L’origine du silence – Jed Rubenfeld 4


L’origine du silence

De Jed Rubenfeld

Fleuve Noir – 566 pages

En septembre 1920 un attentat terroriste devant Wall Street fait des centaines de morts devant les yeux du capitaine Littlemore, du docteur Younger et de Colette Rousseau. Littlemore enquête sur cet attentat. Colette, française, tente de faire soigner son jeune frère Luc, muet depuis la guerre de 14-18. Parallèlement, elle est prise pour cible par de mystérieux étrangers qui tentent de l’éliminer…

Tout le monde connaît les droits imprescriptibles du lecteur, droits énoncés par Daniel Pennac ? Le troisième permet, sans culpabiliser, de ne pas finir un livre. Et bien j’ai failli l’appliquer pour L’origine du silence. Il m’a tout de même fallu presque 200 pages pour entrer dans ce roman. Le long flash-back explicatif et très descriptif de la rencontre entre Younger et Colette pendant la première guerre mondiale y est sûrement pour quelque chose. Et au moment où je décidais de laisser tomber, l’intrigue a enfin démarré. Mais 200 pages c’est long même sur un roman qui en compte 566. Et une fois qu’elle a enfin démarré, l’intrigue a traîné en longueur juqsu’aux dernières pages . L’auteur prend un soin méticuleux à tout expliquer. Et quand je dis « tout » c’est tout, absolument tout : de l’histoire des USA à celle des monuments et des villes, en passant par les déductions du super-policier (m’enfin Watson c’est élémentaire…). Il faut donc s’habituer au procédé et je ne m’y suis jamais habituée. Le roman se traîne et, si l’on voyage beaucoup (Prague, Vienne, Paris, Washington et New York bien sûr), on se demande parfois ce qui pousse les personnages à voyager autant.

Lorsque j’ai « postulé » à ce partenariat avec Newsbook, je ressentais de la curiosité pour ce roman et j’attendais un polar historique mêlant psychanalyse et enquête policière sur fond de terrorisme dans les années 20. Je cherche encore la psychanalyse qui est vraiment très secondaire et brossée à traits épais. Le personnage de Sigmund Freud ne serait pas présent que cela ne changerait pas beaucoup de choses (à part pour la guérison de Luc peut-être, guérison qui, paradoxalement, n’est pas expliquée et se fait en dehors du regard du lecteur, générant une belle dose de frustration). L’intrigue secondaire impliquant le radium (et Marie Curie fait, comme Freud, de la figuration) vient juste étirer le roman même si elle implique fortement Colette. La construction en gigogne (l’attentat cache quelque chose qui cache autre chose) et la dimension internationale et politique qu’elle ouvre (y compris avec le parallèle avec l’histoire récente des USA) n’a pas suffi à me faire adhérer au traitement (parfois rocambolesque) des thèmes présentés dans ce roman. Jed Rubenfeld s’est beaucoup documenté et son récit s’ancre solidement dans la réalité, dans le passé des USA, mais, malgré cela, c’est une impression de lenteur et de confusion qui demeure après lecture.


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