Les Immortels de Meluha, La trilogie de Shiva T1 – Amish Tripathi

Les Immortels de Meluha
La trilogie de Shiva T1

D’Amish Tripathi

Fleuve collection Outre Fleuve – 448 pages – Traduction de Thierry Arson

L’histoire des Immortels de Meluha tient presque du conte de fées, version Bollywood. Premier roman d’Amish Tripathi, il s’est imposé comme best-seller, a été traduit dans 18 langues et doit faire l’objet d’une adaptation au cinéma. Accessoirement c’est le premier texte de l’auteur à être publié dans nos contrées.

Les Immortels de Meluha réinvente la vie et les aventures de Shiva, la divinité hindoue dans une incarnation humaine. Shiva est un jeune guerrier Guna, empli de remords pour une faute commise dans le passé. Sa tribu tente de vivre le plus paisiblement au bord du Lac Sacré, mais c’est une guerre permanente avec les autres peuples pour l’accès à ce lac. Guerrier courageux bien qu’impulsif, bon stratège,  Shiva est un chef respecté. L’empire de Meluha, menacé par ses voisins, propose à la tribu de Shiva de le rejoindre. En échange de son allégeance, elle pourra bénéficier de ses largesses. Les lois édictées par feu le Seigneur Ram permettent aux Méluhans de vivre dans une société presque parfaite : la médecine y est d’un excellent niveau portant l’espérance de vie à 120 ans en moyenne, personne n’y meurt de faim ou de froid.

Tous étaient conscients de leurs devoirs, parfois à la limite de l’obsession, et cette vérité simple frappa Shiva : si chacun avait conscience de ses devoirs, personnes n’aurait à combattre pour ses droits individuels. Puisque les droits de chacun seraient automatiquement pris en compte à travers les devoirs de quelqu’un d’autre. Le Seigneur Ram était un génie !

Tous les nouveaux arrivants bénéficient de soins pendant une quarantaine. Après avoir bu le Somras, une potion médicinale, Shiva voit sa gorge devenir bleue, signe pour les Meluhans qu’il est le Neelkanth, le Destructeur du Mal et leur sauveur. L’empire fait face à une crise politique héritée de conflits anciens. Les Chandravanshis ont fait sécession, rompant avec les enseignements du Seigneur Ram. L’empereur Daksha pense qu’ils assèchent le fleuve Saraswati, dont l’eau extrêmement pure sert à fabriquer le Somras et qu’ils se sont alliés aux Nagas, un peuple frappé de malédiction. Les attentats terroristes dévastatrices perpétrés par les Nagas se multiplient à l’intérieur de l’empire. En découvrant Meluha, Shiva s’aperçoit peu à peu que la perfection n’est pas de ce monde.

Pour corser un peu le destin de Shiva, ajoutons une histoire d’amour impossible. Shiva s’éprend de Sati, la fille de l’empereur Daksha. Belle et farouche, indépendante (dans la limite de sa condition de princesse), capable de manier l’épée, elle subjugue Shiva au point de le laisser sans mots, sans voix et complètement idiot à chaque fois qu’il lève les yeux sur elle. Problème, Sati est Vikarma, intouchable depuis qu’elle a perdu l’enfant qu’elle portait. Shiva ne peut donc l’épouser sans enfreindre les lois.

De la science, du scepticisme et du sauveur de l’humanité

Roman d’apprentissage, roman d’amour (à l’eau de rose parfum Bollywood) et roman de fantasy, Les Immortels de Meluha se termine sur un cliffhanger abrupt, mais pas inattendu. Il met en scène un univers fascinant, celui de l’Inde des mythes et des légendes. Pourtant, le roman souffre d’un défaut majeur : il va tout à fait à l’encontre du « Show, don’t tell ». Les personnages passent beaucoup de temps à nous expliquer le fonctionnement du monde et à nous le faire visiter. Ce n’est pas au détriment de l’action, puisque échauffourées et batailles jalonnent le récit, mais c’est au détriment des personnages qui manquent de profondeur.  L’empire de Meluha semble être une utopie qui a fonctionné, mais en grattant un peu, et en découvrant d’autres points de vue, Shiva se rend compte que ce n’est pas le cas. Il lui faut cependant les trois-quarts du roman pour commencer à perdre sa candeur et sa naïveté.

Clichés…

En conclusion, Les Immortels de Meluha, premier volet d’une trilogie de fantasy autour d’une divinité fascinante, propose un univers captivant qui ne parvient cependant pas à éclipser son défaut de narration.

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