Asynchrone – Fabien Clavel


Asynchrone

De Fabien Clavel

Lynks – 240 pages

Pour Chora, jeune adolescente, la perspective de mourir jeune n’est pas une vue de l’esprit. Née avec un souffle au cœur doublée d’une asynchronie ventriculaire, chaque choc peut la conduire à une tout aussi subite que prématurée. Ses parents, scientifiques, quittent Paris pour travailler dans un accélérateur de particules en Lozère et Chora les rejoint pour les vacances. Lors d’une visite organisée, une série d’explosion détruit le synchotron. Chora se réveille sur un lit d’hôpital, orpheline et dotée d’une étrange capacité : celle de voyager dans le temps, même si chaque déplacement temporel fragilise un peu plus son coeur.
Sans vouloir jouer les super-héroïnes et aidée de Théo, jeune gendarme, elle se lance dans une quête de vérité pour trouver les causes de la mort de ses parents.  En parallèle, la société qui exploite l’accélérateur de particule mène sa propre enquête et sa responsable de la sécurité, Mme Epone ne pense qu’à mettre la jeune fille sous coupe réglée.

En douze chapitres – pour les douze Heures de la mythologie grecque : Augé, Anatolé, Mousika, Gymnasia, Nymphé, Mésembria, Spondé, Élété, Akté, Hespéris, Dysis et Arctos (le crépuscule, parfois remplacé par Chora) – et raconté à la première personne du singulier, du point de vue de Chora, ce court roman permet une immersion totale dans la course contre la mort qu’elle a engagé, que ce soit celle, avérée, de ses parents, ou la sienne qui pourrait advenir soudainement. L’action est menée tambour battant, les sauts temporels et les révélations qu’ils entraînent s’enchaînent avec fluidité et sans jamais perdre le lecteur. La relation, amoureuse et compliquée, entre Chora et Théo peut sembler artificielle au départ, mais trouve sa justification au cours du récit. Le roman dispose d’une solide cohérence interne. A condition d’accepter le postulat de base sur le synchrotron (sa capacité à faire voyager dans le temps, perso je kiffe), Asynchrone est donc un roman young adult hautement recommandable.

J’avais envie de voir la lumière très pure sur les plateaux de la Margeride et le front tourmenté des nuages à l’approche d’un orage. J’avais envie de m’étendre à l’ombre et de me donner l’illusion que la vie durerait toujours.
J’aimais les paysages irréguliers, éclatés en fragments de forêts, de prairies, de villages. Où de vieux rochers parfois surgissaient au milieu des blés. Je voulais voir le vent caresser les épis et iriser les couleurs des champs.
Après trois semaines en Angleterre pour perfectionner mon anglais, je suis revenue directement dans le Sud, à côté de Mende. À peine arrivée, je me suis sentie apaisée et triste à la fois. Ces bouts d’enfance qui s’effilochaient dans ma mémoire avaient un parfum de regret et d’éternité.

Challenge Summer Short Stories of SFFF
Lecture #8

 

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