Sale gosse – Stephen King 4


Sale gosse

De Stephen King

Albin Michel – epub 76 pages sur ma liseuse

« Chacun des résidents du Manoir – actuellement au nombre de sept – avait droit à deux heures de Basse-Cour par jour. Certains marchaient. D’autres couraient. La plupart restaient simplement assis, adossés au grillage, à fixer le ciel ou à observer le petit versant herbeux qui brisait la monotonie du paysage à quatre cents mètres en direction de l’est. Des fois, il y avait quelque chose à regarder. Le plus souvent il n’y avait rien. La plupart du temps il y avait le vent. Pendant trois mois de l’année, la Basse-Cour était étouffante. Le reste du temps, il y faisait froid. Et l’hiver, elle était glaciale. Généralement, les détenus demandaient à sortir quand même. Après tout, il y avait le ciel à contempler. Les oiseaux. Parfois des chevreuils pâturant le long de la crête du petit versant herbeux. »

Dans le manoir, les condamnés à mort attendent l’exécution de leur peine. George Hallas, l’un d’entre eux, se livre à une bien étrange confession auprès de son avocat commis d’office, Leonard Bradley. Alors qu’il a toujours tu ce qui l’avait poussé à abattre en pleine rue un gamin de huit ans, quelques jours avant la date de sa mort, il raconte son histoire. Toute son histoire. Rien que son histoire. Je ne vais pas en dire plus sous peine de déflorer la nouvelle de Stephen King. La nouvelle fait 51 pages ce qui représente en longue nouvelle mais pour un auteur qui fait long même pour ses nouvelles, c’est plutôt court. Court mais intense. Court et glaçant. Stephen King a du métier et je me suis retrouvée happée par le texte. Mais malgré les thématiques récurrentes (univers carcéral, folie, possession ou malédiction…), la montée en tension et le talent de conteur du King, je n’ai pas éprouvé tout à fait les mêmes émotions que celles qui avaient accompagné ma lecture de Différentes saisons, le recueil qui me sert d’étalon de mesure pour les nouvelles de l’auteur.

La nouvelle fait donc 51 pages sur les 76 que comportent le fichier. L’éditeur nous offre un extrait d’une dizaine de pages de Joyland, roman de Stephen King à paraître le 2 mai 2014 (un polar avec un parc d’attraction pour cadre de l’enquête), une bibliographie numérique partielle et une table des matières.Il faut aussi signaler que cette nouvelle noumérique est un cadeau de Stephen King à ses fans français et allemands pour les remercier de l’accueil qui lui ont réservé en novembre 2013 lors de sa tournée de promotion de Dr Sleep. Des cadeaux comme celui-là, M. King, n’hésitez pas à en faire aussi souvent que l’nevie vous en prend.

Du côté des points négatifs : un fichier verrouillé par des DRM (même si Google m’indique que des versions « nettoyées » sont disponibles, ah ! ces vils pirates) et prix exorbitant pour une nouvelle d’une cinquantaine de page complétée par un extrait du prochain roman de King : 3,99€. Un achat à réserver aux fans donc.

Une citation pour terminer
« Je me fichais aussi qu’elle soit simple d’esprit. Avec le temps, peut-être que ça m’aurait ennuyé, mais je n’avais que neuf ans quand elle est morte, un âge où les gosses acceptent encore les choses telles qu’elles sont. Je trouve que c’est un don du ciel. Si tout le monde était simple d’esprit, pensez-vous qu’on aurait encore des guerres ? Moi pas. »


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4 commentaires sur “Sale gosse – Stephen King