Alien No Exit – Brian Evenson

Alien : No Exit

De Brian Evenson

Le Cherche-Midi – 326 pages

Les films de la série Alien me font peur. Vraiment peur. Ils réunissent tous les ingrédients pour ça : espaces clos, sombres et souvent gluants, créatures monstrueuses et parasites mortels pour l’être humain, musique angoissante à souhait, suggestion de l’horreur dans les premiers opus et viscères et  sang qui gicle de manière plus explicite dans les suivants. Ce qui explique je n’ai jamais vu un des Alien en entier. Je me suis dit qu’en bouquin ça passerait mieux car si je ne peux pas voir un film d’horreur, d’épouvante ou même un film légèrement angoissant sans faire trois crises cardiaques d’affilée, je peux lire des romans de ce genre sans aucun problème, sauf, parfois, un léger soupçon de dégoût en imaginant les viscères répandues au sol.

Alien : No Exit est presque construit comme un film. Première partie : focus sur le héros Anders Kramm, chasseur d’Aliens pour Weyland-Yutani, une compagnie sans scrupules qui colonise des exo-planètes souvent infestées d’Aliens. Lors d’une de ses missions, Kramm perd sa famille (procédé cinématographique archi-classique) ce qui le conduit à se faire cryogéniser pour oublier. Trente années plus tard, Kramm est révéillé par Planetus, une compagnie en charge de l’exploitation de C-3L/M. En tant qu’expert en Aliens, il est missionné pour enquêter sur le meurtre d’une douzaine de scientifiques. Charge à lui de déterminer s’il s’agissait d’une attaque d’Aliens comme tout le laisse croire. Problème : le co-administrateur de C-3L/M n’est autre que l’ancien employeur de Kramm. Et l’attaque d’Aliens ne pourrait bien être qu’un paravent. Le roman se poursuit donc comme un thriller économique haletant et bien fichu pour se transformer, une fois le mystère résolu, en une énorme chasse à l’homme par… les Aliens (il fallait bien qu’ils arrivent…). Et l’on retrouve les ingrédients des films : espaces clos, sombres et gluants, créatures monstrueuses, de l’action au kilomètre, des fusillades et des tensions à couper le souffle.

Qu’est-ce que j’en pense ? Le roman est très calibré, prêt pour une adaptation hollywoodienne. Un peu trop calibré à mon goût. Il en devient un tantinet prévisible, même dans ses dialogues. On a besoin de faire baisser la tension d’un cran ? Hop une petite touche d’humour avec la-phrase-qui-fait-mouche. Mais, mis à part ce reproche, je dois dire que le roman est efficace et bien fait malgré quelques ficelles usées. Réussi donc, dans son genre, surtout si on tient compte des contraintes imposées par l’univers d’Alien. Les personnages sont bien dessinés et, si le héros et son acolyte sont ultra-conventionnels, les personnages secondaires apportent leur lot de bonnes surprises. La tension monte crescendo et le final est à la hauteur : la fin très ouverte permet une suite. Hollywoodien jusqu’au bout.

Par contre la quatrième de couverture survend le bouquin par le biais de la réputation de l’auteur. On y présente Brian Evenson (que je ne connais pas) comme un romancier subversif (viré de l’Eglise mormone à cause de ses oeuvres). Le Monde et les Inrockuptibles font l’éloge de l’auteur de manière dithyrambique. Mais ce roman n’est pas (en tout cas je l’espère) représentatif de l’oeuvre de l’auteur car si c’était le cas … la subversivité n’est plus ce qu’elle était.

 
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