Bifrost n°56 14


Le 56eme numéro de Bifrost est sorti (depuis un petit moment déjà). Pourquoi ne l’annoncer que maintenant  me demanderez-vous ? Parce que je suis « fâchée » avec Bifrost (même si Bifrost n’en sait rien et s’en ficherait s’il le savait). Pendant mes études je ne ratais jamais un numéro à sa parution. Je me délectais. Et puis, peu à peu, critiques de livres ont commencé à me taper sur les nerfs (alors que c’est surtout pour cela que je l’achetais). Aucun livre n’était à la hauteur des attentes de Bifrost. Les critiques se lâchaient et dépeçaient des livres avec un plaisir sadique non dissimulé (en tout cas c’est l’impression que j’avais à l’époque). Le phénomène « grosse tête et chevilles enflées » m’a toujours rebuté. Je n’ai donc plus acheté Bifrost. Par contre j’avoue que j’allais lire la page consacrée aux Razzies (la preuve que je ne suis pas toujours un ange).

Mais tout cela est du passé grâce à ce numéro 56. Acheté, lu et apprécié. Acheté d’abord. La faute à Don Lorenjy qui se retrouve au sommaire et au Club Présences d’Esprits (dont je suis membre) qui voit deux de ses publications critiquées. L’AOC Millésime est encensé par Pierre Stolze. La critique du Présences d’Esprits #59 par Thomas Day me pose encore question…  et mériterait un carton jaune pour le tacle à Géante Rouge. Lu, ensuite, par petits morceaux. Apprécié enfin.  Surtout les nouvelles et, en particulier, celle de Jean-Marc Ligny prolongée de l’interview fleuve de l’auteur par Richard Comballot. Apprécié le reste aussi : le ton, le contenu, les critiques livres, l’article sur les champs (magnétique, de force, électrique…). Bref un presque sans faute. Du côté des désagréments il reste le tacle (peu élégant), et l’impression persistante que le fandom SF règle ses comptes ou s’envoie des scuds par publication interposées (pour ceux que ça intéresse le champs de tir est prolongé sur le forum d’ActuSF). Les articles de Sylvie Denis & Roland C. Wagner sur l’anthologie Retour sur l’horizon en sont un bon exemple (l’article de Roland C. Wagner est lisible chez Génération Science-fiction).  Le débat n’intéresse que le petit monde du fandom SF (wikigooglez pour savoir ce que c’est…) et quitte parfois le terrain de l’analyse pour tomber dans la cour de récré (du style ‘nan c’est pas vrai j’ai pas dit ça’). La critique de La Créode de Joëlle Wintrebert est un autre exemple. La critique est élogieuse et le critique se voit obligé de se défendre de collusion (Le Bélial éditeur de La Créode est aussi l’éditeur de Bifrost). Le recueil de Joëlle Wintrebert n’a reçu que des critiques élogieuses  (là aussi googlez pour voir) donc il me parait difficile d’intenter un procès  d’intention à Bifrost et pourtant les bien-pensants du fandom SF risquent de le faire et le critique tente de s’en protéger (ou alors il provoque) … Le livre n’a pas besoin d’une (mauvaise et idiote) polémique. Une fois passé outre ces petits défauts j’ai pris plaisir à lire ce numéro. Moralité je suis réconciliée avec Bifrost et il fallait que j’en parle un peu ici.

Au sommaire, donc, trois nouvelles : Le Porteur d’eau de Jean-Marc Ligny, Viande qui pense de Don Lorenjy et Exhalaison (prix Hugo 2009) de Ted Chiang, des critiques livres, revues et des news. Le sommaire complet est consultable sur le site du Bélial. Et tant qu’à faire lisez aussi l’avis du Traqueur Stellaire.


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14 commentaires sur “Bifrost n°56

  • Cachou

    J’ai entendu parler pour la première fois de ce magazine chez Nébal, mais je n’ai jamais réussi à la trouver par la suite (ça m’intéresserait bien comme revue). S’achète-t-il en librairie « normale » (celle avec le lotto – pardon, loto en France ;-p –  et les autres revues)? Faut-il le commander dans sa librairie (de livres)? Si jamais je pousse jusqu’à Lille ces vacances, est-ce que tu connaitrais un endroit où je peux l’acheter (tu connais la région de Lille?)

  • Ferocias

    Je ne lis presque plus Bifrost en fait. J’ai l’impression que la renaissance de galaxies leur pose problème. A quoi bon taper sur Géante Rouge (même si ce fanzine propose parfois d’excellentissimes nouvelles : private joke) qui doit tirer à une 100aine d’exemplaires…

  • Lucie

    Géante Rouge ?
    En général, c’est Galaxies qui s’en prend plein la figure de la part de Bifrost. Géante Rouge, maintenant ? Et qu’en dit Bifrost ?

  • Lhisbei

    [PI]Galaxies NS n°5[/P] est « un très bon numéro » (mais on se demande en quoi quand on lit le reste de la critique [la tu vois] )
    Pour [PI]Géante Rouge [/P]accroche-toi je reproduis une partie de la critique. (Thomas Day si tu passes par ici -ce dont je doute- les commentaires te sont ouverts – ils sont modérés a priori à cause d’un troll).
    « Numéro après numéro, [PI]Présences d’Esprits [/P]s’impose comme un « fanzinat de luxe » ; on est clairement dans le fanzinat (le ton, les erreurs, les rubriques improbables farcies au nain de jardin, un certain « mauvais goût), mais c’est quand même le dessus du panier (il m’a suffi de comparer avec le numéro 14 de [PI]Géante Rouge[/P] reçu durant le même trimestre, numéro qui ressemble à la poubelle de [PI]Galaxies NS [/P]: un truc plein de chutes et des gravats à l’intérêt nanoscopique, et encore – par ailleurs, contrairement à ce que son titre laisse supposer, ce catalogue de rebut fandomiques brûle très mal : j’ai essayé d’allumer mon barbecue avec, ça ne marche pas et j’ai encore les yeux qui piquent). »

  • Guillaume44

    Merci pour le lien   Maintenant étant officiellement membre de Présences d’esprits je tique encore plus sur la critique de Thomas Day, en quoi « amateur » = « médiocre » ? C’est un peu facile, je suis biologiste; si je disais aux naturalistes amateurs qu’il sont forcément médiocres car ils ne sont que « amateurs »…  Enfin bon, c’est trop facile je trouve. Ce serait bien que Thomas Day détaille les points qui l’ont heurté, pour que ce soit plus constructif, là ça fait un peu l’étalage de critiques condescendantes quand même.
    J’ai vite décroché dans le débat RCW-Lehman. J’ai quand même l’impression que tout ceci est pinaillage, cela se résume à certaines personnes qui se taclent sur le forum d’ActuSF comme tu l’écris.  Arf j’ai eu un troll l’autre jour aussi Par contre j’ai adoré (lu et relu) le dossier et la nouvelle de Jean-Marc Ligny, et les critiques littéraires m’ont bien aidé pour la gestion de ma PAL. J’ai très hâte au numéro sur Heinlein, tu sais comment j’accroche à cet auteur prolifique en ce moment

  • papa fredo

    Bon, et la nouvelle de Ted Chiang, alors ? Elle doit dépoter sévère, non ? Avec un Hugo comme auréole ? Parce que, vu qu’on est pas près d’avoir un nouveau recueil de cet auteur, je me demande si je ne vais pas acheter Bifrost exprès…

  • Tigger Lilly

    Je lis Bifrost depuis quelques temps, j’aime assez. Pour quelqu’un qui y connait rien aux disputes/ cohalitions au sein des auteurs, éditeurs critiqueurs de SFFF, tout ça n’est pas vraiment flagrant. C’est vrai qu’il y a des critiques acerbes, mais il y en a de très bonnes aussi. Après, une critique acerbe ne m’empêcherait pas de lire le livre. Pour le 56, l’interview de Ligny est vraiment passionnante et les nouvelles particulièrement chouettes. J’ai hâte de voir arriver le suivant avec le dossier Heinlein, qui est un auteur que j’ai lu récemment et sur lequel je me pose beaucoup de questions.

  • GeishaNellie

    Je me permet une réponse plutôt perso : un désir ardent de garder une part de cet imaginaire que l’on attribue qu’aux enfants et que, semble-t-il, nous devrions tuer dès notre arrivée dans l’âge adulte. Mais que nous apporteraient de nous vautrer dans ce sérieux qui ne fait, finalement que nous stresser un peu plus tous les jours (le travail sans fin le fait bien tout seul !) et nous attrister. Je tiens à mon imaginaire et à celui de tous les auteurs qui écrivent dans ce genre, sans lui nous ne serions que des robots travaillant de 9h à 17h n’ayant plus cette étincelle magique qui le pousse à rêver et créer. Et finalement, certains livres sont aussi un avertissement pour le futur. Vous voyez comme c’est utile !

  • Vert

    [I](D’ailleurs, j’ai cru comprendre que tu sévissais toi aussi en bib…) [/I]
    Tout à fait chère collègue, par contre j’ai bien peur de souffrir d’un syndrome de transparence, les lecteurs ont tendance à ne pas me voir (de même qu’ils ne voient ni la feuille qu’ils sont obligés de signer en rentrant, ni les annonces de fermeture, ni la pendule qui indique qu’il est l’heure de partir [Cheese])
    Mais bon ma chef dit qu’ils sont tellement dans leurs livres qu’ils sont incapables de voir tout signal visuel/écrit en dehors de leurs bouquins. Ca doit être une variante de la livrophagie en fait. Qui les affectent eux, pas moi.
    (comment ça je dérive du sujet ? [heuu hum])

  • GiZeus

    Ah oui, une dernière chose. Bien que je lise beaucoup, je ne considère pas les livres (du moins ceux que je choisis) comme un simple bien de consommation, la plupart d’entre eux participent à une certaine élévation intellectuelle.
    Je l’avais déjà dit chez Gromovar, mais pour moi le livre est vecteur d’une connaissance et d’une réflexion, mêlés pour mon grand plaisir à un divertissement qui fait passer la pilule de ce qui pourrait être une chiantitude autrement Et pour revenir sur ce que j’ai dit précédemment, avoir une « certaine prétention » au moment de la critique ne m’empêche pas de ne pas me prendre au sérieux [mmm]