L’Enfant de la prochaine aurore – Louise Erdrich

L’Enfant de la prochaine aurore

De Louise Erdrich

Albin Michel Terres d’Amérique – 416 pages. Traduction d’Isabelle Reinharez

Une douce fin du monde

USA, futur très proche. Cedar Hawk Songmaker, amérindienne a été adoptée à la naissance par un couple progressiste de Minneapolis (donc écolos et vegans). Elle ne connaît pas ses parents et s’est forgé au fil du temps tout un tas de fantasmes sur ce qu’ils sont. A 26 ans elle apprend qu’elle est enceinte et se décide à rencontrer pour la première fois sa famille biologique installée sur une réserve dans le nord du Minnesota. Elle découvre notamment que son vrai nom, Mary Potts, sonne moins indien que son nom adoptif. Pendant ce temps, la fin du monde s’installe. La société régresse biologiquement et, en parallèle, socialement. La natalité est menacée, des mutations génétiques apparaissent, des espèces éteintes réapparaissent (un tigre à dents de sabre, un Archaeopteryx). La diversité est gommée (tous les présentateurs télé sont jeunes, blancs et blonds) mais cet aspect, esquissé par des détails, reste en toile de fond jusqu’à la fin.

Que se passe-t-il quand une société régresse, que la survie de l’humanité est menacée  ?  Et bien celles qui assurent la procréation, les filles/ femmes en âge d’avoir des enfants se retrouvent avilies et réduites au rôle d’utérus sur jambes. Classique, efficace et malheureusement très crédible. Toutes les femmes enceintes ou en capacité de l’être sont pourchassées et retenues dans des cliniques spécialisées où on attend d’elles qu’elles fassent des enfants, si possible en bonne santé et « normaux ». Cédar est donc menacée. Les familles de Cedar ne manquent pas de ressources pour tenter de la protéger. Et quand l’effondrement survient, l’État se disloque, la nation se divise en myriades de groupuscules plus ou moins armés, plus ou moins fanatisés, plus ou moins capables de survivre. La religion devient un refuge. Tous les ingrédients sont réunis pour que se mette en place une société patriarcale conservatrice et religieuse.

Une narration centrée sur une grossesse

Sur la forme, nous prenons connaissance du journal intime de Cedar. Elle l’écrit à l’intention de son futur enfant. Une narration au présent, du point de vue de Cedar qui ne sait rien, ne dispose pas de beaucoup de moyens d’information (plus d’accès aux médias, plus d’internet) et doit rester confinée pour échapper à la menace. Elle ne se montre pas non plus très curieuse, totalement concentrée – et ça se comprend – sur sa grossesse. Mais en pleine fin du monde, même si on ne parle par ici d’une apocalypse zombie, si on veut survivre, il faut descendre de son petit nuage. Corollaire, l’effondrement de la civilisation se perçoit par des détails mais sans vue d’ensemble ni cohérence globale, ce qui reste frustrant.

La voix de Cedar ne manque ni de piquant ni d’intelligence mais son point de vue reste étriqué tout au long du roman. L’écriture soutient la mise en tension psychologique de Cedar – sa santé mentale est ébranlée par le confinement, la quasi solitude et l’épuisement dû à la grossesse (et c’est une première grossesse, donc un stress supplémentaire). Convertie au catholicisme, elle se montre très sensible aux élans de mysticisme de sa mère biologique. Le roman prend alors une direction particulière, mystico-religieuse, assez délirante, qui m’a laissée un peu au bord du chemin.

Une citation (ironique)

C’est donc comme ça, la fin du monde, me dis-je. Tout est dingue et pourtant les gens continuent à faire des trucs normaux.

 

 

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5 réponses

  1. Cornwall dit :

    Ok je vais le laisser de côté celui là.

  2. Célindanaé dit :

    Tout à fait d’accord avec toi.
    Il faudra qu’on refasse une lecture commune avec un livre plus SF 🙂

  3. shaya dit :

    Je passe mon tour pour celui-ci, pas mon truc !

  4. Vert dit :

    Oui moi aussi je me suis perdue en route. Je crois que j’ai surtout retenu l’histoire du stockage de l’alcool et des clopes xD

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