Contes Hybrides – Lionel Davoust

Contes Hybrides

De Lionel Davoust

Éditions 1115 – 144 pages

Contes Hybrides est un petit – par le format (habituel) de la maison d’édition 11×15 [11 15 => éditions 1115] – recueil de trois nouvelles de Lionel Davoust sous une couverture qui claque. Il s’agit d’une réédition de textes parus dans des anthologies publiées entre 2010 et 2015.

Du sel sur les plaies

Premier texte de ce recueil, « Le sang du large », paru dans l’anthologie Contes de villes et de fusées (Ad Astra, 2010) puis en numérique dans Une goutte de chaos dans l’amer (ActuSF, 2015) nous emmène sur une petite île battue par les vents où réside Paul Whittemore, auteur de fantasy à succès mais en panne d’inspiration. Il a fait le vide dans sa vie et acheté, avec ses mirifiques droits d’auteurs, ce bout de terre où il dépérit, s’enfonçant dans une dépression et l’incapacité d’écrire. Ce texte est magnifique, avec un portrait psychologique d’un homme en perdition, d’un écrivain qui perd pied et la nécessité de croire en la beauté du monde.

J’écris parce que croire et émerveiller, c’est le dernier fragment de magie et de beauté qui reste en ce monde.

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« Point de sauvegarde » est paru en 2011 dans La Guerre, anthologie d’une belligérance (Hydromel). Nous sommes en 2050 et les soldats n’ont plus qu’un cerveau humain que l’on télécharge à loisirs dans des corps cybernétiques puissants. Pratique quand on meurt dans une bataille. Les soldats se considèrent comme immortels. Et les opérations qui foirent peuvent être retentées autant de fois que nécessaire jusqu’à la victoire. Bennett, Martinez et Rivera, trois cybersoldats sont envoyés dans une vieille mission en Amazonie où se serait réfugiée l’Armée des Sans-Terre pour neutraliser un brouilleur. Une fois sur place pas d’armée mais des questions… Changement d’ambiance et de ton avec cette nouvelle de SF militaire avec des questionnements très humains sous-jacents

Ceci n’est pas un poney

« Bienvenue à Magicland » se trouvait dans Trolls et Licornes, l’anthologie des Imaginales 2015 (Mnémos). La nouvelle met en scène Garam, un troll employé comme homme à tout faire dans un parc animalier féerique dans lequel on trouve quetzalcoatls, phénix ou griffons. Il rêve de devenir soigneur et plus particulièrement soigneur affecté aux licornes. Pour cela il lui faut apprendre à canaliser sa colère et à supporter toutes les questions idiotes posées par le public. Un public tellement béat d’admiration devant les gracieuses licornes qu’il en oublie qu’elles sont carnivores et bien plus dangereuses que n’importe quel félin. Il suit donc une psychothérapie. La narration alterne les scènes à Magicland et celles sur le divan du psy. La nouvelle ne manque ni d’humour, ni de profondeur, ni d’exploration de la nature humaine… non trollesque. Les clichés sur les licornes passent à la moulinette.

Trois textes aux tons et à l’écriture différents, fantasy ou SF, qui permettent de découvrir ou de redécouvrir la plume ciselée de Lionel Davoust en dehors de l’univers d’Évanégyre.

#DéfiCortex #4 : Bretagne
Le #ProjetMaki

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4 réponses

  1. Alys dit :

    Chouette! Je l’achèterai, je veux le lire. À Sèvres 2021, si ça se trouve.

    • Lhisbei dit :

      Bonne lecture ! Pour Sèvres, on ne va pas parier un resto japonais hein (d’ailleurs il aura peut-être fermé d’ici là 🙁 )

  1. 03/01/2021

    […] blog, j’ai rattrapé le billet dédié à la lecture des Contes Hybrides de Lionel Davoust et rapatrié la chronique de La Fureur de la terre, Les Dieux sauvage T3 de […]

  2. 16/01/2021

    […] Contes Hybrides de Lionel Davoust […]

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