Ciné express (8) 8


Voici une nouvelle édition d’un Ciné express, la huitième. Comme j’ai un peu tardé à parler des films vus récemment, la liste des titres à chroniquer s’est allongée (à tel point qu’un autre ciné express est dans les tuyaux). Au programme du jour : À la poursuite de demain (vu au ciné), Mad Max: Fury Road (ciné), Terminator Genisys (ciné) et Les nouveaux héros (DVD).

a la poursuite de demainÀ la poursuite de demain réalisé par Brad Bird avec George Clooney, Hugh Laurie, Britt Robertson, Raffey Cassidy. Synopsis ici. Un film de SF optimiste, ça change, non ? Oui. Mais non. Les bons sentiments du film reposent sur un postulat solide : on a laissé croire à la génération d’après guerre (la seconde guerre mondiale) que le progrès scientifique et technique lui offrirait un monde meilleur. Qu’on essaimerait dans l’univers. Que l’innovation apporterait le bonheur (et les voitures volantes). Et cette génération là, incarnée par Georges Clooney, s’est faite flouer (je le sais, j’ai un modèle de cette génération-là sous le nez tous les jours). Elle n’a pas eu ce qu’on lui avait promis. Un bon point. La nostalgie, c’est bien joli, mais c’est aussi très pratique pour oublier que, si un homme a marché sur la Lune, c’est parce que deux puissances ennemies voulaient assoir leur domination sur Terre et, pourquoi pas, l’étendre à d’autres planètes. Et de passer sous silence que « l’atome » avait sa face cachée (les bombardements Hiroshima et Nagasaki) et que la course à la bombe était lancée (et qu’elle perdure de nos jours, par exemple en Iran). J’aime bien l’idée de porter des petites lunette roses pour voir le passé et l’avenir et d’investir les générations futures de ce nouvel espoir que le monde pourrait être meilleur si on le rêvait meilleur, mais je suis une optimiste devenue réaliste, comme dirait ce bon vieux Wilde. Je n’y crois pas une seconde. La magie Disney n’a pas opéré. D’autant plus que le message est martelé en permanence avec un total manque de finesse et sous un déguisement de film d’action gentillet et bourré de défauts (manque de rythme, méchants stupides, courses poursuites sans adrénaline et auxquelles on peine à croire – et dont on sait qu’elles finiront en attraction dans un parc Disney).  À la poursuite de demain est un film optimiste, à message, avec une happy end et porteur d’espoir, certes. C’est juste un peu trop tard pour moi. Les clins d’oeil geek/SF ou la présence de Hugh – Dr. House – Laurie ne sauvent pas ce film aseptisé et insipide. Lire l’avis de Lorhkan et Anudar.

mad max fury roadMad Max Fury Road réalisé par George Miller avec Tom Hardy et Charlize Theron. Synopsis ici. Ouch, un film qui déménage. Avant d’aller le voir nous avons revu les trois premiers films de George Miller (je ne sais plus quelle chaîne avait eu la bonne idée de repasser les 3 Mad Max la veille de la sortie en salle de Fury Road mais qu’elle en soit remerciée). Moralité : le 1, pré-apocalyptique fauché halluciné, brut de décoffrage m’a laissée de marbre (bon d’accord, ce n’est pas tout à fait vrai, j’ai ressenti du dégoût face aux scènes violentes, peut-être parce que, sans fard, elles sont trop réalistes, trop crues) ; Dans le deuxième, Le Défi, c’est l’enfer sur terre et c’est l’éclate totale (même s’il est aussi violent – le coup de la chaîne et de la scie, je ne m’en remettrai jamais) et le 3, Au-delà du dôme du tonnerre, c’est du grand n’importe quoi (malgré le budget et Tina Turner, qui s’en sort plus qu’honorablement dans ce film et pond une BO d’enfer). Je rapproche Fury Road du Défi. Côté scénario, ça reste faible : un aller – une virée dans le désert à la poursuite d’un coin de paradis qui n’existe pas en échappant au grand méchant seigneur de guerre /  retour – en mettant une belle droite au seigneur de guerre au passage – et c’est fini. Entre deux, des machines improbables, des riffs de guitare qui électrisent le spectateur, des poursuites inimaginables, une lumière et une utilisation des décors naturels superbes impressionnantes, des détails qui tuent (les vêtements, le maquillage, le décorum des véhicules, tout est pensé avec minutie). Des acteurs qui crèvent l’écran, Charlize Theron et Nicholas Hoult, relèguent le mutique Tom Hardy presque au second plan et ce n’est pas plus mal, parce qu’il n’a pas le charisme de Mel Gibson et manque vraiment de « Mad » (Mel Gibson paraissait vraiment cinglé dans les 3 précédents ; en comparaison, Tom Hardy a presque l’air normal). Mr Miller, vous avez fichtrement bien dépensé votre budget.  Lire les avis de Xapur, Tigger Lilly, Lorhkan, A.C. de Haenne.

Terminator genisysTerminator Genisys réalisé par Alan Taylor avec Arnold Schwarzenegger, Jason Clarke, Emilia – Mother of Dragons – Clarke, et Matt – Dr. Who – Smith. Synopsis . Je ne suis pas une grande fan de la série des Terminator. J’ai vu le 1 et le 2, celui-ci est le 4eme ou le 5eme (j’ai la flemme de vérifier). J’y allais un peu en traînant les pieds et j’en suis sortie agréablement surprise. Le scénario multiplie les voyages dans le temps (toujours pour protéger Sarah Connor et mettre Skynet hors jeu) sans perdre le spectateur en route et sans incohérences (et ça c’est bien). Chaque saut dans le passé donne naissance à un univers parallèle ce qui permet de contourner l’écueil du paradoxe temporel. Pour le reste, c’est du travail bien fait : action bien dosée, une touche d’humour (le nouveau leitmotiv de papy Schwarzie, « vieux, mais pas obsolète » fonctionne très bien) et de sentiments pour humaniser le tout. Skynet dans le genre Big Brother apocalyptique se pose là (et, pour une fois, c’est un méchant avare de mots – pas de long passage où le méchant perd parce qu’il papote au lieu de zigouiller le héros). Bref, Terminator Genisys n’est pas un chef d’oeuvre, mais se laisse regarder sans honte.

les nouveaux éhrosLes Nouveaux Héros réalisé par Don Hall et Chris Williams (II). J’ai fondu devant ce film. L’enfant qui sommeille en moi a fondu devant ce film. La vielle peau que je suis a fondu devant ce film. Celui qui m’a fait fondre, c’est Baymax, le robot soigneur tout doux, cousin de Bibendum, tendre, maladroit et absolument pacifique. Le synopsis ne brille pas par son originalité : Hiro Hamada est un petit génie qui trompe son ennui en participant à des combats de robots clandestins, ce qui lui vaut nombre d’ennuis. Son frère, Tadashi, autre génie de l’informatique qui a créé Baymax, un robot infirmier, lui sauve régulièrement la mise. A la mort tragique de Tadashi, Hiro déprime. Sa tante (parce que, oui, ses parents aussi sont morts) ne parvient pas à s’intéresser à la vie jusqu’à ce qu’un événement lui fasse découvrir un complot qui menace la ville de San Fransokyo. Il décide de transformer Baymax en Iron Man. lui et ses amis vont jouer aux Avengers. Visuellement c’est très réussi. La ville de San Fransokyo, hybride entre San Francisco et Tokyo est fascinante, de ses ponts suspendus, immeubles gigantesques jusqu’à ses petites ruelles sombres et louches. Le film est fidèle au canon des films de super-héros Marvel : traumatismes et deuil, voyage initiatique, naissance de l’équipe, personnage du méchant torturé, rythme endiablé, alternance de scènes d’action et de séquences émotion etc. L’humour est présent, mais manque de second degré.  C’est du Disney, mais du Disney réussi. Lire les avis de Lorhkan et Alias.

challenge dystopieChallenge Dystopie de Val
(pour Terminator Genisys)


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