Imaginales : Même pas froid !

Ceci est un billet de Monsieur Lhisbei

Ça y est, demain nous serons aux Imaginales, mais une question me taraude depuis toujours,  elle trotte dans ma tête. Pourquoi organiser les Imaginales à la Toussaint et pas, par exemple en mai ?

« En mai fait ce qu’il te plaît » dit le proverbe.

Nous aurions de belles journées ensoleillées. Imaginez une journée aux Imaginales au mois de mai…

Je me lève, à peine dérangé par le chant des oiseaux, un sourire sur les lèvres. Jeune pacsé, j’embrasse ma compagne.
Après une douche rapide mais efficace, nous nous dirigeons vers la place des Vosges. Le soleil nous accompagne. En ce début de journée ses rayons nous réchauffent, nous réveillent, nous caressent de leur douce chaleur matinale.
Nous visons une table en terrasse, mi-ombragée et mi-ensoleillée. Nous ne sommes pas seuls… Il en reste une, vite, la terrasse se remplit rapidement.
Nous commandons notre petit déjeuner, deux grands cafés sans sucre pour moi (oui, je suis au régime), des croissants, un peu de pain, du beurre demi-sel et une bonne confiture d’abricots.

Il est 10h, l’heure de se rendre sur le site des Imaginales. Le premier café littéraire, « Franchir la limite ? Quand le roman va (presque) trop loin » nous attend. Direction le Magic Mirror 1, sous ce soleil estival, la température y sera encore clémente, la lumière magnifique et magique, belles seront les photos.

Nous enchaînons les conférences, nous sommes insatiables. Ne pas oublier la bulle des livres ! Ne pas oublier la bulle des livres ! Rencontre avec les auteurs, je dois chasser ma timidité, oser faire le premier pas :
—  Bonjour !
—  Bonjour.
—  Je suis votre plus grand fan…

Les dédicaces et les achats se succèdent, le sac devient lourd.
Retournons-nous à l’hôtel pour déposer les livres qui pèsent de plus en plus et nous encombrent ?
Ou  restons-nous dans ce lieu magique et féerique ? Nous n’avons pas envie de perdre un seul instant de ces Imaginales. Mais mes épaules et mon dos me rappellent à la raison.

Direction l’hôtel, petite balade le long de la Moselle. Nous admirons les poissons dans cette eau translucide. Au niveau du barrage, un oiseau se pose majestueusement, il a faim, nous aussi. Il pêche, nous faisons une pose au restaurant en terrasse naturellement. Nous profitons de ce printemps ensoleillé, pour faire le plein de vitamine D et … de bière.

Je règle l’addition et nous nous dirigeons vers l’hôtel. Nous y déposons nos livres et relisons les dédicaces avec gourmandise.

C’est reparti pour un après-midi de rencontres, de discussions et d‘échanges avec les amis, les auteurs et parfois des inconnus qui partagent les mêmes passions pour les littératures de l’Imaginaire.

Avec quelques amis blogueurs nous nous donnons rendez-vous, vers 19h, toujours sur la place des Vosges, pour un dîner animé. C’est agréable de rencontrer de temps en temps des personnes qui partagent les mêmes lubies que vous et de discuter attablés en terrasse dans la douce chaleur d’une fin de journée printanière.

Demain, déjeuner avec Ayerdhal. Je ne sais pas ce que je vais lui dire, si ce n’est « quand allez-vous de nouveau m’emmener vers les étoiles, vers la naissance d’une super Novae ? »

Tout ceci n’est qu’un rêve. A la Toussaint qu’ils l’organisent leur festival ! Sous la neige, parfois la pluie. Je ne sais jamais comment m’habiller pour y aller.
La valise est lourde et encombrante. Les vêtements d’hiver prennent de la place. Il n’en reste pas beaucoup pour les livres. Cette année nous avons prévu un autre sac. Heureusement le coffre de la voiture est grand.

Nous nous réveillons, une douche rapide, la chambre est fraîche :
—  Allez sort du lit, je mets le chauffage.
—  Nan ! Fait trop froid.
— Bon je prends ma douche et après… à ton tour, je n’ai pas envie d’être en retard.

Il faut s’habiller, un petit coup d’œil sur les prévisions météo : temps sec et gris le matin -5°,  temps clair et dégagé l’après midi -1°.
Bon… un tee-shirt sous une chemise sous une veste en « polaire » et la grosse doudoune en plumes de je ne sais pas quoi (et je m’en fous d’ailleurs) et ça devrait aller.
Au moment de lacer mes grosses chaussures (tout est gros en hiver, même moi), je casse un lacet. Merde. Maintenant, faut enlever la chaussure, l’autre qui est déjà lacée, la grosse doudoune, le polaire et chercher un lacet. Évidemment je me rends compte que je les ai oubliés. Ma seconde grosse chaussure sera maintenue avec une moitié de lacet. Tant pis.
Rebelote pour s’habiller.
Il est 10h, première conférence ratée…

Petit déjeuner à l’hôtel, collés au radiateur, attablés en silence devant deux cafés, des croissants, du pain un peu sec – il doit dater d’hier. Le beurre est dur, comme sorti du congélo. Oubliée la confiture.

Nous sommes enfin en route direction les Imaginales. Le vent glacé nous cueille à la sortie de l’hôtel, il semble vouloir nous dire « restez au chaud à l’intérieur, ici, c’est mon domaine et je ne tolère que peu de monde ».

Effectivement nous croisons peu de gens dans les rues d’Epinal sous la neige. La Moselle est prise par les glaces. Depuis peu avec le dérèglement climatique, les hivers deviennent de plus en plus longs, de plus en plus froids. Le Gulf Stream ralentit, il ne protège plus l’Europe comme avant.

Les oiseaux se font rares à la cime des arbres nus.

Le paysage a quand même un certain charme. Le doux bruissement de nos pas sur la neige, le vent sifflant sa mélodie dans ma capuche. Les oreilles bleues, j’ai froid. J’ai oublié mes gants et mon bonnet. Fait chier.

Arrivé à 11h au Magic Mirror 2 pour le café littéraire « Des mondes inquiétants : le grand retour des dystopies… », les places sont chères, surtout celles à cotés du Kachelofen. Je lui ai toujours trouvé un charme désuet à ce poêle alsacien en faïence coloré. Il est très efficace.

Maintenant il faut atteindre l’appareil photo. D’abord enlever le sac à dos, j’ai besoin d’aide, t’es où ?
Retirer la grosse doudoune –  il fait chaud – ouvrir la veste en polaire.
Je dérange, quelques regards réprobateurs se tournent vers nous.
Désolé, je veux juste faire quelques photos en souvenir… J’ai déjà oublié le thème de la cette rencontre.
—  Dis c’est qui là à droite de Pierre Bordage ?
—  Je ne sais pas. Chut et écoute.
J’arpente le Magic Mirror pour photographier tous les protagonistes. Je cherche le meilleur angle, le meilleur cadrage, le temps est gris et la lumière n’est pas bonne, je dois mettre le flash.
Discret, il faut rester discret… Désolé pour cet éclair qui agresse vos yeux.

Il est midi. Déjeuner rapide au bar de la bulle des livres. Un sandwich et une bière. Rapide c’est vite dit, le bar est bondé de monde. Plus de places assises, nous mangeons debout.
La journée ne s’annonce pas bien. J’ai les pieds mouillés et, oui, la neige c’est beau mais ça fond. Et avec une chaussure à moitié lacée…

Enfin un peu de détente. Un tour dans la bulle des livres, rencontre avec les auteurs, je dois chasser ma timidité, oser faire le premier pas :
—  Bonjour !
—  Bonjour.
—  Je suis votre plus grand fan…

Les dédicaces et les achats se succèdent, le sac devient lourd.
Retournons-nous à l’hôtel pour déposer les livres qui pèsent de plus en plus et nous encombrent ?
Nous mettons le nez dehors et le vent se rappelle à notre bon souvenir.
Bon c’est décidé, les épaules et le dos attendrons, nous restons.

Quelques photos extérieures en cette fin d’après midi. Le soleil montre le bout de son nez et réchauffe le mien, la lumière est enfin bonne. Les reflets du soleil sur la Moselle gelée sont magnifiques et me transportent dans un autre monde.

Nous rencontrons enfin des amis blogueurs. L’organisation d’un dîner se fait rapidement. 19h place de Vosges, pour un dîner animé. C’est agréable de rencontrer de temps en temps des personnes qui partagent les mêmes lubies que vous et de discuter attablés, enfin au chaud, devant une bonne tartiflette.

Demain, déjeuner avec Ayerdhal tout juste de retour du Mambési. J’espère qu’il n’aura pas pris froid lors de sa descente de l’avion.

Je suis aux Imaginales et malgré le froid la grisaille, ce lieu est magnifique et merveilleux.
Mais enfin, les Gentils Organisateurs du festival, réfléchissez ! Le mois de mai, les fleurs, les petit oiseaux, le soleil, la douceur du printemps, il aurait une autre allure votre festival !

La photo qui illustre cet article a été prise lors des Imaginales 2009 par C.Schlonsok
(tous droits réservés à l’auteur)

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