Ptah Hotep – Charles Duits 12


Ptah Hotep

De Charles Duits

Présence du futur – 498 pages

Que ce soit bien clair : ce livre traîne dans ma PAL depuis des lustres. Trouvé d’occasion, et je ne me souvient même pas où et quand, j’en ai fait l’acquisition, alléchée par la couverture de Florence Magnin dont je suis une fan absolue, et par la quatrième de couverture qui précisait ceci : « Dans un décor évoquant Les Mille et Une Nuits, l’Inde et la Chine Médiévales, l’Egypte, la Rome et la Grèce antiques, d’aventures en histoires d’amour… ». La quatrième de couverture de mentait pas. Le décor est une splendeur, exotique et enchanteur à souhait. Elle indiquait aussi ceci de Charles Duits : « D’abord poète et essayiste à la manière des surréalistes, il trouvera peu à peu sa propre voie à travers la découverte des textes sacrés, de la mystique orientale et de certaines expériences psychédéliques ». Un profil atypique pour un écrivain… Néanmoins j’aurais du me méfier avec cette phrase « Chef d’oeuvre de la fantasy francophone, épique et foisonnant, Ptah Hotep dynamite les limites de ce genre ». Vous l’avez compris si je décortique la quatrième de couverture c’est bien parce que je ne suis pas allée au bout de roman qui dynamite les limites du genre.

Posons-nous la question du dynamitage des limites justement. L’histoire en elle-même relève de la fantasy la plus classique : une quête initiatique d’un jeune duc spolié de ses biens (et presque de sa vie) par un coup d’état. Les arcanes de la politique étant ce qu’ils sont, le voila jeté sur les routes et en exil, ce qui va lui apprendre ce qu’est la vie. Le parcours de Ptah Hotep n’est pas dépourvu de points communs avec celui de Siddhārtha Gautama (l’obsession du sexe en moins pour ce dernier). Le dynamitage n’est donc pas à chercher du côté du fond.

Du côté de la forme, en revanche, Charles Duits n’a pas eu la main légère pour manier ses bâtons de dynamite. C’est du lourd, du très lourd même dans les cent premières pages. Redondances, tournures passives, circonlocutions, litotes, périphrases, salmigondis de titres et majuscules à toutes les sauces (Frère aimé de son Frère ….) pullulent même si c’est un procédé parfaitement maîtrisé. Le style est riche et permet de réviser ses figures de styles mais il est aussi parfois indigeste et ridicule. Le vocabulaire des scènes de sexe, par exemple, prête un peu à rire : « échanger le lys et la rose » ou « nous fûmes tels que deux panthères dans la forêt ». Illustration avec la description d’un marchand page 147 :
« C’était un homme très brun et luisant avec un gros nez pareil à la coquille d’un gros escargot, des joues rondes et dures et des yeux enfoncés sous des sourcils épais. Il avait de grandes moustaches dont les pointes se relevaient et l’on ne voyait que sa lèvre inférieure qui était rouge et pulpeuse parce que l’abondance de sa moustache couvrait sa lèvre supérieure et la dissimulait entièrement.
C’était tout ce qu’on voyait de son visage, ce nez enroulé comme la coquille d’un escargot, ces yeux chauds et vifs enfoncés sous les sourcils et ces joues pareilles à des billes de buis.
Tout le reste était couvert de barbe et cette barbe se perdait dans ses cheveux qui étaient longs et bouclés, et elle descendait sur sa poitrine et elle était pleine de pointes qui se relevaient et de spirales qui s’entortillaient les unes dans les autres. Elle était d’un brun luisant comme si elle eût été sculptée dans du bois et ses cheveux aussi paraissaient sculptés dans du bois. »
La description se poursuit mais j’arrête là la démonstration (d’autant plus que j’ai allègrement dépassé le droit de citation…). Au bout d’un moment je me suis retrouvée, sans même m’en rendre compte, à lire en diagonale. Je lisais le début de chaque paragraphe – heureusement Charles Duits n’écrit pas d’un bloc – puis passait au suivant. Quand je m’en suis rendu compte et bien j’ai arrêté la lecture, sans remords et sans scrupules. Dans sa chronique Efelle écrit « Un beau voyage si l’on arrive au bout ». Je suis restée à quai, probablement par fainéantise d’ailleurs.

Une lecture commune avec Efelle et Cachou.


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