Downsizing – Alexander Payne

Downsizing

Réalisé par Alexander Payne

Avec Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz, Hong Chau, Udo Kier, Jason Sudeikis, Neil Patrick Harris, Laura Dern, Rolf Lassgård, Ingjerd Egeberg, James Van Der Beek

Synopsis
Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Mon avis
Le postulat de base de Downsizing relève de la SF : un procédé scientifique permet de réduire les êtres humains et de limiter leur impact environnemental : moins de déchets, un besoin moindre d’espace, une consommation de ressources moindre. L’entrée en matière avec présentation des scientifiques et cobayes ayant franchi le pas donne le ton, en Norvège. Les perspectives ouvertes sont intéressantes : comment se passera la cohabitation entre grands et petits ?  Le downsizing  permettra-t-il de sauver l’humanité ? Ou la planète ? (Ah en fait non, la planète sans humanité, on s’en fiche toujours autant en fait, sans humains pour la peupler, elle n’a pas d’intérêt).

D’ailleurs on ne va pas se poser la question trop longtemps, on va étudier les effets concrets de la réduction sur l’américain moyen, bon représentant de la classe moyenne, au patronyme polonais très facile à prononcer mais que tous écorchent, incarné par Matt Damon. Paul Safranek est un type banal, marié, deux salaires, mais pas assez d’argent pour acheter sa maison. Un type qui n’a ni réussi, ni raté sa vie. Sa réduction se passe a moitié bien : sa femme se dérobe (pour des motifs en apparence futiles et que c’est maladroitement amené) et il est seul à émerger à Leisure Land.

Les spots publicitaires et les ambassadeurs du downsizing promettaient le paradis et une vie de rêve avec un compte en banque bien garni, une belle maison et une bonne conscience vis à vis de l’environnement. Le rêve américain à nouveau à la portée de la classe moyenne en somme. Mais tout a un prix et cet éden miniature s’est construit sur l’exploitation des autres, des plus pauvres, des immigrés, petites mains invisibles et invisibilisées que la bonne société parque derrière le mur d’enceinte (toute allusion à un mur frontière…) dans des immeubles insalubres. Le film vire à la critique sociale, mais se double d’une histoire d’amour improbable entre Paul et Ngoc Lan Tran, une réfugiée politique réduite de force dans son pays. Ajoutez à cela une touche d’humour et de burlesque apportée par Christoph Waltz en voisin capitaliste-magouilleur-cynique-aux-tirades-bien-senties-mais-au-grand-coeur et l’aspect critique se retrouve quelque peu noyé dans les bons sentiments. De toute façon, le film passe encore à autre chose puisque le downsizing ne suffira pas à sauver l’humanité finalement. Tous les modèles scientifiques sont formels : les petits ne sont pas assez nombreux, le monde est condamné. On revient aux préoccupations écologiques du début du film. Paul Safranek rejoint donc la communauté fondée par les premiers êtres humains réduits. Ceux-ci ont bâti un abri souterrain pour survivre à l’apocalypse annoncée. Et le fonctionnement de cette communauté s’apparente de plus en plus à celui d’un mouvement sectaire (mais une secte sans gourou abusif et qui ne fait de mal à personne). Matt les suivra-t-il ? Suspens, suspens, suspens…

Downsizing suit Paul Safranek dans son cheminement personnel et ses prises de conscience successives. Le personnage est candide, voire naïf et le spectateur le voit sortir d’une forme d’aveuglement pour tomber dans une autre. Le film reste déroutant. J’ai toujours eu l’impression qu’il fourmillait de bonnes idées – Alexander Payne sait quoi regarder et où pour épingler nos travers – mais qu’il ne les exploitait pas totalement. Autre impression, celle d’avoir plusieurs films en un seul et, en définitive, un film raté parce qu’il ne se décide jamais à choisir quelle direction suivre. Reste que j’en garde un bon souvenir, malgré tout … parce que Alexander Payne nous tend un miroir et que notre reflet y est sans fard .

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