire des nanoparticules directement assimilables par les imprimantes 3D. »  Vous n’en saurez pas plus sur les imprimantes 3D (sauf un peu plus loin où l’auteur vous apprendra qu’un personnage porte « des tennis fabriquées par une imprimante 3D »).
Les personnages se retrouvent vite à l’étroit et ne peuvent exprimer tout le potentiel qu’ils recèlent. L’univers proposé par Thierry Crouzet n’est donc jamais devenu concret ou réel pour moi. Ce qui a eu pour corollaire de me faire décrocher assez vite de la philosophie ou de la réflexion portées par ce texte et m’a amené à lire les dernières pages en diagonale pour tomber sur le type de fin que je déteste le plus : une fin très ouverte avec pirouette et l’impression que le texte finit en queue de poisson. La lecture a donc généré plus de frustration que de plaisir même si les thématiques abordées m’intéressent beaucoup.

Il est encore trop tôt pour tirer un bilan de cette expérience et de ce qu’elle m’a apporté. Je suis aussi très curieuse de voir quel bilan va tirer Thierry Crouzet de son expérience inédite. Je vous invite vous aussi à tenter l’aventure en lisant  La tune dans le caniveau.

 

 

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