Imaginales 2022 – Retour en images

Après une édition 2020 décalée et réduite et une éditions 2021 décalée et étalée dans la ville d’Épinal, les Imaginales 2022 se sont déroulées dans la configuration  habituelle, dans un parc du Cours saturé de pollen et écrasé de chaleur (ça change des doudounes d’il y a quelques années). En outre, le festival fêtait ses 20 ans en mettant en avant l’Afrofuturisme. L’édition s’annonçait donc joyeuse et festive. Il l’a été, pour nous, en tout cas : des rencontres agréables (blogueurs et blogueuses, éditeurices, auteurs et autrices – non il n’y aura pas de name dropping mais j’ai enfin croisé « les mémés » et leur caddy magique), des conférences intéressantes (et des concepts à ingérer comme la « diversalité »), une librairie magnifiquement achalandée et des terrasses (et manger en terrasse ça permet de jouer encore un peu à cache cache avec le Covid).

Happy hour pendant que les voisins de tables – que nous ne citerons pas – sont raisonnables

Imaginales 2022 librairie

Books, books, so many books !

Photos par C.Schlonsok tous droits réservés à l’auteur

Cependant quelques éléments sont venus perturber cette édition et avant d’entamer notre retour, en images, de nos Imaginales 2022 et d’évoquer le plaisir que nous y avons pris, il convient de ne pas les passer sous silence.

L’année dernière, les Imaginales ont accueilli de nombreuses prises de parole (j’en parlais ici) : sur l’affaire Marsan, le sexisme, la condition des auteurs (rémunération) etc. Il semble que ces prises de paroles ont entrainé quelques conséquences fâcheuses. Le programme, réalisé par Stéphanie Nicot, a été modifié sans son aval (changement de conférences, titre ou contenu ou annulation) et des intervenants ayant pris la parole l’année dernière se sont vus déprogrammés de certaines conférences.
Les Imaginales ésotériques et maçonniques (présentes depuis 10 ans) ont eu la splendide et merveilleuse idée de programmer, alors que le thème est l’Afrofuturisme, une conférence sur l’Islam radical. Une seule conférence sur la religion dans leur programme et, qui plus est, avec un angle de traitement unique : la radicalité. Vous le voyez arriver le raccourci ? Quand bien même le contenu de la conférence ne serait pas islamophobe (vu les références de l’intervenant, je parie que cette conférence était safe mais je ne suis pas allée vérifier), son choix (et celui de son angle) était pour le moins malvenu. Et tant que j’y suis, un avis personnel : l’ésotérisme n’a rien à faire aux Imaginales. Avec la SF, la Fantasy, le fantastique, le roman historique nous sommes sur le territoire de la fiction. L’ésotérisme et la spiritualité relèvent de la croyance. Les Imaginales franc-maçonnes n’ont pas lieu d’être. Ceci dit, sur place, il est assez facile d’éviter ces Imaginales parallèles (mais intégrées au programme). Il suffit de ne pas se rendre au temple où se déroulent les conférences (en 10 ans je n’ai même pas eu la curiosité de chercher sa localisation). Quant aux auteurs prévus sur le stand de la librairie, ils n’étaient présent que le dimanche (preuve en image le samedi et pour être passée sous la Bulle du livre assez souvent, je vous garantis qu’ils n’y étaient que le dimanche). Un espace vacant trois jours qui aurait pu permettre la présence d’auteurs de SFFFF, non ?
Dès la conférence d’ouverture et à plusieurs reprises, Stéphanie Nicot a réaffirmé (et qu’elle se soit sentie obligée de le faire est en soit un problème) que le festival était et resterait, tant qu’elle-même en serait la directrice artistique (vous voyez venir le point ?), un festival ouvert à tous et à toutes les voix.
Du point de vue du grand public, ces Imaginales ont été une réussite avec un record d’affluence, un record de ventes, des Magic Mirrors pleins à craquer pour, entre autres et pas seulement, Rivers Solomon par exemple. Et le Magic Histoire s’est vite révélé trop petit pour accueillir le public qui affluait. Mais du point de vue des festivaliers que nous sommes, nous avons senti planer la menace de perdre les Imaginales que nous connaissons, ce festival où chacun est accepté tel qu’il est. Si vous voulez plus d’informations, je vous invite à consulter les articles de Télérama et de Livres Hebdo (article payant).

Revenons donc à cette édition des Imaginales 2022. Comme annoncé lors du billet sur le Coup d’envoi, nous avons couvert le festival avec un album dédié et nous allons revenir à l’occasion de quelques billets sur ce que nous avons vécu sur place. D’autres ont été plus rapide que nous pour faire un retour. Je vous invite donc à faire un tour chez les blogopotes : Les mémés aux Imaginales 2022, Snow, Célindanaë et son nouvel ami Cthulhie ou OmbreBones

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5 réponses

  1. Alys dit :

    Merci pour ce résumé rédigé de manière apaisée C’est intéressant.

    • Lhisbei dit :

      Comme le dit un éditeur de ma connaissance : « nous vivons des temps intéressants ».

      Plusieurs futurs s’ouvrent pour le festival et certains ne sont clairement pas les bons.

      La municipalité détient en grande partie les clés. Reste à savoir quelle partition elle va jouer.

      Epinal reste une ville de province pas tout à fait calibrée pour recevoir un festival important et international (manque d’hôtel par exemple, les restos ont du mal à gérer l’affluence surtout dans ce contexte de tension dans les recrutements post covid…). Et avec les évènements de cette année j’ai l’impression que l’âge d’or du festival est derrière nous dans tous les cas.

      Je pense que les imaginales que j’aime vont disparaître. Mais c’est mon côté pessimiste.

      • Alys dit :

        En effet, le manque d’hôtels est tellement aigu que même moi, qui n’y suis jamais allée, je suis au courant. ^^
        J’espère que cela restera, dans son esprit, le festival que vous aimiez tous!
        Rapport à ce que tu dis ci-dessous: la première fois que j’ai entendu parler de cette histoire d’Imaginales des francs-maçons, j’ai cru que c’était une théorie du complot, ça semblait tellement bizarre et improbable.

  2. f6k dit :

    Je ne connais les Imaginales que par les retours que toi et d’autres en font depuis des années. Cela avait l’air toujours intéressant et donnait envie d’y aller (je passe les deux dernières années qui ont été spéciales, n’est-ce pas). Et j’étais loin de me douter d’une telle gangrène ! Et puis des tables rondes de franc-maçons ou sur l’islam radical ?! Je ne sais pas comment ils ont argumenté le lien avec le festival sur place mais c’est vrai que, vu d’ici en tout cas, ça prête à différents haussements de sourcils. J’imagine que ce genre de chose a été financé pour avoir été accepté ; ils manquent tant d’argent que ça pour s’engouffrer là-dedans ? C’est vraiment dommage. Surtout que vous les festivaliers devez être vraiment déçus de la tournure que tout cela prend. Sinon merci pour les liens vers les deux articles de presse qui donnent des apports enrichissants sur la situation.

    • Lhisbei dit :

      ça reste un festival intéressant. J’ai vécu l’une de mes meilleures éditions : invités internationaux ou nationaux hyper intéressants, table rondes stimulantes, une organisation au top. L’ambiance générale était festive. le grand public (90% des visiteurs) n’a rien vu ou perçu. Mais parce que je traîne un peu de l’autre côté du miroir (avec toujours de la distance, parce que c’est dans ma nature), j’ai senti que « le feu couvait sous la cendre ».

      Je ne sais pas si les francs-maçons financent le festival (on m’a dit que non mais qu’un membre de la direction du festi était franc maçon mais je ne sais pas si la source est fiable et je n’ai pas les moyens de vérifier). La conférence sur l’islam radical était dans le programme des francs maçons. Programme sur lequel la directrice artistique n’a pas droit de regard. Les francs maçons réalisent des imaginales parallèles mais leur programme est intégré sur le site ce qui induit de la confusion…

      il y a aussi des dissensions importantes en interne dans la direction du festival (avec quelques petites phrases prononcées pendant les tables rondes qui semblent anodines mais qui prennent une signification autre quand on connaît un peu le contexte).

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