Interstellar – Christopher Nolan

InterstellarInterstellar

Réalisé par Christopher Nolan

Avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine, John Lithgow, Jessica Chastain, Casey Affleck, Mackenzie Foy, Wes Bentley, Matt Damon …

Synopsis
Alors que la vie sur Terre touche à sa fin, un groupe d’explorateurs s’attelle à la mission la plus importante de l’histoire de l’humanité : franchir les limites de notre galaxie pour savoir si l’homme peut vivre sur une autre planète…

Mon avis
Quiconque suit ce blog connaît mon amour du cinéma de Nolan. Réalisateur sur ma liste noire personnelle (avec Roland Emmerich et Michael Bay) parce que je trouve ses films longs, lourds, ennuyeux et surtout dépourvus d’émotions. Froids. D’Insomnia à Inception, en passant (Batman Begins et The Dark Knight) ou l’impardonnable trahison qu’est Le Prestige, j’ai détesté chacun de ses films. La perspective de me fader du Nolan pendant 2h49 ne m’enchantait guère, même si l’idée de passer ce temps-là en compagnie de Matthew McConaughey aussi compensait un peu. J’aurais donc du souffrir pendant 2h49. Il n’en a rien été et j’en suis la première surprise.

Que ce soit bien clair, Nolan n’a pas radicalement changé sa manière de filmer. J’ai retrouvé toutes les lourdeurs de caméra (les effets très appuyés), les lourdeurs musicales soulignant l’intensité dramatique des scènes qui n’en ont pas besoin (c’est comme le sel en cuisine, une main légère, quelques épices et vous transformez votre risotto en un plat unique), les dialogues emphatiques (légers, légers), des carences scénaristiques (le temps, une convention, relatif, OK mais pas au point de justifier la pirouette scénaristique dont je ne peux vous parler plus avant sans spoiler) qui m’agacent. Ceux qui cherchent la vraisemblance scientifique seront déçus. Entre les robots improbables, la cryogénie ou le vaisseau/station spatiale. Il ne respecte pas les critères de plausibilité scientifique magistralement résumés par Roland Lehoucq dans sa conférence d’ouverture des Utopiales (nous y reviendrons), on pourrait sourire. J’attends d’ailleurs avec impatience le numéro de Bifrost qui accueillera l’article de Roland Lehoucq sur ce film.

Nolan réalisateur m’agace donc toujours autant. Pourtant Interstellar fait preuve de deux qualités. La première se résume aux images de l’espace qu’il donne à voir. Elles sont époustouflantes. Le passage du vaisseau devant les anneaux de Saturne restera gravé dans ma mémoire par exemple. Effet musical de bon aloi, les passages visuellement les plus marquants s’étirent dans un silence absolu. Vertige assuré. Interstellar donne envie de lever la tête vers les étoiles, de caresser le rêve de sortir du berceau terrestre – même si l’être humain n’est pas fait pour ça – et de croire que c’est possible. Tout ce que j’aime dans la SF est là : l’ouverture du champ des possibles. Et, ici, elle est magnifiquement mise en images.

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Le seconde réside dans son ambition. Celle de vrai un Vrai Grand Film de SF avec les thématiques marquées du genre − une terre que l’homme a sur-exploitée et qui le condamne à une lente agonie, un potentiel salut dans l’essaimage galactique, les affres du voyage et de la colonisation, des concepts scientifiques (relativité, gravité, singularité) et d’autres encore – tout en restant accessible au grand public. Pour parvenir à ses fins, Nolan recycle les ingrédients classiques des blockbusters (y compris la théorie du complot), place ses personnages dans des dilemmes cornéliens intemporels et universels (l’intérêt de ma famille, des gens que j’aime ou l’intérêt de l’humanité dans son ensemble ?) et met à profit le talent d’excellents acteurs. Le contrat est rempli. Et, moi, après un film tel que celui-ci, je ne peux plus en vouloir à Christopher Nolan.

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(puisque le Grand Lorhkan le dit)

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