Seven Sisters – Tommy Wirkola

Seven Sisters

Réalisé par Tommy Wirkola

Avec Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari…

Synopsis
2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Mon avis
Pour suspendre son incrédulité et accepter le postulat de base, il faut s’accrocher un peu. Dans un monde ultra-contrôlé par la police et différentes administrations dotées de moyens, notamment informatiques et technologiques, importants et efficaces (premier point qui manque de crédibilité), les naissances multiples sont nombreuses à cause de la pollution, des perturbateurs endocriniens et autres joyeusetés. Or pour sauvegarder les ressources de la planète, il faut lutter contre la surpopulation. Les parents de plusieurs enfants sont donc invités à faire en cryogéniser quelques uns. L’épouse de Terrence Settman meurt après avoir accouché de sept filles qu’il baptise du nom d’un jour de la semaine. Il les planque dans son appartement et bricole leurs bracelets de contrôle pour qu’ils soient tous configurés sur une seule et même identité, celle de Karen Settman (le nom de leur mère). Les filles grandissent et acquièrent le droit de sortir chacune à leur tour, le jour de la semaine qu’il leur correspond. Deuxième point difficile à accepter : qu’on puisse, dans un monde aussi contrôlé, ne pas avoir mis en place un contrôle de la consommation en ressource par famille / habitation (8 personnes consomment beaucoup plus d’eau, de nourriture que deux et ça me parait difficile à masquer sur les factures). Une fois dans la vie active, elles jouent toutes le rôle de Karen Settman : pour que la couverture tienne, elles se font un briefing de la journée tous les soirs. Elles doivent tout se raconter pour jouer le même rôle. Dans son organisation, Karen Settman se révèle assez performante pour grimper les échelons et briguer une belle promotion. Troisième point qu’il faut aussi accepter : les filles sont vraiment toutes de caractères très différents et qu’elles puissent jouer aussi longtemps une Karen Settman assez linéaire dans ses comportements pour ne pas éveiller les soupçons relève un peu de l’utopie dans la dystopie. D’autant que l’une d’entre elles, un petit génie de l’informatique, souffre d’agoraphobie et de troubles de la communication. Une fois passées ces préventions, que vaut le film ?

Et bien c’est pas mal. Pas extraordinaire, mais pas mal. Le point fort réside dans le rythme et la tension une fois la phase d’exposition terminée, c’est-à-dire à partir de la disparition de Lundi. On la pense morte. Les filles décident de « faire comme si » et de jouer la partition de la journée, mais la soeur suivante se fait arrêter. Commence alors une hécatombe inéluctable, une soeur après l’autre, digne d’un film d’action bourré d’adrénaline et qui ne laisse pas entrevoir une fin heureuse. Côté originalité, on repassera, mais côté péripéties haletantes et maîtrise de l’enchaînement des révélations, j’ai été servie. Autre point fort : le jeu des acteurs. A commencer par Noomi Rapace qui donne de la consistance à chacune des soeurs et leur caractère (la perruque et l’apparence seules n’auraient pas suffit). Willem Defoe est parfait et les seconds rôles ont assez de matière pour exister. Il n’y a que Glenn Close qui pose souci. Je n’aime pas critiquer le physique, mais là clairement, la chirurgie esthétique a fait des ravages sur son visage et minimise son expressivité même si elle renforce sont côté glaçant. Sur l’aspect critique sociale, le film fait le boulot avec une fin qui pose quelques questions (et un dilemme moral), même s’il ne surprend pas le spectateur familier des dystopies.

En définitive, Seven Sisters se révèle divertissant et efficace. Ce n’est déjà pas si mal.

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