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Nous voila donc au sommet du Pic du Midi. Il est 20h41 et le soleil va se coucher. La Lune a déjà fait son apparition mais cela ne le retient pas. Notre animateur nous a rejoint pour nous accompagner pendant cette nuit d’observation. La température, déjà pas bien élevée pour un 20 juin (nuit de solstice et donc nuit la plus courte), est en train de chuter. Nous sommes emmitouflés dans nos manteaux d’hiver, nos mains sont gantées (pas facile de prendre des photos avec des gants) malgré tout nous sentons le froid, sec, s’immiscer sous nos vêtements. Qu’importe. Le spectacle s’annonce merveilleux et nous avons l’impression d’être sur le toit du monde.

Nous rejoignons la terrasse sud pour observer le coucher du soleil, sur la mer de nuages et sur la chaîne des Pyrénées. Il n’y aura pas de rayon vert cette fois mais une explosion de couleurs qui laisse sans voix. Nous passons notre temps à nous exclamer « Oh ! », « Ah ! », « Waow ». Et « Oh my God » car dans le groupe il y a un couple d’anglais. La nuit au sommet est le cadeau d’anniversaire de Mister à Mrs. D’ailleurs, dans notre groupe, nous fêtons ce jour là deux anniversaires. Il y a pire cadeau. M. Lhisbei prend une tonne de photo. Lhisbei ôte un court instant ses gants pour poster une photo sur FB (hé oui, que voulez-vous, là haut on capte la 3G alors…). Le froid les tétanise mais le jeu en valait la chandelle (et il faut partager ce genre de photos, elles font du bien)

 (Clic)

A droite il s’agit de la tour et de la coupole abritant le Télescope Bernard Lyot

 Admirez le panorama :

Nous sommes 17 sur la terrasse. 18 avec l’animateur de la Ferme des Etoiles qui n’essaie plus de nous expliquer quoi que ce soit : tous nos sens et nos capacités cérébrales sont fascinés par le spectacle. Euphoriques, comme drogués par la magie du moment, nous nous montrons peu réceptifs. Peu importe l’endroit où nous posons les yeux, nous en prenons plein les mirettes. Cette nuit, plus rien n’existe que cette flamboyance dans le ciel. Plus rien n’existe mis à part les étoiles dans nos yeux et une forme de communion qui s’installe. Nous sommes tous sur la même longueur d’ondes. Nous ressentons tous une même impression, celle d’être à notre place, ici et maintenant, celle d’être seuls au monde tout en étant les rois de ce monde. Quelle nuit ! Et ce n’est que le début.

Une fois le soleil caché, notre animateur nous récupère et nous emmène jusque la coupole Charvin. Cette coupole accueille un télescope de 400 mm Schmidt-Cassegrain. Il débute son programme d’iniation et pointe la Lune, M57 (l’Anneau de la Lyre), M27 (la nébuleuse de l’Haltère ou encore « trognon de pomme » pour sa forme caractéristique), M13 (l’ama globulaire d’Hercule), Saturne… Au fur et à mesure de la soirée, la fatigue gagnant du terrain, nos rangs s’éclaircissent. Nous ne somme plus que cinq à la fin de la séance. Il est une heure du matin, nous sommes transis. Bien décidé à en profiter, M Lhisbei sort de la coupole pour prendre des photos : le Cygne, la Lyre, la Flèche, le Dauphin, le Scorpion (avec ou sans la Lune), le Sagittaire, la Grande Ourse et les Chiens de Chasse. Il est 1h30 du matin quand nous regagnons la chambre. La nuit s’annonce courte : nous avons prévu d’observer le lever de soleil. Le réveil sonnera à 5h30.

Quelques photos prises par M. Lhisbei :

A 5h30, difficile d’ouvrir un oeil. Nous enfilons nos vêtements chauds pour rejoindre la terrasse et saluer l’arrivée du Soleil. Nous sommes étonnés d’être seuls mais deux couples nous rejoignent bientôt : les anglais, armés d’un Canon (comme M Lhisbei) avec lesquels nous parvenons à bavarder (Lhisbei baragouine en anglais et n’en revient pas) et un couple plus âgé que nous avec lequel nous parlons… SF (la SFFF est partout ! Bifrost aussi puisque c’est la revue qui recueille les faveurs de ce couple). Il fait froid mais le panorama, lever de soleil sur la vallée, est aussi à couper le souffle. Et ces couleurs… Cette nuit du solstice aura pour nous une saveur particulière. A jamais.

Quelques photos :

Photos par C.Schlonsok et Lhisbei tous droits réservés

Le soleil s’est levé, nous nous dirigeons vers la salle du petit déjeuner. Nous avons 2h pour nos ablutions avant d’entamer la visite des bâtiments scientifiques. Mais notre tête est ailleurs. Guillaume Apollinaire écrivait « Il est grand temps de rallumer les étoiles ». Pour nous, c’est fait !