Le Choix – Paul J. McAuley

Le Choix

De Paul J. McAuley

Le Bélial – 96 pages – Traduction de Gilles Goullet

Tout doucement (vraiment très lentement, plutôt), je rattrape mon retard dans la lecture des titres de la collection Une Heure-Lumière des éditions du Bélial.

Dans Le Choix, nous suivons Damian et Lucas, deux adolescents amis depuis l’enfance. Le Spasme – cataclysme mondial multifactoriel accompagnant le réchauffement global de la planète et la montée des eaux – a redessiné les contours du monde. Du Norfolk ne subsistent sous forme d’îles que les reliefs les plus élevés. Les extra-terrestres ont débarqué et sillonnent la planète dans de mystérieux engins que l’on appelle des dragons. La mère de Lucas, une activiste écologiste, a élevé seule son fil. Elle a fait le choix de vivre en marge d’un société trop éloignée de l’ordre naturel, refusant les bienfaits apportés par les aliens. Damian est élevé à la dure par son père, un éleveur de crevettes – comprenez qu’il le cogne régulièrement. Lucas et Damien sont inséparables et rêvent de pouvoir quitter cette vie un peu pourrie. Des deux, Lucas est le plus mesuré, le plus réfléchi. Il a même construit un bateau de quatre mètres. Quand Damian lui annonce qu’un dragon, vaisseau extraterrestre, s’est échoué à quelques kilomètres de là, la curiosité est la plus forte. Et à partir de là, les choix faits par chacun d’eux seront déterminants.

Sûrement qu’il a un problème, sans quoi il se serait pas échoué. P’têt’ qu’il est en train de mourir ?
— Ça meurt, les dragons ?
— Quand t’auras un peu vécu, petit, tu sauras que tout a une fin. Même les trucs pas naturels comme lui.

Dans Le Choix je retrouve une SF que j’affectionne particulièrement. Une SF humaniste centrée sur les personnages avec le passage à l’âge adulte de deux amis et leurs choix, divergents et l’idée sous-jacente que nos choix modèlent le monde et que nous sommes responsables des conséquences de ces derniers. Et une SF qui n’oublie pas pour autant la fiction spéculative autour de thématiques importantes de la SF : la fiction climatique ou les conséquences de la rencontre avec les extraterrestres y compris sur le plan du progrès technologique ou sociétal. Dans ce court texte, Paul J. McAuley nous pousse à réfléchir à ce qui fait de nous des êtres humains : nos décisions et les actes qui en découlent.

De Paul J. McAuley, je vous conseille Les Conjurés de Florence, une uchronie / roman policier qui place son action à Florence dans un XVIe siècle refaçonné par le génie de Léonard de Vinci, concentré l’ingénierie plutôt que sur les arts. Ses inventions permettent une révolution industrielle précoce de trois cents ans. Le roman déroule l’enquête sur l’assassinat de Raphaël et son assistant par Pasquale, un jeune apprenti peintre, accompagné d’un journaliste retors qui n’est autre que Nicolas Machiavel.

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