Éros ou Thanatos – Loïc Henry 3


Éros ou Thanatos

De Loïc Henry

Griffe d’encre – 110 pages

Pour Isis, adolescente rétive de la cité d’Opale, le moment du choix approche à grand pas. Éros, une vie courte (95 ans environ, tout de même) et normale selon nos standards ou Thanatos, vie qui se rapproche le plus de l’immortablité (quatre fois plus longue) mais stérile et sans plaisir sexuel ? A une dizaine de jours de la cérémonie, Isis pense avoir choisi. Ce sera Éros avec Glyn, son amoureux, mais, encore vierge, elle peut toujours opter pour Thanatos. Vivre à Opale lui est pourtant difficile : la ville, truffée de capteurs espions, régule les comportements. Chaque habitant possède sur la nuque un implant qui régule le corps. Personne ne sort de la cité par peur des dangers de l’Extra-Muros. Corps et expression contraints, où est la liberté ? Et sans liberté où est le choix ? Isis, marquée par le départ de son père, renégat, se pose des questions et peine à s’intégrer à la vie de la cité, malgré l’amitié de Liv.

« Une discussion de sourdes. L’une comme l’autre, nous ne savions rien de l’Extra-muros, nous ignorions tout des populations. Liv n’avait que les cours de la Cité et moi que mes doutes. Peut-être que personne ne savait la vérité à Opale. Peut-être que les leçons étaient devenues vérités, à force de répétition. Le monde avait peut-être changé sans que personne s’en aperçût ici. Pourquoi étions-nous si peu à nous poser des questions ?
Et encore moins nombreux à aller chercher les réponses ? »

Et ce sont ces questions qui vont la priver du choix. Ig, une mystérieuse jeune fille, va lui ouvrir les portes de l’Extra-Muros. Commence pour Isis, une toute autre vie.

Éros ou Thanatos est une novella qui prend place dans l’univers de Loar mais 4 000 ans avant les évènements de Loar. D’après l’éditeur, elle peut se lire indépendamment. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Si la fin donne de l’appétence pour Loar, elle laisse bien trop de questions en suspens pour satisfaire tout à fait. Un exemple, Ig est une « spol ». Nous ne saurons jamais ce qu’est vraiment un « spol » (à comprendre ses réactions) ni la nature de la transe qui amène à cet état que l’on peut supposer être une mutation. De même les sauts dans les temps futurs présentés dans l’épilogue restent obscurs : pour les comprendre totalement il faut lire Loar. Chez moi cela a généré plus de frustration que d’envie. J’ai vraiment été happée par le début de cette novella (qui pour le coup m’avait donné envie de lire Loar), par les questionnements d’Isis tout au long de son périple sur sa planète mais, arrivée au trois-quarts du texte, quand j’ai compris que je n’aurais pas de réponses, ni de clés de lecture particulières avant la fin, l’histoire a perdu une partie de son intérêt. De manière paradoxale, la novella paraît trop courte. Il aurait fallu qu’elle apporte plus, au risque de dévoiler des éléments de Loar. Une équation insoluble donc. Et c’est bien dommage parce que ce que nous laisse entrevoir Loïc Henry de son monde est bien alléchant. Par contre, si vous avez déjà lu Loar, vous pouvez vous lancer dans Éros ou Thanatos sans aucune hésitation. M’est avis que c’est de la bonne (novella)…

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3 commentaires sur “Éros ou Thanatos – Loïc Henry

  • Plume

    Merci pour ta critique qui me donne encore plus envie de lire cette novella. Effectivement, si certains termes sont évoqués mais qu’ils restent vague, je comprends que tu aies pu être gênée. Dans Loar, rien n’est expliqué totalement mais comme je l’ai dit, ça ne pose pas de problème !

  • Lhisbei

    @ Plume : vi. Dans [I]Loar [/I]tu dois pouvoir déduire plus d’éléments sur la longueur. Ici c’est très court et ça manque. Je pense que si tu as lu Loar tu apprécieras beaucoup (et surtout à sa juste valeur) cette novella. Malgré le manque et la frustration j’en garderai un bon souvenir je crois.
    @ Lorhkan : oui tu peux noter (et noter le nom de l’auteur, suis sûre que c’est un bon qu’il faudra suivre)[]