Sous le soleil de cendres – Claire et Robert Belmas 8


Sous le soleil de cendres

De Claire et Robert Belmas

Scrineo – 320 pages

XXIIIe siècle. Les catastrophes climatiques ont laissé leur empreinte sur Terre : réchauffement global, maladies, extinctions d’espèces, famines… L’humanité, avide de profit et de richesses, menacée, a connu des guerres qui ont décimé les populations et laissé des zones contaminées, comme mortes. Une société pacifique a finalement vu le jour : l’Instance. Son maître-mot ? Le respect : respect de l’être humain, respect de la nature. Ses valeurs ? Justice, équité, humanisme et écologie. Si la mauvaise utilisation des sciences a conduit à la ruine par le passé, ces dernières ne sont pas abandonnées pour autant. Les technologies les plus meurtrières, à commencer par les armes de guerre, sont bannies, mais il n’y a pas d’antipathie ou de rejet global du progrès. D’ailleurs, l’Instance dispose d’un réseau qui permet à chacun de se connecter et de bénéficier d’un assistant personnel en permanence aussi efficace que diligent. L’Instance sait donc en permanence ce que chacun vit et fait. La régulation des comportements « inadaptés » s’en trouve quelque peu facilitée.

Lyla Tran-Dinh a été élevée dans les principes de l’Instance. Enquêtrice, elle est même devenue l’un de ses meilleurs éléments. Lorsqu’elle descend du train à Teixat en Haute-Occitanie sous un soleil écrasant, c’est pour enquêter sur la mort aussi violente que mystérieuse de plusieurs scientifiques. La proximité de l’Orri, une montagne artificielle, séquelle du Siècle Noir, les agressions et la criminalité se font plus courante. Chaque tremblement de terre de l’Orri génère des perturbations climatiques. De puissants orages génèrent des incendies accompagnés de tornades et d’incendies qui ravagent les flancs de la montagne. Ses colères laissent aussi des séquelles psychologiques aux habitants qui vivent dans l’inquiétude permanente. L’enquête de Lyla se retrouve compliquée par l’apparition d’un second soleil, de cendres celui-là. Le phénomène reste inexpliqué. Plus son enquête patine, plus l’absence d’indices démontre que le mal est bien plus profond et plus menaçant. Et quand elle se fait déchoir de ses fonctions, que d’enquêtrice elle devient accusée puis coupable et déportée sur l’Orri pour y purger sa peine, commence pour elle – comme pour le lecteur – un voyage de l’autre côté de l’utopie et des apparences. Et sans vouloir en révéler trop, le roman prend une direction aussi inattendue que réjouissante qui se développe sur des concepts plus science-fictifs.

Roman d’apprentissage d’une jeune femme idéaliste, intelligente et intuitive, Sous le soleil de cendres propose un univers riche et foisonnant, une intrigue à multiples facettes et des retournements de situation doublés de développements surprenants. Le roman s’inscrit dans un projet plus global initié par Jean-Marc Ligny, baptisé Les Voies de l’Utopie. Le projet n’a pu être mené à son terme et c’est dommage tant l’univers suscite l’intérêt.


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8 commentaires sur “Sous le soleil de cendres – Claire et Robert Belmas

  • lutin82

    Je l’avais repéré celui-ci. Je me le note m^me si les romans d’apprentissage ne sont pas ma priorité, mais il y a un petit quelque chose qui me plait.
    Merci 🙂

  • Stéphanie Nicot

    Mon jugement n’est évidemment pas objectf, puisque j’ai publié ce roman dans ma collection SF aux éditions Scrineo, mais je ne qualifierais vraiment pas « Sous le soleil de cendres » de récit « new âge ». Si certains personnages sont mystiques, ce ne sont pas nécessairement ceux dont le sort… (bon, pas de spoiler 😉 Est-ce un roman d’apprentissage ? Oui au sens ou Lyla découvre les réalités cachée du monde sur lequel elle enquête, et que, comme le lecteur, elle va avoir de drôles de surprises… Non, si on entend par là un roman pour ados (Lyla est une jeune femme, mais aussi une enquêtrice déjà réputée), le livre étant destiné aux adultes (et aux lycéens bons lecteurs, éventuellement)

    L’univers des Belmas est ici vraiment différent de celui des Terres mortes : c’est un récit qui oscille entre utopie et dystopie, entre mieux-être (les pires défauts de notre société ont disparu…) et menaces nouvelles. Et c’est avant tout un roman d’aventures qu’on ne lâche pas.

    Pour le reste, merci à Lhisbei pour ce papier chaleureux : quand une éditrice publie un livre, c’est qu’elle l’a aimé, et qu’elle espère le faire partager au plus grand nombre !

    Petite information : les auteurs seront aux imaginales du 24 au 27 mai 2018 😉