Le rire du Cyclope – Bernard Werber 7


Le rire du Cyclope

de Bernard Werber

Albin Michel – 618 pages

Avis de Monsieur Lhisbei

Darius Wozniak dit le Cyclope, le comique le plus populaire et le plus aimé des français, décède après un spectacle, seul, enfermé dans sa loge. Les personnes présentes dans les coulisses l’entendent éclater de rire puis s’effondrer… La journaliste Lucrèce Nemrod, présente lors de ce drame, ne croit pas à une mort accidentelle. Lors de la grande réunion de rédaction du journal « Le guetteur moderne », Lucrèce, plus par provocation que par conviction, lance l’idée selon laquelle le Cyclope n’est pas mort d’une mort naturelle mais  qu’il a été assassiné. Sa patronne Christianne Thénardier ( !),  qu’elle déteste, lui donne carte blanche pour enquêter sur la mort du Cyclope. Lucrèce se lance alors dans une enquête qui va l’emmener à la source du rire et des blagues. Aidé par Isidore Katzenberg elle cherchera la BQT, l’arme absolue capable de tuer quiconque osera ouvrir cette boite et lire son contenu, une blague si drôle et puissante qu’elle tue de rire les imprudents et les curieux.

Pour tout dire c’est le premier roman de Bernard Werber que je lis. J’ai quitté un instant le space-opera pour découvrir un des auteurs emblématiques de la littérature de l’imaginaire, adoré par certains, détesté par d’autres. Pour ma part je ne ferai partie d’aucune de ces catégories. Ce roman, une histoire policière fantastique, emmène le lecteur à la découverte du rire, de son origine présumée jusqu’à aujourd’hui. Bernard Werber propose cette histoire à travers l’enquête de Lucrèce et d’Isidore Katzenberg qui découvrent une société secrète millénaires. Cette dernière a pour vocation de créer, de perpétuer et de faire vivre l’humour à travers les siècles et les civilisations. Elle est aussi dépositaire de la BQT, une boite jalousement gardée, qui renferme la blague la plus puissante la plus destructrice au monde, une blague capable du tuer celui qui la lit. La force du roman c’est l’histoire de l’humour à travers l’histoire des Hommes que Bernard Werber développe de façon très documentée. Paradoxalement la faiblesse du roman réside dans les histoires drôles qui ponctuent le roman : elles sont pour la plupart connues et usées voire éculées. Vu le thème, je m’attendais à rire, éclater de rire alors que j’ai à peine souri deux ou trois fois des blagues qui jalonnent ce livre. Mais l’enquête policière reste intéressante, les rebondissements sont nombreux et s’enchaînent bien. Le couple Lucrèce et son mentor Isidore fonctionne bien jouant sur le contraste entre une jeune fille pleine de vie, de violence et d’impatience et un homme plus âgé, réfléchi, calme parfois prétentieux et agaçant. Bernard Werber revisite à sa manière le mythe de la boite de Pandore « ne l’ouvrez pas » et pour la BQT « ne lisez pas ».

Avis de Monsieur Lhisbei


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

7 commentaires sur “Le rire du Cyclope – Bernard Werber

  • Anudar

    Le thème de la « blague qui tue » avait déjà été traité il y a des années dans un épisode d’une BD de Fluide Glacial. De même que celui de l’origine des blagues, mais là c’était dans une BD du magazine de Spirou et c’était il y a encore plus longtemps.
    Soit Werber a réinventé l’eau tiède, soit il a de la culture BD dans ses tiroirs… Faut voir…

  • Mr Lhisbei

    @ A.C. de Haenne: Oui c’est un peu le paradoxe de ce livre, le choix des blagues et des histoires « drôles » que de Bernard Werber est effectivement malheureux.
    @ Anudar : je ne savais pas que le thème de la blague qui tue avait déjà été abordé. Merci pour l’info je vais courir acheter cette BD[].
    Bernard Werber est un auteur qui m’intrigue, je pense que je vais finir par acheter et lire son premier roman « Les fourmis »

  • Tigger Lilly

    Ça me fait penser à The Ring aussi, autre variation sur le thème de la boite de pandore.
    Je salue votre courage de publier un billet sur Werber sur le RSF Blog. On m’a dit que c’était comme ça qu’on attirait les trolls et qu’après c’était difficile de s’en débarrasser.

  • BiblioMan(u)

    Je garde un très bon souvenir des « Fourmis » tomes 1 et 2. En revanche, j’ai littéralement râlé en lisant le troisième, bourré de scènes invraisemblables et bêbêtes. Les thanatonautes reste aussi un bon souvenir mais j’ai décroché de Werber après avoir tenté de lire « Le Père de nos pères ». Quand presque tous les passagers d’un avion viennent mettre leur grain de sel sur la discussion des deux protagonistes principaux concernant la théorie de l’évolution, j’ai trouvé ça un peu trop gros. J’ai rententé le coup un peu plus tard avec un autre mais ça n’a plus pris non plus. Après je n’irai pas dire que je déteste Werber, je n’y trouve plus mon compte, tout simplement.