La Route – Cormac McCarthy

La Route

De Cormac McCarthy

Points – 256 pages

La Route, roman post-apocalyptique de Cormac McCarthy, a reçu le prix Pulitzer de la Fiction en 2007 et a été adapté en 2009 au cinéma par John Hillcoat avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee et Charlize Theron dans le rôle du père, du fils et de l’épouse, personnages présents de manière plus ou moins importante dans le roman. Je n’ai, à ce jour, pas vu le film et je ne compte pas le voir, surtout s’il est aussi désespéré que le roman.

La Route se centre sur deux personnages : un père et son fils. Ils ne sont jamais nommé autrement que par ces termes : l’homme, le garçon, le petit, fils, papa. Ils marchent le long d’une route en direction de la mer dans une terre désolée. Incendies, pluie de cendre, froid, soleil atone, engoncé dans un hiver nucléaire. La faune et la flore ont disparu. Les survivants s’organisent en bande cannibales. La survie est précaire et, surtout, sans but. Les quelques balles qui restent dans le pistolet pourraient servir à mettre un terme définitif à cette vie sans espoir. Et pourtant, père et fils marchent. Ils poussent un vieux caddy contenant quelques couvertures, quelques provisions, qui ne dureront pas. Faim, soif, peur, froid, absence d’avenir et de sens à la vie écrasent le lecteur tout au long des 256 pages de ce roman. Par contraste, le lien entre le père et le fils, ce qu’ils se transmettent mutuellement, la bonté et l’amour n’en sont que plus éclatants.

La narration du roman est étonnante. Pas de chapitre mais une succession ininterrompue de paragraphes qui varient les points de vue (par les yeux du fils, du père ou d’un point de vue externe), les dialogues, les souvenirs sans transition. Le style varie entre une sécheresse reflétant l’absence d’espoir des protagonistes et des passages lyriques sur la nature telle qu’elle a pu être dans le passé.  Cormac McCarthy pleure un paradis perdu et plonge sans scrupules, ni retenue l’humanité dans l’enfer qu’elle a créé. Le regard porté sur l’homme n’est pas sans bonté, mais il reste implacable.

Comment saurait-on qu’on est le dernier homme sur Terre ? dit-il.
Je ne crois pas qu’on le saurait. On le serait, c’est tout.
Personne ne le saurait.
Ça ne ferait aucune différence. Quand on meurt c’est comme si tout le monde mourait aussi.
Je suppose que Dieu le saurait. N’est-ce-pas ?
Il n’y a pas de Dieu.
Non ?
Il n’y a pas de Dieu et nous sommes ses prophètes.

logo diversité petitItem 5 : livre SFFF dont vous n’avez pas encore vu l’adaptation en film

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