Spin – Robert Charles Wilson

Spin

De Robert Charles Wilson

Folio SF – 609 pages

Avis de Monsieur Lhisbei

Tyler Dupree est un petit garçon qui a perdu son père, mort dans un accident de voiture. Ed Lawton, un ami de son père, a proposé à sa mère un poste de gouvernante. Il grandit avec Diane et Jason, les deux enfants Lawton. Un soir d’octobre alors qu’ils observent le ciel, les étoiles disparaissent brutalement. L’économie humaine est bouleversée pendant un temps. Les satellites tombe sur Terre un par un coupant les communications. Les hommes découvrent que  la Terre est entourée par une membrane qui ralentit le temps sur la planète. A l’extérieur de cette membrane, dans le reste de l’univers, le temps continue à s’écouler normalement. Dans 4,5 milliards d’années le Soleil va se transformer en géante rouge et détruire la terre. Il devient urgent pour l’humanité de trouver une solution au spin.
En guise de solution, dans un premier temps, Ed Lawton propose d’utiliser des aérostats pour remplacer les satellites  et rétablir les moyens de communication (téléphone, internet, GPS, télévision…). Sa fortune est faite et lui donne le pouvoir et l’influence nécessaire pour créer la fondation Périhélie. Son fils Jason, un surdoué est obsédé par deux questions : qui a créé cette membrane ? Et dans quel but ? Poussé par l’ambition de son père il va diriger Périhélie et rechercher la vérité.

Je quitte une fois de plus le space-opera mais quel bonheur ! Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu quelque chose de semblable. Je trouve l’idée de départ très originale et la construction du roman intéressante.
Robert Charles Wilson utilise deux fils narratifs sur deux temporalités différentes mais convergentes. Dans le premier fil, le spin est installé depuis longtemps sur Terre, a évolué et les hommes ont développé des pistes de solution avec plus ou moins de réussite. Le second débute le jour de l’apparition du spin et le lecteur suit l’histoire des trois enfants et de la création de la fondation Périhélie. La fin de ce fil narratif amène au début du premier fil.
Vous pouvez donc lire Spin de deux façons. Du début jusqu’à la fin, de manière traditionnelle. Ou, pour avoir une histoire linéaire et chronologique, en commençant par le deuxième chapitre et en continuant avec ce fil narratif puis en revenant au premier chapitre et en suivant l’autre fil narratif. Ce qui m’amène à répondre à la question de Ferocias « Peut-on commencer un livre par le milieu ? ». Oui, on peut lire Spin dans un désordre ordonné…. Par contre il serait dommage de procéder de cette façon. La construction sert bien l’histoire : l’écoulement du temps différent entre la Terre et le reste de l’Univers induit un décalage temporel que l’on retrouve parfaitement dans la manière de raconter cette histoire.

Bref un roman à conseiller.

Un petit aparté sur ce roman et une erreur qui s’y est glissée. Vient-elle de l’auteur, du traducteur, de l’éditeur ou de l’imprimeur ? Je ne sais pas, et je ne pense pas qu’il est important de connaître le responsable.
L’erreur  se situe page 484 et 485. Voici l’extrait incriminé :
Les étoiles.
«  Vous voyez ? a dit Fulton. Différentes. Je ne retrouve pas les anciennes constellations. Tout a l’air comme… éparpillé. »
Quelques milliards d’années avaient cet effet. Tout vieillit, même le ciel : tout tend vers le maximum d’entropie, de désordre, d’aléatoire. Au cours des trois derniers milliards d’années, la galaxie dans laquelle nous vivons avait été torturée à grande échelle par une violence invisible, avait brassé son contenu avec celui d’une galaxie satellite plus petite (M41 dans les anciens catalogues) jusqu’à ce que les étoiles se retrouvent réparties dans le ciel comme une étendue sans signification. C’était comme regarder la main brutale du temps.

M41 n’est pas et n’a jamais été une galaxie satellite de la notre. C’est un amas ouvert qui se situe dans notre galaxie à une distance d’environ 2 300 années lumière. Les étoiles de cet amas sont réparties dans un volume de 25 à 26 années-lumière de diamètre et s’éloignent toutes de nous à 34 km/sec (source : le catalogue de Messier par l’observatoire de Paris).

Il existe bien une galaxie qui se rapproche de la notre : M31 la grande galaxie d’Andromède. C’est notre plus proche voisine et elle se situe à une distance approximative de 2,4 à 2,9 millions d’années lumière. Elle se rapproche de notre galaxie à environ 100 km/s. Avec une taille d’environ  250 000 années lumière elle est deux fois plus grande que la Voie Lactée, notre galaxie, même si elle est moins massive : 1,23 trillion de masse solaire, notre galaxie a 1,9 trillion de masses solaire. (Source : l’observatoire de Paris). M31 devrait rencontrer notre galaxie, peut être la percuter et fusionner en une seule et grande galaxie. Cela devrait certainement changer l’aspect de notre ciel, la position des étoiles.
S’il s’agit bien de M31, deux erreurs subsistent : M31 n’est pas une galaxie satellite de la notre (elle fait partie de notre groupe local de galaxies) et elle est plus grande que la notre.

Avis de Monsieur Lhisbei

Spin a remporté le prix Hugo en 2006 et le Grand Prix de l’Imaginaire en 2008.

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