Nanar Wars – Emmanuel Vincenot & Emmanuel Prelle 2


Nanar Wars

D’Emmanuel Vincenot & Emmanuel Prelle

Wombat – 154 pages

Nanar Wars est une anthologie de cinéma de contrefaçon et recense donc un bon nombre de nanars plagiant allègrement les films emblématiques d’Hollywood. Ces remakes illégaux portent le joli nom de ripoff et se trouvent assez facilement sur Youtube ou Dailymotion. J’ai poussé le vice jusqu’à tester, et ce que j’ai vu relève de la plus pure atrocité, rien de moins. S’ils s’inspirent plus qu’ouvertement des films déjà existant, ils font tous preuve d’inventivité à leur manière que ce soit sur l’adaptation à la culture du pays ou l’absence de moyens financiers pour la transposition de films à gros budgets…

Le livre est structuré en trois parties. La première partie présente les imitations de films hollywoodiens mettant en scène des personnages classiques populaires dans les années 1930 et 1940. . On y trouve trois remake avec Tarzan (un turc, un indien et un bangladais ), deux autour de Zorro (turc et indien à nouveau), et deux aussi sur King Kong (indien et bangladais).
La deuxième partie est évoque les contrefaçons de films de super-héros et super-héroïnes célèbres des années 1960 et 1970. Superman tient le haut du pavé avec cinq films : deux turcs (dont un axé intitulé Süper Selami, oui, oui « Super Salami », mais on est loin de la charcuterie), un indien, un bangladais, mais aussi un espagnol (ambiance disco pour celui-ci). Batman suit de loin avec une contrefaçon philippine et une autre turque. Spiderman et Captain América se partage l’affiche d’un ripoff turc. Batwoman a sa copie mexicaine. L’affiche de cette dernière est reprise en illustration de couverture du présent livre.

La troisième partie, aussi importante à elle seule que les deux premières réunies, se consacre à la reprise des blockbusters hollywoodiens des années 70 à nos jours. Jaws (Les Dents de la mer) a droit a une version brésilienne (dont le titre Bacalhau se traduit par « morue »), mexicaine et indienne. Star Wars a inspiré les réalisateurs brésiliens, turcs et indiens. Indiana Jones jouit d’un remake polonais et d’un mexicain. E.T. a droit à trois nanars respectivement turc, espagnol (rien que l’affiche vaut son pesant d’or) et argentin. Rocky a sa copie turque (le ripoff a l’air d’être monnaie courante en Turquie). Rambo s’est fait copier sur plusieur scontinents : en Turquie, en Indonésie et en Argentine (un film de bidasse proche des Charlot, tout un programme en somme). Le remake américano-hongkongais de Robocop s’éloigne beaucoup de l’original : on y croise des vampires (chinois, on sent bien l’adhésion à la rétrocession de l’île à la Chine), des trafiquants de drogue et de jeunes femmes en détresse. Quant à celui réalisé au Bengladesh on y chante et on y dans beaucoup et il faut attendre une heure sur les 2h07 que compte le film pour voir débarquer Robocop dans une armure digne du Magicien d’Oz (avec Judy Garland). On évoque aussi Jurassic Park italien avec des poules géantes et un Harry Potter mexicain salace dont la recension est censurée (Jarry Putter). Pour terminer les auteurs nous proposent une foire aux questions et une petite bibliographie nanarophile.

El E.T.E y el oto (E.T. espagnol)

En définitive, Nanar Wars est un guide de voyage en territoire nanar très instructif que l’on soit cinéphile ou non (ça me rappelle les premiers SF Mag et leur rubrique « sexe, pizza et vidéo »). Le ton se veut humoristique (il n’est jamais insultant) et les recensions attisent la curiosité. Objectif atteint.

  • Pour aller plus loin : Nanars Wars l’Expo du 26 octobre au 25 novembre 2017 à la French Paper Gallery, (Paris) : exposition d’affiches originales et documents rares.
  • D’Emmanuel Prelle et Emmanuel Vincenot sur le RSF Blog : Le Grand Livre du Futur

 


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2 commentaires sur “Nanar Wars – Emmanuel Vincenot & Emmanuel Prelle