Le siècle mécanique T1, Boneshaker – Cherie Priest

Boneshaker
Le siècle mécanique T1

De Cherie Priest

Eclipse – 486 pages

Soyez prévenus. J’écris ce billet sous l’effet de la colère. Cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Généralement j’attends un peu, quand un bouquin me met dans un état pareil, pour rédiger ma chronique. Mais là… non. Trop c’est trop. Comment un bouquin nominé pour le prix Hugo, le Nebula et qui a finalement reçu le Prix Locus peut-il être aussi ennuyeux, aussi pénible à lire ? Les lecteurs de Locus n’ont pas si mauvais goût que cela… (et moi non plus j’ose espérer). La libraire qui attendait, l’année dernière, la parution en français de ce roman et qui me l’avait conseillé avec beaucoup d’enthousiasme, ne peut pas s’être trompée à ce point (croyez-moi, je fréquente une antre de très bon goût qui ne sacrifie pas encore au dieu tout puissant du commerce « Et je te fourgue n’importe quoi tant que tu sors ta CB »). Et pourtant, que ce roman est lourd, qu’il est ennuyeux (je me répète, je sais), qu’il est chiant (le mot est lâché) à lire.

Mais qu’est-ce que ça raconte ?  Voici la présentation de l’éditeur (oui en colère = flemmarde) :
Nous sommes en 1880. La Guerre Civile américaine fait rage depuis deux décennies, poussant les avancées technologiques dans d’étranges directions. Dans les Territoires de l’Ouest, les villes baignent dans des gaz mortels, alors que la terre est vidée de ses ressources. Sur la frontière entre le Nord et le Sud, les espions fomentent leurs complots et les trafiquants font plus d’argent que leur gouvernement. C’est dans ce monde que vivent Briar Wilkes et son fils. Elle est la veuve de l’infâme Dr. Blue, créateur du Boneshaker, la machine qui détruisit Seattle, perçant accidentellement une poche de gaz qui transforma les vivants en non-morts. Mais quand son fils décide de franchir le mur qui cerne Seattle en ruine dans l’espoir de réécrire l’histoire, elle doit le retrouver au plus vite avant qu’il ne lui arrive malheur. Sa quête la conduira dans une ville grouillant de morts-vivants affamés, de pirates de l’air, de seigneurs criminels et de réfugiés armés jusqu’aux dents. Seule Briar peut le ramener vivant.

On a tout dans ce livre : du zombie, un background historique riche, des machines (à vapeur ou pas) et de la mécanique steampunk à souhait, des enjeux personnels (une mère qui cherche son fils) et universels (des habitants d’une ville emmurée qui tentent de survivre au gaz délétère et de se débarrasser d’un baron du crime, personnage qui promettait de faire un méchant très réussi mais qui frise le ridicule surtout à cause de ses répliques emphatiques) et une belle palette de sentiments humains (des dettes d’honneur, de l’amitié, de la tromperie, des manipulations etc). Malgré tout je ne suis pas parvenue à entrer dans ce roman qui m’a paru très long à lire. C’est un roman d’ambiance m’objectera-t-on. L’atmosphère est plus importante que l’action. Oui mais j’adore les romans d’ambiance (ne me dites pas que Arlis des Forains de Mélanie Fazi est un roman d’action…). Mais là, le décor est sous exploité alors que la ville de Seattle et ses faubourgs pouvaient constituer un terrain de jeu parfait. L’action est délayée à tel point que la mayonnaise ne prend pas. Les dialogues sont ampoulés et les claques se perdent : à l’auteur pour ses personnages principaux (la mère et son fils) et leurs réactions parfois bizarres et au traducteur pour que cela sonne parfois aussi faux. Certains passages sont d’une grande fluidité et le lecteur embarque pour, quelques pages plus loin, se retrouver éjecté du récit, trop inutilement bavard et alambiqué. Alors la faute à qui ? A l’auteur ? A la traductrice (qui a reçu un razzie de Bifrost pour cette traduction) ? A la lectrice ? Je n’en sais rien. Et vous savez ce qui me met encore plus en pétard ? C’est que je ne le saurai jamais. Parce que je suis infoutue de lire en V.O. des romans anglophones (et ça m’énerve à un point…). Tout ce que je sais, c’est que l’éditeur a failli. Il a mal fait son boulot. Même s’il a pris soin des détails : une très belle couverture et un rabat de quatrième qui contient un marque-page détachable. Dommage que le contenu ne soit pas à la hauteur de l’emballage…

Et comme je ne supporte pas de rester sur une expérience aussi négative, je programme la lecture du tome 2 dans la foulée. Il est deux fois moins épais. Peut-être sera-t-il expurgé des lourdeurs présentes dans le premier tome…

Défi Steampunk

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