42 – La Grande Question du Lundi (9)

Dans la série tout le monde râle en ce moment, l’un des sujets qui revient fréquemment est celui des ebooks. Pour cette nouvelle édition de la Grande Question du Lundi, nous allons donc parler édition numérique et plus précisément de ce que, moi, lectrice possédant une liseuse mais attachée au livre papier, je vis en ce moment, à savoir un petit virage numérique.

Nous sommes en phase de transition : le livre électronique existe, prend de l’ampleur (surtout dans d’autres pays comme les USA par exemple) mais cohabite avec le livre papier, qui reste tout de même le mode de diffusion numéro un des écrits en France. Je n’aime pas les transitions parce que je manque de repères mais j’essaie de m’adapter aux mutations de mon époque. Du coup j’ai investi, en début d’année 2011, dans une liseuse pour ne pas rater la révolution numérique. En cette fin d’année, le moment me paraît bien choisi pour faire un petit bilan de l’utilisation de cette liseuse. Vous allez voir ça va être rapide. Je ne l’utilise presque pas. Pourquoi ? Le confort de lecture est bien là, l’utilisation est d’une simplicité quasi-enfantine (et la cyberquiche 2.0 que je suis à l’impression de maîtriser la technologie) et Calibre me permet de gérer ma bibliothèque au mieux. Alors qu’est-ce qui me retiens ? A part un mari qui est farouchement contre le numérique, s’entend ? Et un trop grand attachement au livre objet…

Le principal frein ne dépend pas de moi mais de l’offre proposée par les éditeurs. Au pire inexistante. Aux USA, l’offre est pléthorique (oui mais il n’y a plus de libraires !). En France elle est étique. Et, quand elle existe, elle côtoie souvent de près le foutage de gueule en bonne et due forme (et je pèse mes gros mots croyez-moi). Que nous proposent les éditeurs français pour les livres numériques ? Des catalogues rachitiques quand ils existent. Des fichiers avec DRM, dispositifs de « protection » qui peuvent poser problèmes sur certaines liseuses. Ces dispositifs emmerdent souvent les cyberquiches comme moi mais pas les pirates à qui il ne faut que deux petites secondes pour faire sauter ces foutus verrous numériques. Et, le tout, souvent à des prix exorbitants (avec sur des grands formats des écarts de l’ordre de 2 à 3 euros de moins par exemple – j’ai entendu le chiffre de 20% de réduction en moyenne au 20h de France 2 dans un « reportage » où on voyait Marc Lévy dédicacer un Kindle). Alors que les coûts de fabrication (imprimeur, papier, encre, maquette etc) sont quand même fortement diminués puisque le livre est dématérialisé, et, que le coût de distribution change (pas besoin d’inonder les librairies pour la mise en place). Si, encore, les auteurs étaient mieux rémunérés par leur droits d’auteurs, mais à les écouter (le droit du serf) ce n’est pas le cas. Donc les consommateurs (les lecteurs) se sentent un peu comme des vaches à lait. Et qu’on ne vienne pas me dire que « fabriquer » un ebook coûte cher aux éditeurs. Jean-Claude Dunyach prouve le contraire : en partant d’un fichier Word, comptez 3 à 4h pour fabriquer un ebook, tout à fait lisible et agréable. Ensuite, bien entendu, si les éditeurs ajoutent du contenu inédit, enrichissent le roman, ça fait monter le prix. Normal. Mais que les éditeurs incompétents (ceux qui partent de la maquette d’un livre imprimé et qui détricotent le travail pour fabriquer l’ebook et là ça coûte cher) ne viennent pas faire payer aux consommateurs (les lecteurs) leur incapacité à opter pour des méthodes de travail rationnelles. Personnellement le jour où le marché bascule au numérique je ne me vois pas claquer 15 à 20 euros dans un e-book alors que je mets 25 euros dans un livre papier (même si ce n’est pas souvent). Je ne mettrai pas plus de 10 euros dans un objet dématérialisé qui sera stocké dans un disque dur qui peut planter, se crasher ou sur des sites internet qui peuvent disparaître du jour au lendemain (souvenez-vous d’un ebook acheté sur Amazon et qui avait été effacé du Kindle…). Un livre papier est stocké dans ma bibliothèque et le risque de le voir disparaître soudainement est moindre.

Bien sûr certains éditeurs ont tout compris. En imaginaire on trouve Bragelonne/Milady (qui a tout intérêt à pratiquer des tarifs intéressants vu l’offre illégale disponible) et Le Belial’ par exemple, même s’ils ne sont pas les seuls (mais bon on les compte quand même sur les doigts d’une main). Les grands groupes se comportent comme les majors du disque avec une politique dissuasive (livres électroniques coûteux, DRM, droits d’auteur au rabais). Ouvrons la parenthèse pour digresser sur l’industrie du disque. Personnellement j’ai une façon de réagir assez radicale par rapport à ça. Quand Hadopi a été lancée, j’ai signé un appel contre ce texte. Pour autant je ne télécharge pas illégalement. A vrai dire je ne télécharge pas légalement non plus. A vrai dire je n’achète plus de CD non plus. Oui vous avez bien lu (sauf ceux d’Indochine et des Red Hot, voila c’est dit). Tu n’écoutes plus de musique alors ? Oh si. La radio (Purefm et Classic 21). La radio et la musique à la demande sur PC (oui le son n’est pas super mais je n’écoute ni musique classique, ni opéra). Et j’ai chargé mes albums fétiches sur mon baladeur numérique. Mais acheter non. Je ne peux plus. Ils m’ont dégoûtée. Que des lobbies du disque fasse voter une loi (une LOI tout de même ce n’est pas rien) répressive sans se poser des questions sur ce qu’elles offrent (de la daube en barre à cette époque-là, entre Star Ac et musique d’ascenseur en passant par les artistes kleenex et en virant des artistes reconnus et talentueux parce que pas assez malléables ou vendeurs…) m’est resté en travers de la gorge (la loi ça doit servir à autre chose que protéger les intérêts d’un petit groupe de nantis et je ne parle pas des auteurs-compositeurs mais des patrons des majors). Alors ce n’est pas du boycott intentionnel. Je n’ai pas décidé de ne plus acheter de CD, un beau matin au réveil (c’est la clope que j’ai viré comme ça). C’est juste qu’il faudra trouver un autre pigeon quelqu’un d’autre pour pleurer sur l’agonie de l’industrie du disque. Et ne pas compter sur moi pour aider (sauf pour l’euthanasie car le jour où elle crève, quelque chose d’autre la remplacera, quelque chose qui ne pourra pas être pire, au moins dans un premier temps). Et comme on l’a bien vu les maisons de disque ont toutes mis la clé sous la porte, preuve iréfutable que le numérique a tué l’industrie du disque (on nous prend vraiment pour des billes)… Fermons la parenthèse et revenons à la liseuse.

Pour remplir la liseuse, heureusement il y a les livres tombés dans le domaine public (numérisés par des passionnés) et des innovateurs comme Angle Mort. Cette revue numérique est de très bonne tenue et je l’achète régulièrement. J’adhère aussi à sa philosophie. Il y a les éditeurs qui appâtent le lecteur avec des contenus gratuits (nouvelles à télécharger ou à lire en ligne) en espérant déclencher un acte d’achat par la suite. Et puis l’annonce (ô combien prématurée en mai) d’une nouvelle maison d’édition portée par Ayerdhal et JC Dunyach pour remettre à disposition des livres épuisés depuis longtemps et dont les auteurs ont récupéré les droits. J’attends la concrétisation avec une dose d’impatience qui s’émousse un peu là. Et la semaine dernière j’ai acheté une nouvelle non disponible au format papier (sauf à acheter un Bifrost de 2004 … date de péremption dépassée non ?) dont je reparlerai bientôt. Bref je commence sérieusement à tenter de remplir la liseuse sans me ruiner.

Alors bien sûr, je ne me voyais pas acheter certains livres en numérique (Le Dragon Griaule par exemple avec ses illustrations, il me le fallait en version papier) et je préférerai toujours acheter un livre papier à un livre numérique (les dédicaces avec un livre numérique c’est un peu compliqué). Mais j’aimerais bien aussi remplir ma liseuse (parce qu’en vacances, ça prend moins de place, c’est moins lourd, ça tient dans le sac, bref c’est plus pratique). Et ce n’est pas les idées qui manquent. Les éditeurs ne peuvent maintenir un fond et rendent régulièrement les droits des bouquins aux auteurs. Les éditeurs de poche ne peuvent pas reprendre tous les livres grands-formats parus. Qu’est-ce qui les empêche de signer un nouveau contrat pour une édition numérique ? Un contrat où l’auteur serait mieux rémunérés et où le bouquin serait vendu dans la gamme de prix d’un livre de poche (mais moins de 10 euros sinon on entre dans la catégorie « livre de poche trop cher »). Le fond pourrait vivre et certains bouquins seraient toujours disponibles. Et les éditeurs vendraient des livres qu’ils ne vendent pas à l’heure actuelle. Plus de choix, plus de possibilités de ventes. Du bénéfice pour tout le monde non ?

Nous sommes dans une période de transition mais l’édition numérique ne m’inquiète pas, comme lectrice. Bien sûr je suis attachée aux livres objets, à leur odeur, au grain du papier, à la couverture que je caresse souvent (et c’est tout sauf érotique ne vous faites pas d’idées), admirative du travail de l’illustrateur. J’adore avoir un mur de bibliothèques chez moi. Ce qui fait qu’entre un livre et un e-book je choisirai toujours le livre. Tant que j’ai le choix (et parti comme c’est parti en France j’aurai le choix pendant longtemps encore) je privilégierai toujours le livre papier (sauf augmentation exponentielle de son prix de vente). Mais ce qui m’importe encore plus que le contenant c’est le contenu. Et le jour où un éditeur me permet de remplir ma liseuse de livres indisponibles, peu chers et qui correspondent à mes goûts, je sais comment je vais réagir : ma PAL d’ebooks va exploser.

Il est possible que tout ce que je viens d’écrire soit simpliste et idiot. Il est possible que je me trompe sur toute la ligne. Je ne demande pas mieux qu’apprendre…  donc les commentaires sont ouverts. Et pour ceux qui veulent lire des réflexions un peu plus poussées c’est chez Alan Spade qu’il faut aller voir.

Et, parce que tout ça n’est pas tout à fait sérieux, qu’un peu de légèreté dans un monde de brute fait toujours du bien (qui a pensé chocolat ?) et que la liseuse reste un joujou avec lequel s’amuser un peu, nous avons mis au menu de notre réveillon de fin d’année la lecture commune d’un ebook gratuit. Une histoire de Vampire. Une histoire d’Amour. Une histoire de Magie. Et non ce n’est pas Twilight (on ne va pas se manger 4 tomes de guimauve non plus, l’indigestion nous guetterait). Pour le 30 décembre Val, Blop, GromovarVert (sans liseuse), Flo, Yueyin (sous réserve du passage de Papa Noël), Cédric JeanneretEric Nieudan, Angua et moi lirons donc La morsure de la passion de Michele Hauf paru chez Harlequin dans la collection Nocturne. Évidemment, si une soudaine envie de passion harlequinesque, de crocs et de bit-lit vous étreint pour Noël, vous pouvez vous joindre à nous. Le roman se télécharge sur cette page (et rien ne vous empêche de vous laisser tenter aussi par les 9 autres titres mais ce sera sans moi).

Et le texte de 4eme de couverture :
Depuis qu’un combat sans fin les oppose, le sang des sorcières est fatal aux vampires. Pourtant, l’un d’entre eux, Nikolaus Drake, a survécu à ce poison mortel. Devenu invincible, il n’a plus qu’une idée en tête : se venger de Ravin Crosse, la sorcière qui a failli le tuer. Mais il est loin de se douter qu’il va se retrouver lié malgré lui à celle qu’il hait le plus au monde. Car, s’étant introduit chez Ravin, il absorbe par mégarde un philtre d’amour qui ne lui était pas destiné… et tombe en quelques secondes amoureux de celle qu’il s’apprêtait à abattre. Pure sorcellerie, simple hasard, ou manœuvre diabolique, il ne connaît pas la cause de l’étrange état dans lequel il est plongé. Ce qu’il sait en revanche, c’est qu’aimer une sorcière est un crime chez les vampires et que, désormais, il va devoir combattre ses semblables pour défendre deux vies : la sienne et celle de Ravin qui lui est devenue si précieuse…

And now, let’s have fun with our readers !

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