Le Baron Noir, L’ombre du maître espion – Olivier Gechter 7


Le Baron Noir, L’ombre du maître espion

D’Olivier Gechter

Céléphaïs – 104 pages

Certains livres méritent qu’on les aime avant même d’être lus. Souvent, d’ailleurs, pour un tas de mauvaises raisons : une couverture qui claque (ici on peut dire que Géraud Soulié a assuré), un auteur que l’on a déjà croisé avec plaisir au sommaire de différents fanzines, une étiquette qu’on aime (une uchronie steampunk ? Voila de quoi faire battre mon coeur de lectrice-midinette). Il arrive parfois que ces livres déçoivent (L’équipée volage ou Hiver). Il arrive aussi que le lecteur tombe raide dingue amoureux du bouquin  (Le Dragon Griaule). Le plus souvent, le lecteur termine sa lecture le sourire aux lèvres, heureux du moment passé en compagnie du livre et prêt à retenter l’aventure. Le Baron Noir est de cet acabit là : j’avais envie de l’aimer avant de le lire, je l’ai lu avec beaucoup de plaisir, et j’y retournerai les yeux fermés. Qu’est-ce que Le Baron Noir ? Ou plutôt qui est le Baron Noir ? Le Baron Noir est un super-héro avant l’heure. Comme Bruce Wayne, Antoine Lefort, dandy parisien, est le riche héritier d’un empire industriel. Comme Bruce Wayne, il est affublé d’un majordome tout aussi dévoué que discret et efficace. Comme Bruce Wayne, le soir venu, il revêt une armure (qu’il a peut-être piqué au grand-père d’Iron Man) et va castagner du méchant. Ici s’arrête la comparaison puisque notre Baron Noir officie dans un Paris alternatif et en 1864. La révolution industrielle a eu lieu cent ans plus tôt, la Seconde République est présidée par Louis Napoléon Bonaparte. Les industries Lefort, armements et transports, travaillent sur des projets aéronautiques, recherchent des alternatives aux dirigeables assez fragiles, grâce à Clément Ader que Antoine Lefort vient juste d’embaucher. Mais les industries Lefort font l’objet d’un vol de plan assez audacieux impliquant des oiseaux automates. Le Baron Noir aura affaire à forte partie.

Court roman (j’appelle ça plutôt une novella), le Baron Noir est écrit dans la veine des feuilletons à la mode du 19eme siècle. Le premier épisode , si ‘lon considère qu’il y aura d’autres – ce que je souhaite (l’indiscret Facebook a cafté qu’une suite était en cours d’écriture) se clôt sur une résolution partielle de l’intrigue : si le voleur est défait, on ne sait pas ce qu’il devient et on suppose qu’il reviendra pour incarner le Moriarty de Lefort. De même le vol des plans pour une puissance étrangère laisse supposer un contexte politique à peine effleuré dans ce tome. Mené tambour battant, Le Baron Noir – L’ombre du maître espion permet de faire connaissance avec les personnages, l’époque, le monde alternatif steampunk. Pour une première immersion, c’est une réussite et le lecteur n’attend qu’une chose : revenir dans ce Paris fantasmé et diablement tentant pour assister aux exploits du Baron Noir.

Dans une postface fort intéressante, Olivier Gechter prend le temps d’expliquer son cheminement et la conception de cette novella. Si on ajoute la splendide couverture de Géraud Soulier (couverture d’autant plus admirable qu’il est facile, avec le vert, de se prendre les pieds dans la palette graphique), on aurait tort de se priver de ce Baron Noir.

Vivement la suite !

      
Winter Time Travel.                      JLNN


Lu pour le Prix ActuSF de l’Uchronie 2013


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