Utopiales 2014 – Volume 2 : Les conférences du jeudi 6


Lire le prologue et le billet sur les dédicaces.

Cette année, nous étions particulièrement alléchés par le programme des conférences des Utopiales. Elles n’ont pas toutes été à la hauteur de nos attentes mais certaines étaient vraiment excellentes à suivre. Après quelques semaines de recul la meilleure d’entre elles, pour moi, reste celle sur Le voyage interstellaire, une idée intelligente ? présentée par Roland Lehoucq. Il s’agit de la première conférence donnée dans l’espace Shayol et, croyez-moi, elle a placée la barre très haut : science (équations à l’appui), réflexion (se rapprocher de la vitesse de la lumière, ça donnerait quoi ?) et humour, que demander de plus ? Roland Lehoucq est passionnant même si le voyage interstellaire ce n’est pas pour demain. Pour ma part, j’aurais bien repris une heure supplémentaire de conférence. Et savoir que le Venture Star d’Avatar est scientifiquement plus crédible que nombre de vaisseaux spatiaux de films qui se veulent plus sérieux, ça n’a pas de prix. Je ne peux que vous inviter à rattraper la conférence ici.

R Lehoucq

Roland Lehoucq

La scène Hetzel s’est révélée trop petite pour accueillir le public de la conférence Peut-on mimer le cerveau par calcul avec Lucie Hertz-Pannier, Jean-Gabriel Ganascia, Eric Dumonteil et Catherine Dufour (modération : Merlin Jacquet). Nous y avons assisté assis par terre (merci la moquette). Elle était très instructive et sachez que le défi Humain Brain Project (reproduire, modéliser par l’informatique le cerveau humain) dont il est question ici cherche toujours des volontaires pour jouer les cobayes. Il paraît que c’est sans danger… Écoutez donc.

C’est toujours par terre que nous avons assisté à une partie de la conférence Féminisme et SF : le genre est-il un nouvel espace idéologique ? avec Jeanne-A Debats, Lionel Davoust, Élisabeth Vonarburg, Florence Porcel, Esther Rochon et Sara Doke à la modération. Je n’en ai pas retiré beaucoup : entre les combats déjà en cours que je suis, les polémiques et le sexisme dans le jeu vidéo et le milieu geek (voir ici et ) que j’ai déjà vu passer, j’avais l’impression de tourner en rond. En même temps, je suis une femme : je suis, de près ou de loin touchée par ce sexisme et donc concernée. Du coup, je suis peut-être plus en attente de pistes de solution pour faire changer les mentalités. J’attendais peut-être quelque chose de différent : moins de réactions viscérales (qui restent nécessaires et salutaires) et plus de stratégie pour changer le monde peut-être. Néanmoins je retiens une phrase d’Élisabeth Vonarburg : La science fiction soulève les jupes du monde pour regarder en dessous. Et c’est en partie pour cela que j’aime la SF. Vous pouvez écouter la conférence ici.

A 13h retour à l’espace Shayol pour écouter Jérôme Vincent s’entretenir avec Jo Walton. Une conférence rencontre animée par Jérôme Vincent constitue toujours un plaisir (je fayotte si je veux). Tous les spectateurs y trouvent leur compte : ceux qui ne connaissent pas Jo Walton et qui n’ont à l’issue de la conférence qu’une envie, acquérir Morwenna, ceux qui ont lu Morwenna et ceux qui attendent Farthing. Un rattrapage s’impose .

On a zappé la pause déjeuner ? Bon un sandwich devant Langage et intelligence en science-fiction suffira. Sur l’estrade, Simon Bréan tirait les vers du nez à Éric Lhomme, Yves Meynard, Laurence Suhner et Frédéric Landagrin. Je n’ai rien retenu. Ce n’est pas la faute des conférenciers, mais bien celle de mon estomac : quand il est vide il paralyse mon cerveau. La conférence s’écoute ici.

Il fallait être à l’espace Shayol à 15h. C’était même the place to be. Pourquoi ? Pour écouter Alexandre Astier deviser avec Roland Lehoucq. Je ne peux pas faire preuve du moindre soupçon d’objectivité concernant Alexandre Astier. Je me mange des rediffusions de Kaamelott en boucle (traitement idéal du blues hivernal, ceci dit en passant), me bidonne toujours autant devant sa mini-conférence « Physique quantique : un bilan mitigé » (la coupe a géométrie variable spontanée en dommage collatéral de la théorie de la physique quantique, il fallait y penser), ai adoré ses deux spectacles (Que ma joie demeure et L’Exoconférence – et je vous conseille vivement de ne pas rater cette dernière quand elle passera près de chez vous) et j’ai même failli me mettre à jouer à World of Warcraft à cause de lui. Donc cette conférence était exceptionnelle (la foule qui y assistait aussi). Roland Lehoucq a posé les bonnes questions (pouvait-il en être autrement ?). Alexandre Astier s’est révélé en tout point parfait : il a expliqué comment il travaillait et comment il concevait ses spectacles, fait part de son admiration pour les scientifiques et de sa curiosité pour la science et la vie. Il a répondu aux questions du public avec bonne humeur. Il est arrivé un peu tendu, concentré sur son spectacle (puisqu’il jouait une seconde fois son Exoconférence à Nantes le soir même), mais, face à un public acquis et conquis et un Roland Lehoucq magistral, il s’est progressivement détendu (se laissant glisser dans son fauteuil et riant à gorge déployée). La phrase de cette conférence à retenir : J’aime la phrase « je ne sais pas » et je trouve que ce sont les scientifiques qui la disent le mieux. La conférence se visionne en intégralité ici. Attention, pour ceux qui n’ont pas encore vu L’Exoconférence, présence de spoilers.

Rencontre Alexandre Astier

Roland Lehoucq et Alexandre Astier

Nous ne sommes pas restés longtemps à l’espace Shayol pour écouter Sara Doke et Walter Jon Williams, l’un des papes du cyberpunk. Il nous fallait une pause après l’enchaînement des conférences. Une visite au bar de Mme Spock s’imposait. Pas grave, la conférence, intitulée De l’autre côté du cyberpunk : Walter Jon Williams, s’écoute ici.

Rencontre avec Walter Jon Williams (1)

Sara Doke et Walter Jon Williams

Rencontre avec Walter Jon Williams (2)

Walter Jon Williams

Rencontre avec Walter Jon Williams (3)

Walter Jon Williams

A 17h nous nous sommes partagés entre deux rencontres. Celle avec Dmitry Glukhovsky (qui s’exprime parfaitement bien en français) animée par Antoine Mottier et qui se rattrape .  Dmitry Glukhovsky est un invité régulier des Utopiales. C’est heureux parce qu’il est passionnant à écouter, même pour ceux qui n’ont rien lu de lui (son regard, lucide et parfois très désabusé, sur son pays apporte aussi un éclairage intéressant)

Dmitry Glukhovsky (1)

Antoine Mottier et Dmitry Glukhovsky

Dmitry Glukhovsky (2)

Dmitry Glukhovsky

Et celle avec Daniel Goossens, chercheur en intelligence artificielle et auteur de BD, modérée par Catherine Dufour. Perso, j’ai beaucoup moins accroché. A écouter ici.

A 18h, un peu fatigués mais toujours vaillants, nous avons écouté la conférence sur le thème Les cerveaux positroniques d’Isaac Asimov sont-ils des précurseurs ? avec Anthony Vallat, Laurent Genefort, Philippe Curval, Rodolphe Gelin (Aldebaran Robotics) et Éric Picholle en modérateur. Elle se rattrape ici. En assistant à cette conférence, j’ai raté celle sur  La science-fiction d’expression québécoise : une intelligence de la francophonie ? que j’ai rattrapée .

A 19h, nous étions trop fatigués pour écouter La génération Y ou les aventuriers du pixel perdu avec Florence Porcel, Eric Leguay, Christian Gatard, Olivier Paquet et Jeanne-A Debats. Hop c’est ici que ça se rattrape.

 

Voila pour les conférences du jeudi. Un saut chez Tigger Lilly, Endea, MarieJuliet, et à bientôt pour la journée du vendredi, aussi intense que celle-ci

Photos de C.Schlonsok tous droits réservés


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