Wonderful – David Calvo 10


Wonderful

de David Calvo

Bragelonne – 306 pages

Lecture commune avec Cachou, Acr0, Laure et Gaëtan.

Pour les 10 ans de Bragelonne, l’éditeur a décidé de rééditer 10 romans publiés lors de leur première année d’existence et maintenant introuvables. Avec une nouvelle couverture à la texture particulière et un prix défiant toute concurrence… Bref j’ai choisi 4 livres et Wonderful est le premier à ouvrir le bal.

Je ne sais pas quoi penser de ce livre, prix Julia Verlanger en 2001. J’ai failli abandonner la lecture au bout d’une trentaine de pages, épuisée par la narration éclatée et le manque de structuration apparent du roman. Seule la perspective de faillir à la lecture commune m’a poussé à continuer. Au fur et à mesure de ma lecture, si j’ai continué à ne pas tout comprendre, je me suis prise au jeu de Wonderful. J’ai pris plaisir à suivre le parcours semé d’embuches de Loomis qui cherche à sauver sa femme, Pooh, dans un Londres en déliquescence. La Lune se fissure et ne va pas tarder à imploser et projetant des milliers de ses morceaux dans notre atmosphère, signant la fin de notre monde. Avec Loomis on croise des Victoriens, des fées, le Roi de Londres, la Reine Victoria, des Planètes et un Mobile qui nous fait tourner la tête. Déroutant, déjanté (et encore plus sur le dernier quart), poétique, onirique, il laisse le lecteur désorienté, un peu sonné, comme après une nuit agitée de rêves dont on se demande s’ils ne sont pas plutôt des cauchemars.

Un extrait
Si les vitraux de la petite église St Mary Abbotts de Kensington n’étaient pas d’origine – ils avaient été bombardés pendant la Seconde Guerre  –, ils nimbaient l’endroit d’une quiétude bien différente du traditionnel cocktail poussière-solennité des églises de la même époque. Peut être cette différence tenait-elle au sacré, quoique Loom en doute : le centre de l’église était la miniature d’un intérieur de cathédrale, et cela suffisait à rendre les choses très étranges. A son arrivée, Loom avait cru que l’église était l’égale de toutes ses sœurs du Surrey et du Sussex, petites aiguilles paroissiales sans prétention, sans grandeur, tout justes bonnes à servir l’eucharistie du dimanche. Mais St Mary Abbotts était bien plus profonde, comme si un architecte fou avait cherché à créer de fausses perspectives, de fausses lignes de fuite, pour impressionner le visiteur et lui faire croire à une magnificence visuelle.

Consulter la bibliographie de l’auteur sur le Répertoire de la Science-Fiction.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

10 commentaires sur “Wonderful – David Calvo

  • capt everton

    zoulou Kingdom. Ce livre est trés sympa, l’action y est mené tambour battant (presque trop parfois), ce qui le fait presque ressembler à un film d’action Main stream. Mais nous y faisons un multitude de rencontres fort sympathiques (Wells, Carl Marx, la reine élisabeth). J’ai eu le plaisir de rencontrer Jean François Dépotte lors d’un salon du livre et je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire que les démons de Paris m’avait fait penser à Zoulou Kingdom (sauf que l’on y rencontre Lénine). Ce qui est un peu domage (à mon avis) dans zoulou kingdom c’est son côté anglo-saxon, j’aurais aimé que cet auteur assume a l’instar de Jean-François Dépotte ses origines. ( je n’ai rien contre Albion, mias par moment nous ne sommes pas loin de la ligue des gentlemen extraordinnaires) Toutefois ce livre est trés drôle, plein de fantasie, pour ne pas dire d’un grand n’importe quoi jubilatoire. Pour le fond c’est le clash des cultures qui à cause de l’incompréhension mutuelle et du capitalisme sauvage du 19ème siècle qui conduit à la catastrophe. http://sfsarthe.blog.free.fr

  • Acr0

    Ah c’est marrant, Gaëtan et toi vous vous êtes ennuyés, Laure et moi apprécions énormément le livre Tout le monde oscille Mais ceci dit, je comprends tout à fait, et moi aussi j’ai spécifié dans ma chronique que le livre ne pouvait pas plaire à tout le monde.

  • Cachou

    Livre très étrange en effet, c’est ce qui m’a tant séduite je dois dire d’ailleurs ^_^. J’aime bien l’extrait que tu as choisi, ça me fait penser à un truc que Vance m’avait dit dimanche sur la « géométrie non-euclidienne » de certains décors lovecraftiens. ^_^ [Reflechir]

  • Gaëtan

    Tu as trouvé le mot juste Lhisbei : « désorienté ». Ce n’est pas tant de l’ennui qu’une sensation que le livre n’est pas pour soi, qu’il y a trop de chose dedans. Enfin c’est ce que je ressent maintenant, plus d’une semaine après la lecture.

  • Val

    Hum ! ce livre, je l’ai dévoré …c’est justement ce côté complètement déjanté qui m’a plu. Je ne savais à aucun moment où Calvo allait m’emmener. J’ai valsé avec lui (au son de Muse) jusqu’à la dernière ligne.