Miscellanées de nouvelles (3) 4


Les nouvelles sont probablement ce que je trouve le plus facilement en ebook à un prix raisonnable (voire gratuitement). Grâce notamment au Bélial’ et à Angle Mort (que nous remercions au passage). Pour cette troisième édition du vrac de nouvelles, je ne déroge pas à la règle du menu : entrée, plat, fromage et dessert.

Commençons donc par « L’Aventure de la cité ultime » de Sylvie Denis, nouvelle offerte au téléchargement par Le Bélial jusqu’au 31 janvier 2012 (oui, le 31 c’est aujourd’hui, j’ai trop traîné à rédiger ce billet). Sherlock Holmes et le docteur Watson se retrouvent à enquêter sur des meurtres sur une colonie lunaire, dernier refuge de l’humanité en 12 563. Tous les codes sont respectés et, si ce n’est le décalage temporel, on pourrait croire que cette nouvelle est de la plume de Sir Arthur Conan Doyle. De la contrefaçon de haut vol et qui ne mérite pour punition que d’être lue. Une belle mise en bouche.

Passons maintenant au plat principal du menu du jour. « Chimères » de Ugo Bellagamba reçu le prix Rosny aîné de la nouvelle en 2005 et se télécharge pour la modique somme de 2,99€ sur le site de l’éditeur. Mon premier achat d’ebook (et oui, la phase de transition est en cours). Et aucun regret. Sur trois générations de femmes – Ugo Bellagamba aime les personnages féminins on dirait, et elles le lui rendent bien – nous assistons à la colonisation d’une planète hostile et réfractaire. Trois destins de femmes, trois récits intenses mettant en scène des métamorphes protecteurs. Sur un schéma classique – naissance, vie et mort d’une espèce artificielle –  Ugo Bellagamba offre un texte dense, passionnant, puissant et évocateur. Encore une fois, je suis charmée par la plume de Ugo Bellagamba. A mettre dans toutes les mains.

Continuons avec « L’IA qui écrivait des romans d’amour » d’Olivier Paquet parue dans Angle Mort n°5. Ancholie est la première de son espèce : un super-calculateur expérimental qui doit voir ses capacités augmentées grâce un accès à la conscience. Cette accès se double chez elle (oui finalement elle est genrée cette IA même si on ne sait pas très bien pourquoi) d’une propension à écrire un roman d’amour. L’IA est très froide dans ses raisonnements, n’éprouve aucun sentiments (ce qui l’oppose à l’humain qui s’y est attaché) et c’est parfaitement ce qu’on attend d’une IA. Pas d’émotions pour la machine mais le lecteur, lui, n’est pas épargné.

En guise de dessert (gourmand le dessert), « Mortelles ritournelles » de Greg Egan, nouvelle extraite du recueil Océanique. Michael Underwood, consultant en musique créative pour l’Usine à Inspiration (si, si) choisit et agence la musique des pubs. Mélomane averti mais frustré par son travail, il ne sait pas encore qu’il signe un pacte avec le diable en acceptant la proposition de John Halbright. Ce dernier a conçu un modèle mathématique capable de fabriquer des mélodies inoubliables. Tellement inoubliables qu’elles en deviennent mortelles. Un texte qui, sur une l’idée simple, fascine. Un extrait pour la peine.

« Song to the siren de This Mortal Coil déferla dans son crâne comme de l’argent liquide, effaçant la pièce, son corps et toutes les indignités de la journée. Il avait l’impression de flotter, désincarné dans l’obscurité vibrante, son âme entrant en résonance avec chaque note, tandis que la voix insupportablement douce de la chanteuse le plongeait dans des flammes fraîches, translucides et purificatrices.
Ce rituel de chaque soir représentait bien plus pour lui que le plaisir de la musique en elle-même. Il avait désespérément besoin d’être rassuré : même si son métier exigeait qu’il la traite comme un instrument de psychologie marketing parmi tant d’autres, une partie de lui demeurait capable de l’apprécier en tant que telle. Une partie de lui pouvait encore être touchée. »


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