Le siècle mécanique T1, Boneshaker – Cherie Priest 13


Boneshaker
Le siècle mécanique T1

De Cherie Priest

Eclipse – 486 pages

Soyez prévenus. J’écris ce billet sous l’effet de la colère. Cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Généralement j’attends un peu, quand un bouquin me met dans un état pareil, pour rédiger ma chronique. Mais là… non. Trop c’est trop. Comment un bouquin nominé pour le prix Hugo, le Nebula et qui a finalement reçu le Prix Locus peut-il être aussi ennuyeux, aussi pénible à lire ? Les lecteurs de Locus n’ont pas si mauvais goût que cela… (et moi non plus j’ose espérer). La libraire qui attendait, l’année dernière, la parution en français de ce roman et qui me l’avait conseillé avec beaucoup d’enthousiasme, ne peut pas s’être trompée à ce point (croyez-moi, je fréquente une antre de très bon goût qui ne sacrifie pas encore au dieu tout puissant du commerce « Et je te fourgue n’importe quoi tant que tu sors ta CB »). Et pourtant, que ce roman est lourd, qu’il est ennuyeux (je me répète, je sais), qu’il est chiant (le mot est lâché) à lire.

Mais qu’est-ce que ça raconte ?  Voici la présentation de l’éditeur (oui en colère = flemmarde) :
Nous sommes en 1880. La Guerre Civile américaine fait rage depuis deux décennies, poussant les avancées technologiques dans d’étranges directions. Dans les Territoires de l’Ouest, les villes baignent dans des gaz mortels, alors que la terre est vidée de ses ressources. Sur la frontière entre le Nord et le Sud, les espions fomentent leurs complots et les trafiquants font plus d’argent que leur gouvernement. C’est dans ce monde que vivent Briar Wilkes et son fils. Elle est la veuve de l’infâme Dr. Blue, créateur du Boneshaker, la machine qui détruisit Seattle, perçant accidentellement une poche de gaz qui transforma les vivants en non-morts. Mais quand son fils décide de franchir le mur qui cerne Seattle en ruine dans l’espoir de réécrire l’histoire, elle doit le retrouver au plus vite avant qu’il ne lui arrive malheur. Sa quête la conduira dans une ville grouillant de morts-vivants affamés, de pirates de l’air, de seigneurs criminels et de réfugiés armés jusqu’aux dents. Seule Briar peut le ramener vivant.

On a tout dans ce livre : du zombie, un background historique riche, des machines (à vapeur ou pas) et de la mécanique steampunk à souhait, des enjeux personnels (une mère qui cherche son fils) et universels (des habitants d’une ville emmurée qui tentent de survivre au gaz délétère et de se débarrasser d’un baron du crime, personnage qui promettait de faire un méchant très réussi mais qui frise le ridicule surtout à cause de ses répliques emphatiques) et une belle palette de sentiments humains (des dettes d’honneur, de l’amitié, de la tromperie, des manipulations etc). Malgré tout je ne suis pas parvenue à entrer dans ce roman qui m’a paru très long à lire. C’est un roman d’ambiance m’objectera-t-on. L’atmosphère est plus importante que l’action. Oui mais j’adore les romans d’ambiance (ne me dites pas que Arlis des Forains de Mélanie Fazi est un roman d’action…). Mais là, le décor est sous exploité alors que la ville de Seattle et ses faubourgs pouvaient constituer un terrain de jeu parfait. L’action est délayée à tel point que la mayonnaise ne prend pas. Les dialogues sont ampoulés et les claques se perdent : à l’auteur pour ses personnages principaux (la mère et son fils) et leurs réactions parfois bizarres et au traducteur pour que cela sonne parfois aussi faux. Certains passages sont d’une grande fluidité et le lecteur embarque pour, quelques pages plus loin, se retrouver éjecté du récit, trop inutilement bavard et alambiqué. Alors la faute à qui ? A l’auteur ? A la traductrice (qui a reçu un razzie de Bifrost pour cette traduction) ? A la lectrice ? Je n’en sais rien. Et vous savez ce qui me met encore plus en pétard ? C’est que je ne le saurai jamais. Parce que je suis infoutue de lire en V.O. des romans anglophones (et ça m’énerve à un point…). Tout ce que je sais, c’est que l’éditeur a failli. Il a mal fait son boulot. Même s’il a pris soin des détails : une très belle couverture et un rabat de quatrième qui contient un marque-page détachable. Dommage que le contenu ne soit pas à la hauteur de l’emballage…

Et comme je ne supporte pas de rester sur une expérience aussi négative, je programme la lecture du tome 2 dans la foulée. Il est deux fois moins épais. Peut-être sera-t-il expurgé des lourdeurs présentes dans le premier tome…

Défi Steampunk


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13 commentaires sur “Le siècle mécanique T1, Boneshaker – Cherie Priest

  • Efelle

    De là a donner raisons aux razzies. [mdr][mdr][mdr]
    J’aurai tendance à me méfier de cet éditeur vu le contenu de son catalogue… Je suis sans doute sectaire mais au moins je ne me suis pas fait avoir avec ce bouquin. []
    Raye cette libraire de ton carnet d’adresse… je ne vois que ça comme solution.

  • val

    Hum je n’avais pas lu de très bonnes critiques sur ce livre.
    Quand à lire en VO, je me maudis de la même façon. Bon sang, qu’est ce que j’aimerai !!

  • Maëlig

    Oui je trouve ça courageux aussi de lire le tome 2 d’un bouquin qu’on n’a pas aimé (voire même de terminer celui-ci).
    J’avais déjà lu quelques avis négatifs dessus, le tien confirme mon impression. Comme quoi, il ne faut pas toujours faire confiance aux prix!

  • Lhisbei

    @ Gromovar : oups je n’avais pas vu ton avis. j’ajoute le lien. Tu devrais mettre tes avis sur Citriq [Oui]
    on se rejoint totalement : long tunnel d’ennui et mou; J’ai cru que je n’arriverai jamais à le terminer…[grrrmmmphffff]
    @ Efelle : à l’époque où je l’ai commandé (c’est à dire avant sa sortie en septembre ou octobre 2010) elle n’avait pas encore lu le livre mais l’attendait avec une certaine impatience (sur la foi des échos anglo-saxons et parce qu’elle aime le steampunk et les vampires)et avec un plaisir anticipé. depuis je ne lui en ai pas reparlé. je suppose qu’elle a du le lire et euh, peut être a-t-elle eu la même mauvaise surprise …
    @ Guillaume : j’avoue ma parfaite inculture sur la collection bibliothèque interdite mais si c’est ça je ne suis pas prête à me cultiver [mdr]
    @ Val : j’avais bien vu des avis très mitigés (j’avais raté celui de Grom par contre) mais je ne m’attendais tout de même pas à ça. j’envisage sérieusement de faire quelque chose pour la lecture en anglais parce que ça me met hors de moi de ne pas avoir le « vrai » texte.
    @ Endea : pas de mérite à avoir crois-moi. je déteste abandonner un livre et quand je le fais (comme pour [URL]:url:rsfblog.canalblog.com/archives/2011/03/20/20546057.html[NAME]Ptah Hotep[/URL]) c’est que c’est vraiment impossible à lire pour moi… Du coup je me force à lire au maximum. c’est plus du masochisme que du mérite…[mdr]
    @ Maëlig : ouaip je relativise pas mal sur les prix (mouarf)
    @ Pitivier : ce n’est pas une impression. c’est un roman qui pourrait être publié en young adult voire dans des collections plus jeunesse. enfin je pense qu’un bon éditeur jeunesse n’aurait probablement pas publié ce bouquin, en tout cas pas en l’état…

  • Isaac

    Pas le meilleur mais…
    Je n’ai pas détesté Boneshaker. Après, tout art est subjectif.
    Question pépites, j’en ai quand même trouvé chez Eclipse avec Grossbart et Johannes Cabal. Leur catalogue est en effet assez étrange. On trouve de tout et donc il faut trier. C’est sur que je n’irai jamais lorgner la bit-lit, mais bon… c’est vendeur. C’est peut être ce qui leur permet du coup de sortir des titres plus risqués.

  • Eric

    Je suis également halluciné par les nombreux prix remportés par ce livre alors que l’histoire et longue et mal ficelée. On a le sentiment de lire un script conçu pour le cinéma dans lequel les personnages n’ont aucune épaisseur psychologique et où seules les successions d’actions comptent…
    Mais le problème, c’est qu’il n’y a pour autant que très peu de ryhtme dans ce livre…
    Au fond, il n’a rien de steampunk tant l’univers est à peine brossé…