For All Mankind – saison 1

For All Mankind
Saison 1

De Ronald D. Moore, Matt Wolpert & Ben Nedivi

Avec Joel Kinnaman, Michael Dorman, Sarah Jones, Shantel VanSanten, Wrenn Schmidt, Jodi Balfour, Krys Marshall, Arturo Del Puerto, Olivia Trujillo, Sonya Walger…

Synopsis

Imaginez un monde dans lequel la course à l’espace n’aurait jamais pris fin. Le programme spatial de la NASA est resté au coeur de la culture américaine et au plus proche des espoirs et des rêves de tout un chacun. Les astronautes de la NASA, véritables héros et rock-stars de leur époque, doivent gérer la pression qui pèsent sur leurs épaules, tout en gérant la vie de leurs familles.

Point de divergence

Été 1969. Premier pas de l’humanité sur la lune. A ceci près que ce premier pas est celui d’Alexei Leonov, cosmonaute russe et premier être humain à avoir réalisé une sortie extravéhiculaire dans l’espace. Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins sont coiffés au poteau. Nixon, vexé, augmente le budget de la NASA. Neil Armstrong se pose finalement sur la Lune, non sans heurts. Et pendant qu’Apollo 12 est en route vers la Lune, les Russes y posent un deuxième équipage. Surprise : c’est une femme qui descend du module lunaire. Choc et consternation. Une femme ? A la fin des années 60, aux USA, les femmes sont … femmes au foyer. Point. D’où le recrutement de femmes pilotes, ingénieures, pour intégrer le programme spatial de la NASA.

Fiction, histoire & société

La série mélange allègrement personnages fictifs et réels comme Wernher Von Braun, inventeur du V2 pour le régime nazi & recruté à la fin de la seconde guerre mondiale par la NASA pour mettre au point la fusée Saturn V, le directeur des vols Gene Kranz ou le responsable de la sélection des astronautes Deke Slayton. Elle mêle aussi habilement évènements historiques et inventés au profit d’une fiction alternative vraisemblable en témoignent le destin de Deke Slayton (assez proche de la réalité historique) et l’arrivée des femmes dans le programme. Le projet Mercury 13 de la NASA a recruté, en 1961, 25 femmes pour devenir astronautes. Elles ont suivi le même entrainement et les mêmes tests que les astronautes masculins. Treize d’entre-elles les ont réussi. Mais elles n’ont jamais pu embarquer dans un vol spatial. Il faut attendre 1983 pour que Sally Ride devienne la première astronaute américaine. Les Russes avaient déjà envoyé Valentina Terechkiva dans l’espace en 1963. Vingt ans avant, donc. Dans la série, la féminisation du métier d’astronaute arrive beaucoup plus vite (même si ça fait grincer les dents de certains qui préfèreraient voir les femmes à la maison) grâce (ou à cause, au choix) de la pression des soviétiques. Qu’on soit clair, la NASA est un monde d’homme : les astronautes sont, entre autres choses, d’anciens pilotes d’essai, aiment la vitesse, font la course en Corvette C3 pour aller au boulot et passent leurs soirées au bar entre mecs pendant que Madame s’occupe de la maison et des enfants. D’ailleurs la série montre bien le rôle éducatif de chacun des parents. On attend du père de l’autorité – les enfants l’appellent Sir (monsieur) et lui rendent compte – et la distribution des punitions ce qui frustre pas mal certains pères. Le regard porté sur la condition féminine est tout aussi intéressant : qu’elles soient seules à assumer le foyer pendant que leurs maris s’envoient littéralement en l’air ou qu’elles tentent de concilier vie d’astronaute et de famille, c’est toujours une lutte.
La course à l’espace et la guerre froide génèrent une tension qui ne faiblit jamais, même si quelques épisodes sont un peu bavards ou plus introspectifs permettant aux personnages de prendre de l’épaisseur. Le jeu des acteurs est sans fautes, Joel Kinnaman (précédemment vu dans la série Altered Carbon et le très mauvais Suicide Squad) en tête. Les trajectoires des personnages viennent illustrer le fonctionnement de la société conservatrice de la fin des années 60 et la décennie 70 (avec l’arrivée des hippies, de la fumette et de la musique planante). En parallèle de la conquête spatiale, la série explore ses conséquences sociétales : place des femmes, des minorités et des immigrés mexicains. Comme le climat est à la paranoïa, la série évoque aussi le retour de la chasse aux communistes (tous espions), mais aussi à tout ce qui peut compromettre de quelques manière que ce soit la sécurité nationale. Et comme l’homosexualité n’est ni acceptée ni légale, hors de question de faire son coming out.

Futures astronautes à l’entrainement

Des images de rêve

Vous avez rêvé de marcher sur la Lune ou de regarder un clair de Terre ? For all mankind vous offre plusieurs aller-retour mais toujours sans oublier le danger omniprésent : une déchirure dans la combinaison et c’est la mort assurée, un court-circuit et la fusée explose ou une confrontation avec les cosmonautes soviétiques. Visuellement, c’est époustouflant et criant de réalisme. Parfois quelques images d’archives viennent se glisser dans les plans fictifs, mais sans que le procédé paraisse artificiel.

Edward Baldwin (Joel Kinnaman) on the moon

Sur le fond comme sur la forme, For All Mankind est une uchronie réussie et offre une histoire alternative vraisemblable et addictive. Un incontournable. Vivement la saison 2 !

Toujours plus haut. Toujours plus vite. Des pionniers voilà ce qu’on était. […] C’est pour ça que je me sens bien ici. Personne n’y est venu avant nous. Personne. Rien que moi.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

7 commentaires sur “For All Mankind – saison 1”