42 – La Grande Question du Lundi (10)

Pour cette nouvelle édition de la Grande Question du Lundi, nous allons, à nouveau, parler d’édition numérique et plus précisément des DRM.

DRM quésako ? Acronyme de « Digital Rights Management ». Objectif : contrôler par des mesures techniques de protection, l’utilisation qui est faite des œuvres numériques. En clair c’est un verrou censé empêcher le possesseur du fichier numérique d’en faire ce qu’il veut (copier, diffuser etc) et surtout d’en faire des choses pas belles et pas légales qui spolient les auteurs et bafouent leurs droits …

Un principe comme celui-là, dans l’absolu, on ne peut pas être contre. Sauf que de l’absolu à la vraie vie il y a comme un gouffre. Ceux qui me suivent sur FB ne seront pas surpris de ce qui suit puisqu’ils ont déjà eu droit à une partie de l’histoire là-bas. Pour les autres… séance de rattrapage. A Noël, on m’a offert des cartes cadeaux. Cartes cadeaux à dépenser dans une grande enseigne culturelle qui, il fut un temps, professait que le livre n’était pas un produit comme les autres… Bref. Armée d’une de mes cartes cadeaux, je remplis mon panier virtuel de livres bien réels et je me rends compte qu’il me reste 1 euro et des poussières sur la carte. Je décide donc de fureter dans le rayon (virtuel) des livres (virtuels). J’hésite entre une nouvelle de Thomas Day publiée par Le Bélial et L’art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer (éditions Mille et une nuit). Finalement j’opte pour le Schopenhauer parce que celui-là je ne risque pas d’avoir l’occasion de le faire dédicacer. Je peux donc acheter en numérique sans le regretter un jour. Or il s’avère que cet ebook est un ebook avec DRM (au contraire des ebooks du Bélial soit dit en passant). Et que pour lire un ebook sous DRM il faut un identifiant adobe, un logiciel adobe et que ce logiciel soit sur la liseuse. Et c’est là que le cirque commence. Accrochez-vos ceintures ça va secouer. Vérification de la liseuse : elle est bien équipée du logiciel adéquat (ouf!). Je télécharge le logiciel adobe sur le PC (jusque là tout va bien). Je crée un identifiant sur le site (jusqu’ici tout va encore bien même si c’est long). J’entre l’identifiant dans la liseuse. Ma liseuse m’insulte alors violemment. Elle ne les reconnaît pas. Un tour sur le site d’adobe pour résoudre ce léger contretemps. Mazette : impossible de réinitialiser l’identifiant et le mot de passe. Le site me renvoie perpétuellement sur un formulaire vierge quand je valide, sans prendre en compte les modifications. Et la liseuse continue à m’insulter. Je tourne en rond et bourrique (et pas barrique…encore qu’à ce stade une bière ou un verre de blanc aurait calmé mes nerfs en pelote). Habituellement avec un ebook sans DRM, j’ouvre Calibre, je clique sur « Ajouter un livre » puis sur « envoyer à » et hop le fichier est sur ma liseuse. Deux clics, 1minute 30 et le tour est joué. Là, le fichier avec DRM n’est toujours pas dans la liseuse et je m’arrache les cheveux depuis une demi-heure (j’exagère à peine).

A ce stade de l’histoire on peut déjà tirer une première conclusion : il faut être vraiment stupide pour acheter un fichier avec DRM. Les DRM emmerdent les cyberquiches comme moi. Et pour voir un peu sur le net le nombre de livres piratés, je peux dire que ces DRM n’emmerdent QUE le lecteur lambda un peu cyberquiche sur les bords comme moi. Les autres s’en sortent très bien. Et je me suis sentie encore plus conne quand j’ai réalisé que L’art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer était depuis longtemps dans le domaine public et que j’aurais pu avoir tout à fait légalement un ebook gratuit. Là j’ai payé parce que j’aimais bien la maison d’édition. Et que quand j’aime bien un éditeur, j’essaie de le soutenir en achetant les livres qu’il édite. Et dans ce cas précis je me retrouve avec un livre … illisible (« le comble du comble » * … nous sommes en plein dedans là) . Pour le coup ma fibre militante en a pris un sacré coup. Pour ce qui est du soutien à l’indutrie du livre, messieurs les éditeurs, vous ne m’y reprendrez plus.

Revenons à ce fichu fichier qui stagne dans le disque dur de mon PC. Heureusement les amis sur FB sont sympas. Me voyant hurler mon désespoir et ma colère, ils m’ont fourni des tuyaux pour faire sauter les DRM. Et croyez-moi, avec le programme adéquat, il ne faut que deux clics et un copier/coller pour déverrouiller le fichier. Même une cyberquiche comme moi y arrive… c’est dire la simplicité de la manoeuvre. D’ailleurs vous trouverez un tutoriel dans cet article (et dans les commentaires du-dit article, le nom du programme que j’ai utilisé). Une fois les DRM enlevé, j’ai enfin pu mettre le bouquin dans la liseuse en suivant la procédure habituelle (deux clics et une minute trente). Si je résume : pour pouvoir utiliser un fichier que j’avais légalement acheté, j’ai du utiliser une méthode de pirate… Édition numérique, quelque chose en toi ne tourne pas rond, un je ne sais quoi qui me laisse con…. Ce qui prouve au passage que les protections DRM sont totalement inefficaces et que la rémunération des auteurs et des éditeurs n’est pas garantie. Il faudrait donc que les éditeurs se penchent sur d’autres systèmes pour trouver une alternative qui permette la rémunération des acteurs de la filière sans pour autant perdre le consommateur (parce que sans auteurs, pas de livres mais sans lecteurs-acheteurs…).

Et vous savez ce qui est le plus énervant dans l’histoire ? C’est que les éditeurs et les libraires en ligne ne précisent pas la présence ou l’absence de DRM (ou alors il faut fouiller – profondément – dans les descriptifs pour trouver l’info). Ce manque de transparence me révulse. On nous prend vraiment pour des veaux et ça suffit ! C’est pourquoi je vous propose de lister, ici, les éditeurs et collections d’ebooks, avec une clé d’entrée : avec ou sans DRM. Et pour l’instant on commence par les éditeurs SFFF. Personnellement mon choix est fait. Cette liste n’est, bien entendu, pas exhaustive et sera complétée au fur et à mesure des infos recueillies… N’hésitez pas à l’enrichir en commentaire !

Avec DRM :

  • Denoël (dont Lunes d’encre)
  • Fleuve Noir
  • Mille et une nuits
  • Pygmalion
  • Robert Laffont (dont Ailleurs et demain)

Sans DRM :

* Le comble du comble : c’est un muet qui dit à un sourd qu’un aveugle les espionne…

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