Succubus Blues – Richelle Mead 9


Succubus Blues

de Richelle Mead

Bragelonne – 384 pages

Vous connaissez Bridget Jones, celle qui a lancé la mode de la chick-lit, la littérature de « poulette » ? (Si la réponse à cette question est non, passez votre chemin et revenez pour le billet de demain…). Et bien, sur le même modèle, en SFFF, vous avez la bit-lit, la littérature pour poulette mais qui mord (ou se fait mordre) avec des vampires et autres créatures surnaturelles. Dans Succubus Blues, Bridget Jones s’appelle Georgina Kincaid et vit à Seattle (ville ultra glamour comme chacun sait). Elle est sous directrice dans une librairie (les librairies américaines géante avec des vendeurs avenants et passionnés, et un coin café qui offre de nombreuses recettes de café dont, pour certaines, vous ne soupçonniez même pas l’existence), jeune, belle, intelligente et fan d’un auteur de thriller Seth Mortensen (qui, même s’il est plutôt mignon, n’a de commun avec Viggo que le nom de famille). Elle a ses petites manies de lectrice, comme de ne pas lire plus de 5 pages par jour du dernier roman de son auteur favori pour faire durer le plaisir le plus longtemps possible et savourer le chef d’œuvre à sa juste valeur. Pouvoir d’identification des LCA (lectrices compulsives anonymes pour ceux qui l’auraient oublié) : 100 % (bravo !). Ses collègues sont sympas et son patron, avec lequel elle couche occasionnellement (mais vous saurez bientôt qu’il y a une excellent raison à cela) est un mufle qui trompe sa femme. Jusque là la vie de Georgina n’a rien d’extraordinaire. Mais Georgina a un second job : elle est succube. Un job de rêve avec immortalité, choix de l’apparence à l’infini et des hommes prêts à tout pour un simple baiser. Un job qu’elle n’aime pas vraiment (voire pas du tout). Elle a donc un deuxième patron, l’archidémon Jérôme (et croyez-moi vu l’appartement qu’il possède, archidémon est un métier qui rapporte), des amis vampires (qui vont par deux et dont l’un est obsédé par sa coiffure et son poids – pouvoir d’identification de la communauté gay ou gay-friendly : 100% et bravo bis !) alors que les vampires et les succubes se peuvent pas s’encadrer, et un gros dilemme : à chaque fois qu’elle embrasse ou fait l’amour avec un homme elle pompe (ahem!) l’énergie vitale de son partenaire (c’est tout de même le principe premier du succube). Elle ne peut donc pas tomber amoureuse… horreur ! (ce qui nous ramène à la chick lit). Oui mais voila ! Elle tombe amoureuse (sinon il n’y a pas de bouquin), et de deux hommes (sinon c’est trop simple) et en même temps (sinon il n’y a pas de dilemme) : du timide mais spirituel et talentueux Seth Mortensen et du mystérieux et cultivé Roman. Mais parce que ce n’est pas encore assez compliqué d’avoir une double vie et des problèmes sentimentaux, quelqu’un a décidé de faire le ménage chez les anges et les démons qui gravitent autour d’elle. Soupçonnée, Georgina n’a pas d’autre choix que d’enquêter…

Évidemment le roman est prévisible de bout en bout : on devine très vite qui est le bad-boy et comment cela se terminera (happy end obligatoire puisqu’il y a des suites…). Les intrigues amoureuses ne sont guère différentes de celles qu’on trouve en chick-lit ; que les boyfriends soient des vampires – qui, ici, ne mordent pas une seule fois – des loups garous ou des anges n’apporte presque rien si ce n’est quelques éclairs. L’héroïne réussit le tour de force d’être encore très naïve et fleur bleue (tendance tête à claque) malgré ses quelques siècles d’âge (qui lui ont bien façonné le sens de la répartie). Pour un peu on pourrait presque imaginer Meg Ryan (celle de la période You’ve got mail) en Georgina Kincaid. Mais, me demanderez-vous, est-ce qu’elle couche au moins ? Oui. Deux fois. La première scène est tout à fait classique : avec son patron (celui de la librairie, pour recharger ses batteries), dans le bureau (et même pas sur le bureau mais bien sur la chaise – un film hollywoodien avec Sharon Stone ou Demi Moore vous donnera une idée pour la visualisation). La seconde est le fantasme ultime de toutes les nanas : un homme infatigable, tantôt bestial, tantôt tendre, capable de faire ça toute la nuit, de façons différentes, qui reste à l’écoute de sa partenaire et dans une symbiose parfaite. Malgré la sueur et les cris cette scène reste très romanesque et presque « harlequinesque » (je vous invite à relire La philosophie dans le boudoir du marquis si vous voulez du piment…).

Alors pourquoi cela fonctionne-t-il ? Pourquoi ai-je tourné les pages aussi vite et suis-je prête à entamer le volume 2 sans attendre ? Sais pas. Georgina et toute sa bande sont bien sympathiques et attachants. Le roman se lit tout seul, la lecture est divertissante, le lecteur s’amuse, sourit, rit parfois (comique volontaire ou involontaire). Si je devais faire un parallèle avec une série ce serait avec Buffy. Je suis peut être bien plus romantique et fleur bleue que je n’ose l’avouer… Et puis cette couverture de Jean-Sébastien Rossbach… je n’ai pas pu y résister (je suis faible, je sais). Résultat : tout ce que je sais, c’est que j’attaque le tome 2 et pas plus tard que maintenant.

Ce livre compte donc pour le challenge Summer Bit-lit de Lhisbei, challenge initié par la traitresse Loula (je l’aurais un jour ! je l’aurais !) et en ce jour de St Valentin je ne pouvais choisir meilleure chronique…


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9 commentaires sur “Succubus Blues – Richelle Mead

  • Anudar

    Ah non ! Pas le Summer Bit-Lit ! Vade retro ! Si tu fais ça, je quitte ta secte pour entrer dans celle de Ferocias.
    Sinon, ça semble marrant ce truc. Un peu comme « Blade », au cinéma…

  • NicK

    Apparemment, tu en es mordue. :p
    Je l’ai récupéré gratis en VO donc je vais le lire un jour. Est-ce mieux qu’Anita Blake, Stéphanie Plum ou bien Merry Gentry ???

  • Efelle

    Malheur !
    Vu les gros spoilers qu’il y a dans ta chronique, je ne peux plus lire ce livre… Quel dommage !
    Sinon le challenge estival, c’est sérieux ?

  • yueyin

    ben voilà c’est prévisible mais on s’y attache à Georgina (j’en ai lu trois j’avoue )) et pourtant je n’ai pas pu lire Bridget Jones justement, quelle plaie cette fille !!! Moi je n’aime que la bit lit, de la romance d’accord mais avec un peu de… mordant ))

  • Olya

    Bon, j’arrive un peu après la guerre, vu que ton article a près d’un an, mais je viens de le terminer, alors j’ai voulu passer par ici. Je suis contente, car je me retrouve totalement dans ton article J’ai été agréablement surprise par le livre, et j’ai aimé, et je demande même à découvrir la suite Par contre, contrairement à toi, j’ai compris 2 minutes avant Georgina qui était le méchant pas beau ^^ Bref, je suis étonnée de voir que finalement, j’apprécie certains bouquins de bit lit Une fois de temps en temps, ça fait pas de mal ^^