Oblivion – Joseph Kosinski 4


Oblivion

Réalisé par Joseph Kosinski

Avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Morgan Freeman, Andrea Riseborough …

Synopsis (Allociné)
2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui.
Vivant et patrouillant à très haute altitude de ce qu’il reste de la Terre, la vie « céleste » de Jack est bouleversée quand il assiste au crash d’un vaisseau spatial et décide de porter secours à la belle inconnue qu’il renferme. Ressentant pour Jack une attirance et une affinité qui défient toute logique, Julia déclenche par sa présence une suite d’événements qui pousse Jack à remettre en question tout ce qu’il croyait savoir.
Ce qu’il pensait être la réalité vole en éclats quand il est confronté à certains éléments de son passé qui avaient été effacés de sa mémoire. Se découvrant une nouvelle mission, Jack est poussé à une forme d’héroïsme dont il ne se serait jamais cru capable. Le sort de l’humanité est entre les mains d’un homme qui croyait que le seul monde qu’il a connu allait bientôt être perdu à tout jamais.

Mon avis
Ne tournons pas autour du pot : je me suis ennuyée (grave) pendant Oblivion. Je l’ai trouvé d’une lenteur étouffante pour commencer : un abus de plan- séquences peut nuire au rythme d’un film. Si j’étais méchante je dirais que le réalisateur se regarde réaliser. Je l’ai trouvé froid et artificiel jusque dans les décors : habitations de verre et acier. Mobilier blanc, épuré, tenues claires, intérieurs aseptisés. Tout ça est très beau mais très lisse, surtout dans un contexte post-apocalyptique. Même la poussière sur le bleu de travail de Jack a l’air propre. Je l’ai trouvé ethno-centré : quand Jack file réparer un drone dans les ruines d’un stade et qu’il raconte un match mythique de base-ball, ça me passe très loin au dessus (et pourtant j’adore les USA). Et, surtout, j’ai fait une overdose de Tom Cruise. Je suis une fille (ok je sais que j’ai passé l’âge de me décrire comme « une fille » mais Tom Cruise a aussi atteint la limite d’âge pour la catégorie sex-symbol donc nous sommes quittes) et j’ai fait une overdose de Tom Cruise. Normal : un plan sur deux se focalise sur lui. Tom Cruise assis sur la montage. Tom Cruise réfléchissant (vous ne pouvez pas le croire, je sais). Tom Cruise méditant sur ses doutes. Tom Cruise tombant amoureux. Tom Cruise jouant les robinsons dans une cabane planquée dans la campagne, cabane qu’il décore, nostalgique, d’objets d’avant. Tom Cruise mélancolique. Tom Cruise, donc. Mais aussi en gros plan : sa tête, ses yeux, sa bouche (son sourire et ses rides toutes choupinettes, sa fossette toute mignonne). Sans oublier ses mains, son torse (la muscu ça paie bien), son dos, ses fesses, ses mollets (il a un bon coach sportif)… je suis sûre qu’on a presque tout vu de son anatomie flatteuse (pour la scène de nu dans la piscine, il manque cependant un petit quelque chose pour pleinement satisfaire la fille que je suis…). Tom est donc omniprésent. J’ai l’air de chouiner là mais il fait bien ce pour quoi il est payé : jouer le bon gars simple mais torturé par des rêves bizarres, se faire déniaiser par un Morgan Freeman (toujours classe mais sans rôle à défendre) chef des rebelles et enfin se sacrifier pour sauver le monde et, accessoirement, sa belle. Le film pioche dans des thématiques déjà bien arpentées (et ne se prive pas d’accumuler les références et de glisser quelques clins d’oeil au passage ) : clones, invasions extra-terrestres, monde dévasté, identité et humanité etc. Le problème c’est qu’il ne sort jamais des sentiers battus sur le fond. Si j’étais méchante, je dirais que le réalisateur a bien potassé ses classiques de la SF mais qu’il ne les a pas encore totalement digéré et, surtout, qu’il peine à trouver une voie, un angle de vue qui lui soit personnel dans le traitement de son sujet. La fin (bien que dégoulinante de bons sentiments comme dans tout bon film américain digne de ce nom) rattrape un peu le film mais encore faut-il tenir jusque là. Ces deux heures de projection ont été bien longues.

Pour résumer, Oblivion s’est révélé, pour moi, un film sans originalité sur le fond et dont la forme m’a rebutée. Et, bien entendu, M. Lhisbei est en totale opposition avec cet avis puisqu’il a aimé Oblivion pour sa réalisation léchée, pour le traitement des thèmes qu’il brasse et pour ses effets spéciaux dans fausses notes.


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4 commentaires sur “Oblivion – Joseph Kosinski