Le Bâtard de Kosigan, L’Ombre du pouvoir – Fabien Cerutti 5


L’Ombre du pouvoir
Le Bâtard de Kosigan T1

De Fabien Cerutti

Mnémos – 336 pages

« Marches du comté de Champagne, premier novembre de l’an de grâce 1339. C’est l’heure de la prière des Laudes et il fait un froid de glace. Emmitouflé dans des peaux de loups et assis sur la vieille selle de mon cheval, j’attends ma proie.
Dans le gel du matin, le gué de Sainte-Anne est une pure merveille : le ciel est limpide et d’une clarté incomparable, l’eau de la rivière Arnance scintille comme de l’or, et les arbres, comme les rochers, sont illuminés par les rayons glacés du soleil de l’aurore.
Je suppose que c’est un bel endroit pour mourir. »

Nous venons de faire connaissance avec Pierre Cordwain de Kosigan, un charmant personnage. Bâtard d’une lignée bourguignonne qui le renie et qu’il l’abhorre en retour, assassin sans pitié, il dirige une compagnie de mercenaire atypique. Sans foi, ni loi autre que la sienne, froid, déterminé et calculateur, le Bâtard de Kosigan est aussi un trousseur de jupons invétéré, surtout si, au plaisir de faire peut s’ajouter un bénéfice autre. Bien peu recommandable personnage que ce bad boy du 14eme siècle alternatif. Dans ce Moyen-Age de fantasy, les elfes, et autres peuples aussi exotiques que des hommes lions par exemple, vivent ou plutôt tentent de survivre face à une humanité qui en est souvent dépourvue. Peur, mépris, haine de la différence, l’homme étant ce qu’il est, il extermine ceux qui ne sont pas de son espèce. Le comté de Champagne est administré par la dernière princesse elfe, veuve du comte. Le comté attise la convoitise des Bourguignons, des Anglais et des Français. Sentant son statut devenir bien trop précaire, la comtesse organise un tournoi. Et ce tournoi sera aussi l’occasion de trouver à marier sa fille, Solenne et ainsi d’assurer l’avenir du comté et de ses habitants, peu importe leur race.
Bien entendu, Kosigan ne peut rater ce tournoi, bien décidé à ce que ce dernier serve entièrement ses intérêts. Déterminé, il ne recule devant aucune manipulation, aucun coup bas pour parvenir à ses fins, entre intrigues politiques et batailles plus ou moins rangées dans l’arène.
Voici donc le premier arc narratif, raconté par Kosigan lui-même. Kosigan qui prévient dès le début qu’il mentira peut-être dans sa narration, si ce procédé est de nature à servir ses intérêts…
En parallèle nous suivons la correspondance du professeur d’archéologie médiévale Michaël Konnigan en 1899. Personnage au passé trouble, il reçoit un coffre mystérieux d’une très vieille étude notariale parisienne. Particularité, ce coffre lui a été adressé à son nom véritable, pourtant inconnu de tous : Kergaël de Kosigan. Très vite Michaël Konnigan se lance sur les traces de son ancêtre, Pierre Cordwain de Kosigan.
Voici le second arc narratif du roman.

Autant le premier arc narratif a réussi à me captiver, autant le second, prévisible et mou, m’a laissée totalement de marbre. Le premier arc narratif repose entièrement sur les solides épaules d’un machiavélique Kosigan et son descendant ne parvient jamais à se hisser à sa hauteur. Alors bien entendu, le Bâtard reste un beau truand, plein de morgue et de suffisance, un salaud de première, mais son charisme rend ses aventures scabreuses encore plus palpitantes à suivre. Du sang, de la sueur, quelques larmes, le bruit des lances frappant des boucliers, des masses d’armes s’entrechoquant, le repos du guerrier, tous les ingrédients d’une fantasy médiévale classique sont réunies pour faire passer un bon moment au lecteur.

Sous son agréable couverture à rabat, Le Bâtard de Kosigan ne révolutionne pas le genre mais offre au lecteur un divertissement de qualité qu’il aurait tort de bouder.

Une citation pour terminer
« Un tournoi, c’est un peu comme si la noblesse expiait, une fois de temps en temps, ses crimes et ses abus, en se donnant une bonne correction à elle-même. »


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