Highlander – Russell Mulcahy

Highlander

De Russell Mulcahy

Avec Christophe Lambert, Sean Connery, Roxanne Hart, Clancy Brown, Beatie Edney, Alan North, Jon Polito, Sheila Gish…

Cet hiver Lune organise la saison 3 de son Challenge Madeleine de Proust (Saison 3). Ce défi consiste à lire, relire, voir, revoir, jouer, rejouer, écouter, réécouter des livres, films, séries, jeux et musiques qui rappellent l’enfance (ou cuisiner les bons petits plats de grand-mère, ça marche aussi, mais pas avec moi) entre le 1er décembre 2020 et le 31 janvier 2021.  Pour la première édition, je vous avais parlé de la série Ulysse 31 de Jean Chalopin et Nina Wolmar et pour la deuxième de l’Inspecteur Gadget de Bruno Bianchi, Andy Heyward et Jean Chalopin. Pour cette troisième édition, nous allons grandir un peu avec Highlander, sorti en sur les écrans en 1986, mais vu bien plus tard. Pour le défi de Lune

Highlander

Direction les Highlands, ses montagnes majestueuses et ses paysages à couper le souffle. En 1536 deux clans écossais s’affrontent . Sur le champ de bataille personne ne veut combattre Connor MacLeod (Conrad pour la version doublée). Kurgan, redoutable guerrier monté sur un destrier noir (magnifique cheval), le veut pour lui. Kurgan sait que MacLeod est immortel et compte bien le décapiter. MacLeod, qui n’a aucunement conscience de ce qu’il est est, est sauvé par son clan. Mortellement blessé, il reçoit les derniers sacrements. Inexplicablement il survit ce qui lui vaut le bannissement de son clan. Après quelque temps d’errance, il rencontre Heather et se fixe pour couler une vie paisible avant sa rencontre avec Juan Sanchez Ramirez, un aristocrate espagnol qui l’initie aux mystères de sa vie. MacLeod est un Immortel engagé dans une lutte contre les autres pour remporter le Prix.

Ramirez : Le Kurgan est le plus fort de tous les immortels. C’est le guerrier parfait. Si c’est lui qui gagne le prix, tous les mortels souffriront une éternité de ténèbres.
Connor MacLeod : Comment peut-on combattre un tel sauvage ?
Ramirez : Avec le cœur, la foi, et le fer. À la fin, il ne peut en rester qu’un.

Direction New York, ses nuits agitées et ses néons multicolores. Dans les années 80, Russel Nash, antiquaire de son état, assiste à un combat de catch au Madison Square Garden. Il perçoit une présence et descend au sous-sol. Dans le parking sous-terrain s’engage un duel au sabre où son ennemi finira décapité… Problème : en 1986 les meurtres ne sont plus aussi bien tolérés. Et Russel Nash tente de ruser avec la police. Jusqu’à ce que Kurgan débarque…

Série B, opéra rock ou film culte ?

Un peu des trois. Russell Mulcahy a réalisé des clips baroques pour des groupes rock, pop ou new wave (Duran Duran, The Stranglers, Elton John, Ultra Vox, Bonnie Tyler…). Pour la musique du film il mélange une orchestration symphonique et des titres composés et interprétés par Queen (Princes of the Universe, Who Wants to Live Forever, A Kind of Magic, Hammer to Fall, One Year of Love, Gimme the Prize) avec une  reprise épique de New York New York. Quand on sait l’amour que Freddie Mercury porte à l’opéra et qui transparaît très souvent dans les tubes de Queen, la boucle est bouclée. Corollaire, si vous n’appréciez pas Queen, Highlander est irregardable.

La narration du film alterne principalement entre les deux époques avec quelques flashbacks sur des temps intermédiaires (un duel à l’aube dans le brouillard entre un mortel et un MacLeod aviné, une scène de bataille pendant la guerre d’indépendance américaine, une autre pendant la Seconde Guerre mondiale). Les transitions sont abruptes (normal : il n’y a pas de plans de transition) ce qui renforce encore le choc entre les ambiances des deux périodes.

L’Écosse (et le château de Eilean Donan notamment) est magnifiquement mise en valeur (visit Scotland !). Les paysages sont époustouflants (visit Scotland bis ! parce qu’en vrai une fois arrivé dans les Highlands vous n’avez plus envie de les quitter, même si vous vous mangez une averse de grêle dans une journée de septembre jusque là ensoleillée). Le travail sur les lumières des néons de New York marque l’esprit, même si ça fait très années 80.  La scène d’ouverture dans le Madison Square Garden, avec ses plongées, donne  le vertige. Le match de catch qui s’y déroule, lui, est d’une nullité crasse, digne d’une série B. Si c’est voulu par le réalisateur, c’est réussi. Les scènes de combats à l’épée sont un peu datées en terme de chorégraphie, mais elles sont filmées et montées de manière à les mettre en valeur – à la différence des films récents dans lesquels des réals sous amphètes filment les combats en tressautant et avec des mouvements de caméra tels que vous avez l’impression d’être au milieu de l’océan en pleine tempête du siècle. Les effets spéciaux de Highlander ont aussi vieilli, mais ils restent puissants et évocateurs (surtout pour les vitres qu’on explose et les étincelles). Mais le travail sur la profondeur de champ vaut le coup d’oeil.

Côté acteur, Sean Connery a toujours la classe même quand il cabotine en habit de velours rouge et cape en plume de paon (essayez de le porter pour rire un peu). Christophe Lambert alterne entre regard de chien battu et rire niais, avec quelques fulgurances de jeu intenses lors des combats. Clancy Brown n’a pas de chance : il a trop peu à défendre avec un personnage de Kurgan construit comme « méchant avide de remporter le prix pour être encore plus méchant ». Les personnages de flics sont un peu concons et les acteurs à peine convaincus. Les actrices Beatie Edney et Sheila Gish jouent justement même si leur personnage est cantonné dans un stéréotype : l’épouse aimante écossaise pour Beatie Edney et la femme indépendante amis-qui-a-besoin-d’être-sauvée-et-qui-crie-beaucoup-tant-elle-est-effrayée pour Sheila Gish.

Highlander, film baroque, lyrique et épique, garde toute mon affection. Je reste fan.

Challenge Madeleine de Proust (Saison 3)

 

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5 réponses

  1. Alys dit :

    Tu me fais réaliser que je ne garde aucun souvenir de ce film, que j’ai pourtant vu – il y a très longtemps, mais néanmoins très longtemps après sa sortie. Il faudrait que je le revoie, tout ça a l’air intéressant.

  2. Vert dit :

    Ca me donne envie de le revoir. Mais j’ai déjà convaincu Monsieur de regarder Flash Gordon pour la soirée du réveillon (je lui ai vendu la BO comme argument xD).

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