Que passe l’hiver – David Bry 1


Que passe l’hiver

De David Bry

L’Homme sans nom – 400 pages

Quatre clans vivent séparés dans la Clairière. Chacun possède un pouvoir, don d’Urian, le dieu sombre replié dans le Monde Souterrain où il accueillie l’âme des morts. Aux Lugen la capacité à invoquer les esprits, sources de toute magie. Les Dewe glissent dans les ombres, invisibles. Les Oren lisent les fils du destin et devinent l’avenir. Les Feyren changent de forme.

Un hiver figé, au temps suspendu. Blancheur immaculée. Forêts glacées et enneigées. Calme et sérénité ou attente et renoncement ?

Sur le Wegg enneigé
Les fils du Destin
Un à un se brisaient
Comme avance l’hiver.

Le solstice d’hiver approche. Les clans reviennent au cœur de la Clairière, sur le Wegg, montagne glacée, pour honorer une tradition ancestrale : renouveler leur serment d’allégeance au « roi de l’hiver ». Mi-homme, mi-dieu, fils d’Urian et d’une magicienne, Cudwich a les yeux aussi noirs que la nuit et arbore sur son front les longs bois d’un cerf.

Stig, fils cadet d’Oswald Freyren se fait une joie d’accompagner son père et son frère Ewald sur Wegg pour sa première participation aux fêtes du Solstice. Bercé par les légendes de la Clairière, il est impatient de participer aux chasses épiques et aux banquets qu’égayent conteurs, musiciens et danseurs, malgré son pied bot qui l’empêche de danser et le prive de l’amour d’un père et de bien d’autres plaisirs encore.

« Les augures chantent la mort », lui avait dit Anasie. « La mort, et la souffrance. »

Lors du premiers banquet, le seigneur Conrad Dewe s’étouffe et meurt. L’ombre avance sur la Clairière. Les fils se tissent, se brisent ou se renforcent. Et Stig est le seul à tenter de savoir ce qui se trame, dans le froid de l’hiver.

Et si les fils du destin
Mènent à tant de routes,
Seul le choix des hommes
En décide la fin.

Fantasy tragique, empreinte de magie et de mystère, Que passe l’hiver est un roman de contraste et d’harmonie où la grâce le dispute à la poésie. Sur un rythme maîtrisé, il entrelace ses motifs pour enchanter le lecteur (oui, on peut dire qu’il a réussi avec moi). Récit de la transformation d’un monde, il évite une confrontation manichéenne entre les forces du Bien et du Mal. Les personnages présentent de multiples facettes sans que l’on puisse les juger ou les condamner. Leurs motivations, leurs troubles, leurs choix et les erreurs de jugement qui en découlent parfois, concourent à les rendre humains. Et si le destin a déjà écrit tous les fils possibles, si un demi-dieu préside à la vie dans la Clairière, ils conservent leur libre-arbitre et doivent en assumer les conséquences.

Intense tant sur les sentiments que sur la tension narrative (à la manière d’une saga), Que passe l’hiver projette le lecteur dans le calme apparent d’un hiver immaculé pour explorer l’âme de la Clairière et le cœur des êtres.

(Une petite remarque, sur un point sensible chez moi : les chevaux ont des « jambes » et pas des « pattes ». Et la lanière qui maintient la selle sur le dos d’un cheval s’appelle une sangle)

 


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