Sorcier de sang
Ars Obscura T4
De François Baranger
Denoël Lunes d’encre – 624 pages
Petit avertissement avant de commencer : nous parlons ici du quatrième et dernier tome de la série. J’ai fait de mon mieux pour éviter le divulgâchage, mais évoquer la fin d’une saga implique forcément de révéler quelques éléments de l’intrigue. Si vous n’avez pas encore lu les tomes précédents, il vaut sans doute mieux revenir lire ce billet une fois votre lecture terminée.
Avec Sorcier de sang, quatrième et dernier volume de la tétralogie Ars obscura, François Baranger referme une vaste fresque mêlant uchronie napoléonienne, fantasy ésotérique et menace venue d’ailleeurs. Ce dernier tome est donc celui des résolutions : celles des intrigues politiques, des mystères entourant l’Art Obscur, mais aussi du destin de nombreux personnages que l’on suit depuis le premier tome.
Une Europe au bord du chaos
L’intrigue se déroule en 1816. Après la chute de Napoléon et la défaite du sorcier impérial Élégast, la France tente d’éviter l’effondrement politique. Irénion Brégante a pris le pouvoir et rétabli le Consulat, espérant maintenir une forme de stabilité. A l’est, le sorcier russe Vakt, dont la puissance semble presque sans limite, marche sur l’Europe à la tête d’une armée composée de soldats fanatisés et de créatures monstrueuses. Face à cette force surnaturelle, la France doit reconstituer une armée capable de lui résister. Pendant ce temps, Éthelinde cherche un moyen de refermer les mystérieuses « bulles noires » qui déchirent la réalité. Ludwig, de plus en plus solitaire, tente quant à lui de rouvrir un ancien portail menant vers l’Autre Monde dans l’espoir de retrouver la reine Mab. Peu à peu, une idée s’impose : face à la puissance de Vakt, les humains pourraient bien devoir chercher de l’aide ailleurs.
Une uchronie épique
Depuis le premier tome, la série joue avec les codes de l’uchronie napoléonienne. Mais Ars obscura n’est pas une simple réécriture de l’histoire. La divergence repose sur l’existence de l’Art Obscur, une magie ancienne manipulée grâce à des cristaux appelés ukronites.
Dans Sorcier de sang, cette dimension prend encore davantage d’ampleur. L’uchronie historique s’efface presque totalement au profit d’un imaginaire où se mêlent ésotérisme, mythologie et spéculations quasi scientifiques. Comme dans les volumes précédents, le roman adopte une structure chorale et suit plusieurs personnages en parallèle. Intrigues politiques, recherches magiques et aventures personnelles se répondent avant de converger vers l’affrontement final, tout en effet pyrotechniques.
La première partie prend le temps de poser les derniers éléments de l’intrigue et François Baranger introduit même de nouveaux personnages et de nouveaux lieux. Le rythme s’accélère dans la seconde moitié avec des batailles spectaculaires et des révélations sur la nature de Vakt ce qui donne au récit une dimension épique. Les destins de Ludwig, Éthelinde, Irénion et des autres protagonistes trouvent leur résolution dans une série de péripéties, d’alliances et de révélations.
L’écriture de François Baranger, très visuelle, confère aux scènes de combat et aux effets magiques une intensité quasi cinématographique. Cette approche plonge le lecteur dans l’action et renforce la dimension spectaculaire du récit jusqu’au dernières lignes.
Sorcier de sang referme ainsi la tétralogie sur une conclusion spectaculaire, fidèle à l’ambition de l’ensemble. François Baranger réussit ici l’exercice toujours délicat du dernier tome : conclure une fresque de grande ampleur sans trahir l’esprit de la série.
Une citation
Lorsqu’on lutte contre la mort elle-même, il ne sert à rien de déserter.
Pour aller plus loin
- De François Baranger sur le RSF Blog : Sorcier d’Empire, Second sorcier, Sorcier empereur.
- Lire les avis de : Le Nocher des livres et Boojum.


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Tout à fait d’accord avec toi : cette tétralogie est une belle œuvre qui tient ses promesses et finit de belle façon. On ne se sent pas floué comme cela peut parfois être le cas.