Ciné express (3) 9


Les chroniques de films en attente s’empilent dans le Blog-it de la colonne de droite, mais je me rends compte que mon avis pour chacun d’entre eux peut tenir en quelques lignes tant ils m’inspirent peu. Quoi de mieux qu’un nouveau billet de Ciné express pour évoquer rapidement des films moyens vu au ciné, en DVD ou dans l’avion ? C’est parti.

Dark Shadows de Tim Burton. Vu en bluray. Bluray prêté par un collègue. L’un des rares films de Tim Burton pour lequel je n’éprouve pas l’irresistible envie de foncer acheter le bluray après avoir rendu l’exemplaire qu’on m’avait prêté. Pas que ce soit mauvais, non car tout n’est pas à jeter dans ce film mais je m’étais habituée à mieux, beaucoup mieux. Du côté des bons points : Johnny Depp impeccable dans le rôle du vampire Barnabas, vampire qui revient avec un décalage temporel de 200 ans, ce fameux décalage temporel qui apporte une touche de drôlerie supplémentaire, la dose d’humour macabre habituelle (qui régale toujours autant), l’ambiance gothique (grâce aux décors, à la demeure à gargouilles et son passage secret derrière la cheminée…), Eva Green en sorcière rancunière jusqu’au bout des ongles, une BO qui déchire, une adolescente loup-garou assez surprenante et une baby-sitter pour le moins inquiétante. Les moins : l’histoire d’amour mièvre et éculée qui sous-tend le film (la corde est trop usée pour servir encore surtout de cette façon là), Michelle Pfeiffer à côté de son rôle la plupart du temps (même si ça s’arrange sur la fin), Helena Bonham Carter qui passe les plats avec la conviction d’une moule une fois sur deux, des effets spéciaux au rendu parfois moche et, surtout, il manque le petit quelque chose qui émeut, le petit quelque chose de poésie qui fait monter la larme à l’oeil. Mis à part les scènes où la baby-sitter voit le fantôme de la belle dont était amoureux Barnabas, empreintes de poésie et où l’on retrouve le Tim Burton des grands jours, tout cela laisse très froid.

Looper de Rian Johnson. Ce qu’il y a de bien avec les vols long-courriers à destination de la grosse pomme, c’est que vous pouvez passer tout le vol de l’aller et tout le vol de nuit du retour à rattraper des films que vous avez raté dans les salles obscures. Plus tard, quand le jet-lag vous rattrape et que n’arrivez pas à dormir avant 4/5h du matin, vous regrettez le vol de nuit scotché à votre écran, mais ça c’est après comme le dit la pub. Fin 2012 et début 2013 (je vais me la péter deux secondes : pour le Nouvel An j’étais à New York City et c’était bien, froid, sec, fatiguant mais génial comme New York sait l’être – je me la pète mais je vous avais prévenu) j’ai donc rattrapé plusieurs films dans l’avion (ce qui, accessoirement, permet de vous faire oublier que vous êtes dans une situation aussi peu naturelle que possible à savoir dans monstre de métal d’environ 70 tonnes qui se balade à 9 000 mètres au dessus de l’océan). Avec du bon (Love, et autres drogues d’Edward Zwick avec Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway – une histoire d’amour qui fonctionne vraiment au moins, sans pathos, avec des acteurs au jeu subtil et juste) et du moins bon (Sherlock Holmes : Jeu d’ombres, un film dispensable malgré Jude Law, Robert Downey Jr, quelques seconds rôles intéressants mais malheureusement sous-exploités et malgré l’esthétique steampunk du film) et du mauvais (Time out d’Andrew Niccol avec Justin Timberlake (qui aurait mérité mieux) et Cillian Murphy (mais qu’est-il allé faire dans cette galère ?)). Dans la catégorie des bons films, il y avait Looper. Je me souviens avoir été alléchée par le pitch du film : Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille… (source : allociné). Je me souviens aussi des critiques positives pour un film de SF qui n’était pas un blockbuster pop-corn puisque « l’intrigue est complexe, la mise en scène « talentueuse » et « l’interprétation savoureuse ». Ne jamais écouter les critiques. L’intrigue est complexe ? L’intrigue est certes plus plus complexe (le voyage dans le temps est, de fait, un facteur de complexité) que celles qui prévalent dans les blockbusters pop-corn SF dont Hollywood nous abêtit mais pas au point de nécessiter d’ingurgiter plusieurs aspirines, malgré un vertige probable. La mise en scène est talentueuse. Plutôt oui. Elle n’est pas exceptionnelle mais elle a du caractère : quelques scènes marquent bien l’esprit et le film est très immersif (un exploit quand on sait que je l’ai regardé sur un écran plus petit qu’une tablette 10′ avec des écouteurs en plastique orange bien pourris). L’interprétation est savoureuse. Oui, ça oui.  Bruce Willis fait du Bruce Willis mais en mieux (en plus désabusé aussi), Joseph Gordon-Levitt et Emily Blunt crèvent l’écran. Les seconds rôles ne jouent pas aux faire-valoir. Ils ont quelque chose à défendre et s’en donnent les moyens. Et quelle fin… (même si elle s’embrouille avec un paradoxe temporel à moins que…). Même si Looper n’est pas le film exceptionnel qu’on m’avait, d’une certaine façon, promis, il n’est reste pas moins un bon film de SF (et ça nous change un peu, non ?).

Terminerai-je ce Ciné express (qui s’étire un peu en longueur), par mon rattrapage d’Inception (vu à la TV puisque je n’avais pas envie de le voir au ciné) ? Je vous rassure je vais faire vite puisque la greffe Christopher Nolan n’a pas non plus pris avec ce film. Je sauve les acteurs (et de fait je sauve un peu le metteur en scène qui les a dirigés) sauf le jeu Marion Cotillard (que je trouve d’une platitude à couper le souffle), les effets visuels (parfois un peu lourds tout de même). Pour le reste, le rêve dans le rêve dans le rêve et les poupées gigognes c’est bien joli mais sur 2h30 c’est long, très long. Et que c’est froid. J’ai décroché au milieu pour revenir me planter devant la télé pour la fin (fin qui m’a tiré un « tout ça pour ça »). Bref M. Lhisbei devra me payer cher (en bières de préférence) pour me traîner devant le prochain Batman.


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9 commentaires sur “Ciné express (3)