Un vendredi à Paris

Nous sommes dimanche mais il faut que je vous raconte ma journée de vendredi à Paris. Si, si il le faut.

Tout a commencé avec un mail d’une agence de communication oeuvrant pour Amazon (Antéchrist pour certains, messie et sauveur de la culture pour les autres – et très gros hypermarché en ligne de mon point de vue). Ce mail m’invitait à déjeuner avec les équipes des boutiques « Livres » d’Amazon.fr. Les frais de déplacement étaient, en outre, pris en charge pour les blogueurs provinciaux (dont je suis). Ni une, ni deux, je demande poliment une journée de RTT à ma boss et me voici dans le TGV en direction de Paris, pour une journée en célibataire. Mon programme était prêt. J’avais prévu une visite aux librairies d’occasion du boulevard St Michel le matin et un pèlerinage chez Scylla l’après-midi. J’avais pris mon plan des transports en commun et m’était psychologiquement armée pour affronter la foule dans le métro. Je n’aime pas le métro parisien – ni le RER d’ailleurs. Les rames sont vieillottes, les couloirs puent, les courants d’air vous gèlent et je ne m’y sens pas en sécurité sur les quais (les quais du métro lillois sont équipés de portes qui ne s’ouvrent que lorsque la rame est arrivée – les pousseurs en sont pour leurs frais). Bref, vous l’avez compris, je suis une indécrottable provinciale. Mais Paris a deux atouts : des librairies, beaucoup de librairies, et des musées, des expositions, bref un accès quasi illimité à la culture (à condition d’en avoir les moyens financiers…). Je ne dis donc jamais non à une journée à Paris.

Me voici donc à flâner sur le boulevard St Michel à 9h30 du matin avec la ferme intention de dénicher des livres. De ce côté-là et autant le dire tout de suite, la RGPP (Révision Générale de la Politique de la PAL) en a pris un (mauvais) coup. Par contre j’ai oeuvré pour la relance de notre économie par une consommation intensive (que des livres de seconde main cependant, ce qui veut dire 0 euros pour les auteurs malheureusement). Je commence donc par Gibert Jeune où je déniche Tant que nous n’aurons pas de visage de C.S. Lewis, La ballade de Trash de Jeanne-A Debats et L’éternéant de Neal Shusterman.

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Je remonte le boulevard et enchaîne avec Boulinier où je trouve Chasseurs d’étoiles pour M. Lhisbei (qui trime, lui, alors que je me la coule douce)

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J’atterris finalement chez Gibert Joseph d’où je ne ressort qu’avec ceci : Les quatrièmes demeures de Raphaël Aloysius Lafferty et Novae d’Élisabeth Ebory.

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Puis arrive le moment se rencontrer les équipes d’Amazon pour ce fameux déjeuner. Nous étions 8 blogueurs conviés, 7 présentes (que des filles, ce n’est même pas étonnant) et j’étais la seule spécialisée en SFFF (ma niche à moi, ouarf, ouarf). Nous avons donc discuté livres, blogs, livres numériques. Les équipes d’Amazon nous ont passé un diaporama reprenant les principales fonctionnalités de la boutique livre et présentant le Kindle. Deux Kindle ont d’ailleurs tourné. Le Kindle est joli, très fin, léger, maniable, facile d’utilisation et pas cher. Néanmoins je n’arrivais pas à naviguer avec les boutons sur les côtés (le fait d’avoir les mêmes boutons des deux côtés me perturbait) et, gros points noir, l’écran n’est pas tactile. Pas de stylet, donc, et annoter les livres (pratique que je ne m’autorisais pas avec les livres papier mais dont j’abuse avec mon reader) au clavier est anti-ergonomique au possible. Le format propriétaire Kindle est aussi un frein (mais bon je ne vais pas critiquer, j’ai un Ipod Nano bien verrouillé aussi côté format par la firme à la pomme). Moralité même si mon reader Samsung acheté l’année dernière est plus lourd, un poil plus encombrant et dépassé depuis un bail (les produits technologiques se périment vite) je m’y suis déjà trop habituée pour entrer dans un système tout intégré. Les commerciaux (appelons un chat un chat) d’Amazon étaient sympas et ouverts (ce sont des libraires ou des éditeurs dont la carrière a évolué, la passion des livres est toujours bien présente). Ce que j’en retiens ? Amazon est une très grosse machine. Amazon a des ambitions (pas de jugements de valeur ici, mais un simple constat). Amazon a une stratégie. Amazon se donne les moyens. Webmarchand numéro 1, libraire et diffuseur en ligne, bientôt éditeur avec le « print-on-demand » … je suis curieuse de voir où ils s’arrêteront. Je ne sais pas où on va mais on y va. Et, dans le cas d’Amazon, on y va vite…
Le repas, préparé par Olivier, un ancien participant (ou finaliste ?) de Masterchef, était succulent (même si je n’ai pas aimé le dessert). Théoriquement je devrais recevoir un bon d’achat pour moi (quand je dis qu’Amazon a les moyens…) et un autre à vous faire gagner. Donc vous entendrez à nouveau parler d’Amazon lors d’un jeu concours. Par curiosité je suis allée voir ma consommation (car c’est bien de cela qu’il s’agit finalement) chez Amazon. Ma première commande date de 2004. En 8 ans (de 2004 à 2011) j’ai acheté pour 1 111,64 € de produits culturels (livres, BD, DVD, musique et un étui pour mon reader) ce qui nous fait une moyenne de 138,955 € par an. Et encore, en 2011 je n’ai fait que 2 commandes pour un total de 49,12 € (dont le fameux étui). C’était plus qu’en 2010 (une seule commande à 38€). En tout cas ce n’est pas avec moi qu’Amazon fera fortune.

L’après-midi est déjà bien entamé quand je me rends chez Scylla. L’objectif premier était de récupérer une commande passée auprès de la Libairie Ys, librairie indépendante exclusivement en ligne et spécialisée dans le domaine des littératures de l’imaginaire (comme quoi fréquenter les poids-lourds du webcommerce n’empêche pas de faire vivre aussi les indés). J’écris l’objectif premier parce que, quand vous entrez chez Scylla et que vous avez du temps devant vous, vous faites invariablement des rencontres de gens connus, inconnus ou croisés sur le net. Entrer chez Scylla c’est tomber dans une faille spatio-temporelle pour en ressortir juste à temps pour choper votre train de retour à la maison, le sac lourd, mais le coeur léger et le moral gonflé à bloc grâce à un libraire exceptionnel (ceux qui chouinent que leur libraire n’est pas sympa et qui lisent de la SFFF, ne cherchez plus c’est chez Scylla que vous devez vous fournir). Mais revenons à nos moutons. A l’occasion des soldes j’avais donc passé commande de This is not America de Thomas Day, Little Egypt de Thomas McMahon, Piège vital d’Alain Le Bussy et Comme un poison dans l’eau de Yan Marchand à la librairie Ys. A noter qu’au retour dans le train (parce que maintenant j’arrive à lire dans le TGV – peut-être parce que j’étais en 2eme cette fois – oui je sais, je suis snob, je ne voyage qu’en première habituellement), Piège vital est sorti de la PAL … (ouf l’honneur de Killpal est sauf).

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La librairie Scylla vend du neuf et de l’occasion. J’en ai profité pour piocher dans les « Fusée », toujours pour M. Lhisbei : Départ pour l’avenir de Jean-Gaston Vandel.

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