Le Manuscrit de Grenade – Marianne Leconte 6


Le Manuscrit de Grenade

De Marianne Leconte

Pygmalion Fantasy – 288 pages

1491 en Andalousie. Isabeau est une jeune orpheline. Le choc de la mort de ses parents bloque sa puberté. Son air androgyne et ses manières peu communes en font un garçon manqué. Lorsque sa protectrice décède elle aussi, la voila promise à un couvent et à une vie de recluse. Elle ne l’entend pas ainsi et prend la fuite, déguisée en garçon. Myrin, juive et rousse de surcroît, fuit la Sainte Inquisition qui la verrait bien brûler sur un bûcher, comme sa « sorcière » de mère. Dépositaire d’une étrange prophétie elle doit se rendre à Grenade, cité maure qui ne tardera pas à tomber aux mains des catholiques. Jasmine est promise à la mort, comme ses soeurs, pour avoir trahi son père. Son Don lui permettra d’échapper à son bourreau. Toutes trois vont se croiser et leur destins se sceller.

Aïe. Aïe. Aïe. Si je dois résumer mon ressenti, après lecture de ce livre, en un mot, ce sera : couac. Pourtant la rencontre s’annonçait belle. Trois destins de jeunes filles qui s’émancipent dans un monde médiéval dur, avec un recours à l’uchronie et une quête porteuse d’espoir pour un monde meilleur, voila des ingrédients propres à m’amener au septième ciel. Mais, très vite, ma lecture s’est révélée laborieuse. J’ai trouvé que l’auteur s’accordait trop de facilités : des personnages un poil archétypaux, la magie qui tombe toujours au bon moment (deus ex…), des coïncidences un peu trop à-propos, et des scènes qui ne fonctionnent parfois pas du tout (la scène du bivouac p58-59 en est un bon exemple). Certains dialogues manquent cruellement de naturel. Ces défaut m’ont agacée au point de me faire oublier les bons côtés du roman : les nombreux rebondissements, la trame historique, l’inventivité de l’auteur sur les dons magiques accordés aux personnages, l’impression d’être plongée dans cette Espagne médiévale très réaliste. Même s’il ne manque pas grand chose, quelques finitions paraissent nécessaires car le roman ne donne pas l’impression d’être totalement abouti. La structure du récit est plutôt bien charpentée. L’histoire est accrocheuse et la documentation apporte un solide ancrage historique. Mais sur la façon d’amener certains passages, ça manque de finesse et on voit les ficelles. Les personnages, même s’ils sont attachants, ne sont parfois que des marionnettes aux fils bien trop visibles. Couac, donc.


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