Black Panther – Ryan Coogler

Black Panther

Réalisé par Ryan Coogler

Avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Letitia Wright, Daniel Kaluuya, Winston Duke, Angela Bassett, Forest Whitaker, Martin Freeman, Andy Serkis, John Kani, Florence Kasumba, Sterling K. Brown…

Synopsis
Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

Mon avis
Le Wakanda est, au yeux de tous, un pays pauvre d’Afrique dont le roi vient d’être tué. En réalité, le Wakanda cache une société ultra-développée dont la technologie, basée sur le vibranium, est à nulle autre pareille et se marie parfaitement avec les traditions et la culture (ou plutôt les cultures puisque plusieurs peuples cohabitent) du pays. Le vibranium a permis au Wakanda de se développer seul et d’éviter toute invasion colonialiste. La science est partout, des grattes-ciel aux blocs opératoires en passant par les trains à grande vitesse non polluants. Et le pays en lui-même est à ce point sublimé par les images, les décors, les costumes, son histoire, ses peuples et une foule de détails qu’on regrette tout au long du film qu’il n’existe pas. Le vrai héros du film, en un sens, c’est le Wakanda.

T’Challa hérite du trône à la mort de son père. Encore jeune, doutant de lui, incertain sur la direction à emprunter pour devenir un bon roi – Nakia, celle qu’il aime et qu’il voudrait bien voir régner à ses côtés, vient de le plaquer parce qu’il se refuse à aider le monde et persiste à continuer à masquer la réalité du Wakanda – il est aussi Black Panther. Pour régner, T’Challa doit se plier aux traditions ancestrales et vaincre  en combat singulier tout opposant à son accession au trône. Pour que le combat soit équilibré, il est temporairement privé de ses pouvoirs. Eric Killmonger, chien de guerre élevé aux USA après la mort de son père et oncle de T’Challa, revient solder les comptes avec le Wakanda et défier le roi. Il ambitionne, une fois le pouvoir conquis, de montrer au reste du monde la puissance du Wakanda et d’armer tous les exilés et leurs descendants qui ont souffert. Black Panther, c’est le parcours d’un fils aimant qui devient roi avec tout ce que cela comporte comme écueils ou vérités à accepter et comme choix à faire pour libérer les siens. Avec en arrière plan, deux voies possibles pour l’émancipation et deux figures tutélaires, Malcom X et Martin Luther King.

Le Wakanda n’est pas seulement un pays technologiquement avancé. Sur le plan sociétal aussi, il est loin devant (si, si). Les femmes y sont traitées à l’égal des hommes. Bien sûr, la super armée des Dora Milaje emmenée par la rigoureuse et loyale Okoye, exclusivement féminine, est emblématique en terme de représentation. Mais la diversité est reine. Shuri, la petite sœur de T’Challa, est une scientifique de premier plan qui n’a rien à envier au Q des James Bond ; elle est en outre spirituelle et courageuse. Nakia va jusqu’au bout de ses convictions et n’a pas besoin d’un prince charmant pour la protéger, elle non plus. Quant à Ramonda la reine-mère, elle incarne une femme de pouvoir et d’autorité, exigeante mais juste. Moralité : des personnages très éloignés des stéréotypes et profondément réalistes. Et leur capacité à résister aux injonctions, aux normes et aux diktats imposés par d’autre est plus qu’inspirante.

On pourra toujours chouiner sur le fait que le film prend son temps pour poser l’univers. De mon côté, j’ai adoré ça : le Wakanda mérite qu’on s’y attarde. Le pays, son histoire, ses traditions façonnent profondément les personnages et pour les comprendre, il faut connaître le Wakanda. Et le pays a une telle cohérence et une telle densité que ce serait dommage de ne s’en servir que comme décor de fond. Il vaut bien plus que ça. Il est un pays moderne, respectueux de ses membres (même si tout n’est pas rose, que l’être humain est faillible et que même un bon roi commet des erreurs) et de ses traditions, et offre la vision d’une utilisation de la technologie plus positive : la science est un outil, aux êtres humains d’en décider de son utilisation.

Du côté du jeu des acteurs, c’est un sans faute. Ils sont tous bons. Normal, ils sont talentueux. Mais c’est aussi parce qu’ils ont de la matière à jouer : un personnage étoffé, avec une histoire, des enjeux qui, souvent, les dépassent. Et parce que les interactions, notamment familiales, ont un accent de sincérité et d’authenticité.

Black Panther est à mon sens un bon Marvel, avec une pointe d’humour (un humour plus fin et plus subtil que celui d’Iron Man ou de Loki et Thor). Il se classe dans le haut du panier. Pour ma part, j’ai vu le film en avant-première le 13 février et je ne suis toujours pas redescendue de mon petit nuage. Et j’espère voir une suite.

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