Sang maudit – Ange

Sang maudit

De Ange

Éditions Castelmore – 416 pages

Angélique Moretti, surnommée affectueusement Angie, est roturière par son père et noble par sa mère. A dix-sept ans, elle vient d’avoir son bac et compte bien fêter ça avec ses plus proches amis, Clémence et Matt. Mais c’est sans compter une agression dans le métro par un vampire armé d’une dague en ivoire qui la désigne comme marquée, c’est à dire désignée comme cible à éliminer par la police secrète du Roi. Et, comme si la menace qui plane sur elle ne suffisait pas, voilà que sa mère, la duchesse de Noailles, revient après plusieurs années d’absence, pour la contraindre à faire son entrée à la cour du roi. Plus habituée à Belleville qu’à Versailles, elle ne s’imagine guère en crinoline. Pourtant cette occasion lui permettra peut-être d’approcher Richelieu et de lever la sentence de mort qu’il a prononcé. E

Sang maudit place son histoire dans un monde contemporain uchronique. La Révolution française n’a jamais eu lieu et la monarchie perdure. Les Bourbons se succèdent sur le trône. Les privilèges nobiliaires n’ont jamais été abolis. Le jeune Louis XXIV règne, aidé par le cardinal Richelieu, son premier ministre et chef de la police secrète du Roi. Les inégalités sociales génèrent de très fortes tensions : les nobles ont conservés de nombreux privilèges en terme d’impôts, d’accès à l’éducation et disposent de services de police et de justice spécifiques à leur condition. Si les français naissent libres, ils ne sont pas égaux en droit. Le pays est gouverné par une monarchie parlementaire, mais les tentatives d’une partie de la sphère politique pour faire naître une république restent vaines. La Révolution russe inspirée par la révolution française n’a pas non plus eu lieu ce qui laisse une dynastie de tsars perdurer. Malgré cela, le monde a évolué a peu près à l’identique du nôtre et lorsque nous rencontrons Angélique de Noailles ou Angie Moretti, à Paris, cette dernière prend le métro, utilise un smartphone ou une tablette et vit une vie d’ado classique. Les réseaux sociaux sont omniprésents et les fils et filles de laissent leurs egos de starlette s’épanouir sur youtube… Le décalage induit produit son effet.
Angie se retrouve face à plusieurs enjeux : lever la condamnation qui pèse sur elle, aider Matt à sauver des enfants enlevés mystérieusement, enquêter sur le syndrome S qui foudroie les aristocrates et, peut-être même sauver le roi, tout en évoluant au milieu des intrigues de cour qui prennent leur source dans un rituel magique très ancien, et en tentant de sauvegarder ses amitiés (et ne parlons pas des premières aventures amoureuses). Tout cela fonctionne à merveille, les fils narratifs s’imbriquent parfaitement et le mélange des genres emmène le lecteur sur des chemins inattendus. En prime, Anne et Gérard Guéro, les deux auteurs derrière le pseudonyme de Ange, jouent avec les références historiques, ce qui a achevé de me séduire. Pas une touche de mièvrerie, pas de nostalgie de la crinoline, ni de stéréotypes de princesse dans ce roman qui se lit tout seul et avec un grand plaisir.

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