La Flamme Chantante – Clark Ashton Smith

La Flamme Chantante

De Clark Ashton Smith

Actes Sud – 112 pages

« 31 juillet 1938. – Je n’ai jamais vraiment eu l’habitude de tenir un journal : il faut dire que j’ai toujours mené une vie sereine, monotone même, où rien d’extraordinaire ne s’est jamais produit. Mais ce qui m’est arrivé ce matin est une chose si étrange, si extravagante, si éloignée des lois et des principes terrestres, que je me sens véritablement en devoir de la coucher sur le papier, pour autant que j’en sois capable. De même, je rapporterai dans ce journal l’éventuelle suite ou duplication de ma singulière expérience. Il n’y a, d’ailleurs, strictement aucun risque à entreprendre ce travail : quiconque lirait ce rapport n’en croirait pas un traître mot… »

 Voici les premiers mots du journal de Giles Angarth, auteur de textes fantastiques, disparu mystérieusement en compagnie de Felix Ebbonly, célèbre artiste peintre. Giles relate dans ce journal sa découverte, dans la zone de Crater Ridge, d’un passage ouvrant sur un ailleurs fantastique et merveilleux, à première vue. Sur ce monde inconnu, une flamme étrange attire et charme par son chant tous les êtres vivants et les pousse à se jeter en elle dans une transe quasi-mystique. Giles lègue son journal à Philip Hastane qui finit par le publier tout en restant intrigué : ce journal relate-t-il des faits réels ou n’est-ce qu’une mystification pure ? Qulle est la nature de la flamme et qu’arrive-t-il à ceux qui qu’elle accueille en son sein ? Pour Hastane, un seul moyen de le savoir : emprunter le passage en question…

Dans La Flamme Chantante nous trouvons donc deux textes : le récit, sous forme de journal intime, de Giles Angarth (et introduit par Philip Hastane dans un avant-propos) et le récit du voyage de Philip Hastane, sous forme de journal intime aussi. En dire plus serait un crime. Les textes sont parus en 1931. Clark Ashton Smith est un contemporain de H. P. Lovecraft (la parenté littéraire est d’ailleurs soulignée en quatrième de couverture). Leur écriture présente des similitudes : richesse du vocabulaire, langage soutenu, parfaite maîtrise de l’imparfait du subjonctif (et exploit suprème : sans aucune lourdeur). Du côté des défauts, l’ineffable côtoie, de manière parfois trop répétitive, l’indicible. Bien entendu l’auteur parvient tout à fait à écrire et relater, de manière imagée et avec des accents lyriques teintés de poésie, les péripéties de ses personnages et à décrire des paysages étranges, inconnus et réputés… indescriptibles.

Bénéficiant d’une nouvelle traduction et d’une nouvelle publication aux éditions Actes Sud, La Flamme Chantante mérite qu’on la découvre et qu’on s’y attache. Seul bémol : le prix un peu élevé (14€ pour une centaine de pages).


JLNN

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