Dilvish le damné – Roger Zelazny 6


Dilvish le damné
Nouvelles et roman

De Roger Zelazny

Denoël Lunes d’encre – 495 pages

Avis de Monsieur Lhisbei

Dans ce livre vous trouverez onze nouvelles et un roman sur Dilvish dit « le damné, colonel de l’Est, libérateur de Portaroy, descendant de la maison Elfique de Sélar et d’une maison déchue ». Ennemi juré du magicien Jelerak qui l’a transformé en statue et a envoyé son âme en enfer pour des centaines d’années de souffrance. Dilvish est revenu et ne vit que pour une seule chose, la vengeance.

« La route de Dilfar »
Première nouvelle, très courte (8 pages). Une introduction à Dilvish où le lecteur découvre, lors d’une course poursuite, le personnage et son extraordinaire monture, Ténèbres, un cheval d’acier.
Dilvish tente de rejoindre la ville de Dilfar après que le massacre de son armée à Portaroy.

« La ballade de Théline »
Deuxième nouvelle, très courte (10 pages). Théline, la fille de Mildine, chante une ballade sur celui dont nul ne doit prononcer le nom. Nouvelle qui introduit l’ennemi juré de Dilvish, Jélérak le magicien et la raison de la haine de Dilvish.

« Les cloches de Shoredan »
Troisième nouvelle, plus longue (22 pages). Dilvish défend la ville de Dilfar. Les armées du capitaine de l’Ouest Lilish sont repoussées mais ce n’est pas suffisant. Dilvish part pour Rahoringhast faire sonner les cloches de Shoredan afin de rassembler une armée que lui seul peut appeler.

« Mérytha et son chevalier »
Quatrième nouvelle, très courte (12 pages). Dilvish est aux prises avec une vampire, Mérytha, prisonnière de son mari.

« La carte de souffrance »
Cinquième nouvelle, très courte (12 pages). Dilvish est confronté à une déesse qui tente de le faire chanter et de l’enrôler de force.

« La cité divisée »
Sixième nouvelle, très courte (16 pages). Dilvish est enfermé dans une étrange cité. Il est le pion d’un jeu entre les habitants de cette ville.

« La bête des neiges »
Septième nouvelle, la plus courte (6 pages). Dilvish rencontre un homme loup.

« La tour de glace »
Huitième nouvelle, la plus longue (66 pages). Dilvish trouve un des repaires de son ennemi juré Jélérak le magicien, la Tour de glace. A l’intérieur un frère et une sœur, les gardiens de la forteresse. Dilvish réussit à s’introduire à l’intérieur pour assouvir sa vengeance.

« Le démon et la danseuse »
Neuvième nouvelle, longue (50 pages). Oële danse pour Démon, un ancien dieu oublié de tous. En contrepartie, Démon lui donne des pouvoirs. Oële doit trouver un nouveau mari, jeune et fort, pour le sacrifier à Démon. Dilvish sera le choix d’Oële.

« Le jardin de sang »
Dixième nouvelle, courte (16 pages). Dilvish et Ténèbres sont victime d’un sortilège : des fleurs rouges les ont endormis pour les tuer. Mais le sortilège ne fonctionne pas, ils se retrouvent projeté dans le passé où ils ont un combat à mener. Ténèbres prend forme humaine.

« Dilvish le Damné »
Onzième nouvelle, longue (30 pages). Dilvish rencontre un drôle de brigand, la Mouche, qui a volé la ceinture des ombres de Cabolus. Des démons d’un autre plan d’existence ont été chargés de retrouver et de tuer le voleur, ce qu’il font, et voilà Dilvish dépositaire de la ceinture qui doit échapper aux créatures.

Terres changeantes
Le roman, court, 239 pages. Dilvish a trouvé une des forteresses de son ennemi juré Jélérak le magicien. Dans cette forteresse se trouve un magicien de second plan Baran, chargé par Jelerak de la surveiller et une ancienne reine ressuscitée par Jelerak. Elle est chargée de soigner un ancien dieu Tooaloa qui alterne des périodes de lucidité et des périodes de folie pendant lesquelles il ne peut maîtriser ses pouvoirs.
Ce dieu et ses pouvoirs suscitent la convoitise de nombreux magiciens, aventuriers et elfes. Tous ont des raisons plus ou moins bonnes de vouloir s’approprier les pouvoir de Tooaloa.
Tous doivent affronter les terres changeantes, une zone autour de la forteresse, dangereuse en proie à la folie de Tooaloa.
Dilvish va affronter ces terres, entrer dans la forteresse pour tuer Jelerak. Mais rien ne se passe jamais comme prévu…

Bon. Que dire de ce livre ?
Zelazny est un auteur que j’ai apprécié pour de nombreux ouvrages tel que Les neuf princes d’ambre. Mais j‘avais oublié comme il pouvait parfois être lourd dans ses descriptions.
Les nouvelles sont courtes et dynamiques, vont droit au but. Elles posent bien les personnages et amènent doucement à la confrontation finale. Mais dès que vous attaquez le roman, pourtant court, vous vous heurtez à une série de longues descriptions parfois ennuyeuses et, à mon avis, inutiles. Elles ralentissent l’action et la lecture (moi qui suit déjà lent…).
Malgré ce petit inconvénient, j’ai pris du plaisir à lire ces histoires et à me plonger dans l’univers de Dilvish. Le personnage de Dilvish est bien construit : c’est un héros mais pas un saint, en témoigne son alliance avec un Ténèbres dont on devine la nature démoniaque. Le duo Dilvish/Ténèbres fonctionne très bien, en osmose parfaite. Zelazny a de l’humour et le répercute dans les dialogues du duo mais aussi dans certaines scènes cocasses dont vous pouvez lire un extrait plus bas.

C’est une bonne initiative que d’avoir regroupé ces textes. Petite question y-a-t-il d’autres textes sur l’univers de Dilvish ?
Un livre à conseiller.

Un extrait
« Halte-là, voyageur ! La bourse ou la vie ! »
Ledit voyageur jeta un coup d’œil rapide des deux côtés de la piste. Le bandit semblait bien être seul.
« Tu rêves, faquin ! » lança Dilvish en dégainant.
Au lieu de ralentir, sa grande monture noire fonça droit sur le brigand, lequel s’écarta de son chemin en voyant le flanc poli de la bête, mais chercha tout de même à frapper le cavalier au passage.
Celui-ci para, sans toutefois riposter.
« Un amateur. Ne t’arrête pas, dit-il à Ténèbres. Laissons-le gaspiller son sang avec quleuq’un d’autre. »
Comme ils s’éloignaient, l’homme jeta son épée par terre.
« Noms des Dieux ! Vous auriez au moins pu me frapper !
– Attends, Ténèbres », reprit Dilvish. Sa monture s’arrêta. Il se retourna. « Je vous demande pardon, lança-t-il à l’inconnu, mais vous venez d’éveiller ma curiosité. Vous aviez envie que je vous frappe ?
– N’importe quel voyageur digne de ce nom m’aurait abattu ! »
Dilvish secoua la tête.
« Il me semble que vous manquez d’instruction en ce qui concerne les principes du vol à main armée. Le but de la chose est de vous enrichir aux dépens d’autrui sans avoir à en souffrir dans votre chair. Si le sang doit couler, c’est en principe celui de vos victimes. »

Merci à Nick pour l’envoi (signé l’escargot qui a résolu plus vite le casse-tête qu’il n’a lu le livre)

Avis de Monsieur Lhisbei


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

6 commentaires sur “Dilvish le damné – Roger Zelazny

  • Cachou

    C’est vrai que le début du roman m’a paru long, je ne sais plus si c’est à cause des descriptions. J’ai été très emballée par ce livre en tout cas. Est-ce que Madame va le lire finalement?

  • M.Lhisbei

    @ Cachou, oui c’est long, mais pas seulement le début, le roman est à mon gout trop descriptif au détriment de l’action.[Papy]

  • NicK

    « Mais j‘avais oublié comme il pouvait parfois être lourd dans ses descriptions. »
    Pas ressenti cela. « Le roman, court, 239 pages. »
    Court ? C’est la longueur standard d’il y a quelques années… Moi, je n’aime pas les pavés de maintenant de 500/600 pages, où l’auteur délaye fortement pour être payé plus sans en dire plus.
    « (moi qui suit déjà lent…).  »
    ça dépend pour quoi apparemment. [Cheese]
    Content que cela t’ai plu mon cher. []

  • Lhisbei

    @ Cachou : non je n’ai pas l’intention de le lire [Non]. celui que je lirai peut être c’est Destination Ténèbres quand M. Lhisbei l’aura fini (ce qui me laisse de la marge…)