Imaginales 2026 – Les conférences du jeudi

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Festival
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

En mai, nous étions à Épinal pour l’édition 2026 des Imaginales, le rendez-vous incontournable pour les amateurs de littérature de l’imaginaire.

C’était une édition un peu particulière pour nous puisque, à peine arrivés à Épinal le mercredi soir, sous une canicule d’enfer (le monde brûle), M. Lhisbei tombait malade. Il est donc resté enfermé 5 jours dans une chambre d’hôtel (climatisée, certes) après une téléconsultation à la pharmacie (qui a abouti à un diagnostic erroné mais, une fois à la maison et les bons examens réalisés, le problème, dont il gère encore les conséquence, est résolu). Je n’avais pas vraiment la tête aux Imas. Mais pourquoi ne sommes-nous pas rentrés ? Parce que M.Lhisbei est une tête de mule (je ne fais pas le poids et, pourtant, je suis têtue) et qu’il a fait confiance au médecin de la téléconsultation (pour la défense de ce dernier, M.Lhisbei avait un tableau symptomatique atypique selon les professionnels de santé consultés ensuite). Il avait l’espoir de pouvoir passer une journée sur le festival.

Ceci posé j’ai quand même « profité » un peu des Imaginales : j’ai croisé et recroisé plein de monde (pas de name dropping ici, mais j’en profite pour vous remercier d’avoir pris des nouvelles de M. Lhisbei) et j’ai assisté à quelques conférences intéressantes en me liquéfiant dans les Magic Mirror (malgré un éventail espagnol en bois, l’accessoire qu’il convient d’avoir en stock pour les prochaines années). En conséquence de tout ce qui précède, les photos prises au smartphone, à l’arrache, seront pourries (et parfois, il n’y en aura pas) et les billets de compte-rendu seront brefs (j’ai pris des notes alors peut-être pas si brefs).

Un craquage aux Imaginales 2026

Commençons par le jeudi, journée traditionnellement consacrée aux élèves avec les remises de prix. Tous les auteurs ne sont pas encore arrivés le matin et la bulle du livre n’est pas encore une étuve, j’en ai donc profité pour faire quelques achats. J’ai complété ma collection de novellas avec les (nombreux) titres manquants de la collection RécIFs chez Argyll et avec les quatre premiers titres de la collection Nagori des nouvelles éditions ActuSF. Je pensais qu’il me restait de la place sur les étagères des novellas, alors que, non, pas du tout. Il va falloir réfléchir à une solution de stockage / rangement.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Karine Lhisbei (@lhisbei)

Des conférences

Coup d’envoi

Le coup d’envoi de la 25ᵉ édition des Imaginales a eu lieu à 11h en présence de R.J. Barker, Christopher Bouix, Babayaga Pepperland, Gilles Francescano, ainsi que des deux étudiantes interprètes Zineb Hamou et Luna Sindia Lemee, qui accompagnaient R.J. Barker. Benoît Jourdain, maire d’Épinal, était également présent pour souligner l’importance de cet événement pour la ville.

Cette séquence institutionnelle, courte et sobre (20 minutes), a permis de présenter l’édition 2026, son thème et d’en offrir un premier aperçu. Le maire a rappelé que, depuis sa création en 2002, le festival s’est imposé comme un pilier de la littérature de l’imaginaire et un élément clé de l’identité spinalienne. Le thème de cette année « Alter Ego » invite à une réflexion sur l’autre, soi-même, la gémellité (Gilles Francescanoa un fr^ère jumeau) et les identités multiples.

Le maire a annoncé la création des Rencontres universitaires des Imaginales, en partenariat avec l’Université de Lorraine, pour enrichir les échanges entre création, savoir et recherche, et a rappelé que les Nocturnes des Imaginales prolongent le festival dans toute la ville le soir venu.

Gilles Francescano a présenté les invités : Christopher Bouix, coup de cœur de l’année (son roman Les 7 Vies de Léo Bélami, publié sous le pseudonyme de Nataël Trapp, a été adapté en série par Netflix sous le titre Les 7 Vies de Léa), Babayaga Pepperland, artiste spinalienne qui, en plus de signer l’affiche, propose une exposition sur les murs de la ville et R.J. Barker, auteur britannique de dark fantasy (Les Vaisseaux d’os) et collectionneur d’animaux empaillés.

Offrir des alter ego de papier pour cultiver l’émancipation

A 14h, j’ai assisté à la table ronde intitulée « Offrir des alter ego de papier pour cultiver l’émancipation ». Modérée par Jeanne-A Debats, elle accueillait Nathalie Cirac, Charlotte Stéphan Boëssé et Sonia Nimr accompagnée de deux interprètes, Charbel Chidiac et Lauren El Essais. A écouter ici.

Les échanges s’appuient sur trois romans aux univers très différents : Charlotte Stéphan Boëssé présente Minuit au bal des Victime, un roman où une jeune historienne de l’art voyage en 1796 et découvre qu’un peintre célèbre est en réalité une femme contrainte de se travestir pour exercer son métier. La fiction lui permet de rendre visibles les nombreuses artistes effacées de l’histoire et d’imaginer une réparation symbolique de cette injustice.  Nathalie Cirac évoque Livie Morevi et les Passeurs d’âmes. Son héroïne, adolescente confrontée au deuil de son père, découvre qu’elle est passeuse d’âmes. Le fantastique devient un moyen d’aborder le deuil, la résilience, le harcèlement scolaire et la construction de soi. Dans Voyages Fantastiques en d’étranges contrées, Sonia Nimr présente une héroïne vivant dans une société patriarcale et marquée par l’occupation. Son parcours est celui d’une conquête du savoir, de la liberté et de la lecture comme moyen de résister. L’autrice établit également un parallèle entre son héroïne et sa propre expérience d’ancienne prisonnière politique. Tous ces personnages féminins ont pour point commun de remettre remettre en cause les limites imposées par leur époque ou leur environnement et l’accès à la culture devient un moyen d’émancipation.

Le thème du deuil est aussi évoqué. Pour Nathalie Cirac, il s’agit du deuil d’un parent mais aussi de l’accompagnement des morts, qui permet d’interroger les regrets, le sens de la vie et la résilience. Chez Charlotte Stéphan Boëssé, le deuil est plus symbolique : son héroïne renonce à son identité féminine pour survivre comme artiste, jusqu’à risquer de ne plus savoir qui elle est réellement. Sonia Nimr évoque quant à elle les deuils personnels, amoureux et politiques, que seule la lecture permet de dépasser.

L’anniversaire d’Argyll

A 15h direction l’anniversaire d’Argyll animé par Olivier Cotte. Il réunissait Xavier Dollo, Anouck Faure, Aurélie Luong et Christophe Nicolas. Maison d’édition indépendante, Argyll fête ses 5 ans d’existence. Elle se distingue par son approche éthique et solidaire, en plaçant au cœur de son projet les valeurs de l’économie sociale et solidaire (c’est une coopérative). Concrètement cela se traduit par des contrats plus respectueux des auteurs, des versions adaptées de ses livres numériques pour les publics dyslexiques et malvoyants et un comité de lecture très large. Elle fait aussi imprimer ses livres en France.

La table ronde a permis de présenter les coulisses et le fonctionnement ainsi que la place centrale d’Anouck Faure, romancière et illustratrice à qui l’on doit toutes les couvertures de la collection RécIFs. Originaire de Nouvelle-Calédonie et basée à Paris, elle travaille principalement avec des techniques comme le dessin à l’encre et la gravure à l’eau-forte. La collection RécIFs met en avant uniquement des autrices, dont Margaret Killjoy.

Pour fêter les 5 ans, Argyll a préparé un carnet de coloriage composé des illustrations d’Anouck Faure pour les couvertures de la collection RéciFs. Pour accompagner la sortie du 3ᵉ épisode des aventures de Danielle Caine, Le chœur immortel portera toutes les voix de Margaret Killjoy, le graphiste Xavier Collette, a préparé une une planche de stickers « anarchistes ».

Cahier de coloriage

Christophe Nicolas a aussi partagé les difficultés rencontrées lors de l’écriture de son dernier roman, « Après la Calude », et évoqué un burn-out post-écriture. Son intervention a permis d’aborder les enjeux humains derrière la création littéraire.

A 16h retour à l’hôtel pour voir si M. Lhisbei allait mieux (spoiler, non). Bien entendu, les Nocturnes des Imaginales ont eu lieu sans nous).

Voilà pour la première journée aux Imaginales 2026. A bientôt pour la suite. Et, en attendant, jetez un oeil aux articles de Snow, consacrés aux Imaginales 2026 : Imaginales 2026 – Organisation et Nostalgie et Imaginales 2026 – Le vrai article.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.