Béhémoth – Scott Westerfeld 6


Béhémoth

De Scott Westerfeld

Pocket Jeunesse – 492 pages

J’avais apprécié Léviathan, le premier tome de cette série jeunesse de Scott Westerfeld. J’ai plus encore apprécié ce deuxième volet. On y retrouve Alek et Deryn Sharp. Alek, en fuite après l’assasinat de son père l’archiduc François-Ferdinand s’intègre peu à peu à la vie à bord du Léviathan. Grâce aux moteurs des « clankers » ce vaisseau vivant gigantesque né de l’imagination des darwinistes a retrouvé sa capacité à se mouvoir. Deryn Sharp, sous le pseudo de Dylan, vit toujours déguisée en garçon même si elle a de plus en plus de mal à cacher son identité surtout face à la perspicacité de certains adultes (en l’occurence, une scientifique un peu acariâtre). La guerre continue et les alliances se nouent. A bord du Léviathan, les anglais se dirigent vers Istanbul mais, à leur arrivée, ils se rendent compte que les clankers ont noyauté le pouvoir. Deryn est envoyée en mission sur la terre ferme et, sentant le vent tourner pour lui, Alek fausse compagnie à tout le monde.

L’action de Béhémoth prend surtout place sur terre cette fois. Et à Istanbul, ville pour laquelle je développe lentement mais sûrement un début de fascination et que j’ai plaisir à retrouver par procuration. J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette cité polymorphe, dont l’histoire se lit sur les murs et dans ses quartiers, chaleureuse mais aussi un peu arnaqueuse (essayez les restaurants de poissons par exemple). Ici les pérégrinations d’Alex dans la ville ont fait resurgir des images, des souvenirs agréables. La ville et son ambiance particulière sont très bien rendues. Dans le premier tome, Scott Westerfeld prenait le temps de poser son univers, les cultures clanker et darwiniste, les alliance et enjeux de la guerre. Ici, il considère que le lecteur sait à quoi s’en tenir et, après un bref résumé de l’épisode précédent, nous sommes plongés dès les premières lignes dans l’action et les rebondissements. Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très rythmé. L’auteur prend aussi plus le temps d’explorer les sentiments, les réactions de ses personnages principaux : Deryn tiraillée entre ses sentiments naissants pour Alek et son besoin de protéger son identité et Alek qui tente de sauver tout le monde en prenant des risques inconsidérés (y compris fricoter avec des révolutionnaires si besoin). Les personnages secondaires ne sont pas oubliés et les clins d’oeil et références, fréquents dans une uchronie, non plus. Le premier tome était déjà très bon mais le second est encore meilleur et je me demande comment sera le troisième…

Comme pour le premier tome, les illustrations, trés réussies, de Keith Thompson viennent enrichir le roman (la carte qui figure au début de l’ouvrage est juste magnifique) et Scott Westerfled prend le temps dans une post-face de déméler le vrai (l’Histoire) du faux (le romanesque). Au final Béhémoth, s’il ne révolutionne pas le roman YA, a tout de même le bon goût de ne pas prendre son lecteur pour un idiot peu importe l’âge de ce dernier d’ailleurs.

Une image du Sultan par Keith Thompson

(Clic)

 Et la bande-annonce du roman


Scott WESTERFELD – Leviathan par EditionsPocket


Fin de série d’Acr0


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6 commentaires sur “Béhémoth – Scott Westerfeld