Valérian et la Cité des mille planètes – Luc Besson 14


Valérian et la Cité des mille planètes

Réalisé par Luc Besson

Avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna, Rihanna, Ethan Hawke, Kris Wu, Sam Spruell, Alain Chabat, Rutger Hauer…

Synopsis
Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers.

Mon avis
Luc Besson est le réalisateur qu’il convient de détester. Si, si, la liste des arguments contre est exceptionnellement longue que ce soit sur le chef d’entreprise, la qualité de sa production personnelle et celle des films que sa société produit. Et il tend même souvent le bâton pour se faire battre avec son école de cinéma, ses impôts ou le concours organisé pour certains costumes de Valérian qui récompensait royalement de 1000 dollars les gagnants par exemple. Et chacun de ses films lui vaut, a priori, des cris d’orfraie des critiques, suivis de près par des soupirs de crainte et/ou d’exaspération du public lors de la sortie des premières images ou de la bande annonce. Ici, en adaptant Valérian (et Laureline, mais rappelons que la série sortie dans les années 70 de Pierre Christin & Mézières s’intitulait Valérian, agent spatio-temporel et n’a été rebaptisée Valérian et Laureline qu’en 2007 – j’ai des preuves, M. Lhisbei, grand fan de space opera a les BD originales), Luc Besson a déjà déchaîné les passions avant même les premières images. Tout y est passé à commencer par le casting (pas ressemblant, pas adapté, les acteurs sont trop jeunes et ils font la gueule sur les photos) et le titre (trahison etc).

Dans notre belle contrée, Valérian et la Cité des mille planètes est sorti aujourd’hui. En 2D et en 3D. J’ai zappé la 3D – généralement trop sombre, trop mal fichue, elle me gâche le film. Alors qu’est-ce que ça vaut Valérian ? Autant le dire tout de suite, M. Lhisbei a adoré, moi moins, mais je n’ai pas détesté non plus (notez que je n’ai pas lu les BD, contrairement à M. Lhisbei). La scène d’ouverture, portée par Space Oddity de David Bowie est à tomber par terre au niveau visuel (une tuerie, c’est après que ça ce gâte). Le décor est planté et promet un univers d’une grande richesse en terme d’images. La promesse est tenue, même si on trouve des ressemblance avec d’autres films comme Avatar (dans l’esthétique, mais aussi dans la philosophie pacifiste et la notion de pardon et de rédemption) ou encore le Cinquième élément. Les courses poursuites dans la cité rappellent celles de Korben Dallas. La profusion de peuples extraterrestres, les costumes, l’univers font écho à ce film. D’ailleurs tout dans Valérian rappelle quelque chose d’autre – les habitants de Mül ressemblent aussi à des Maasaï, par exemple – ce qui confère au film un air de déjà-vu tout en dépaysant vraiment son spectateur. Les scènes qui se situent dans le marché à plusieurs dimensions / univers se révèlent très réussies et visuellement époustouflantes. Et drôles.
Et les acteurs ? Ils font le job, mais, parfois, ils n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Du passé des deux protagonistes, on ne sait pas grand chose. De leur mission, de leur employeur, non plus. Il manque sérieusement un contexte pour leur relation qui semble très artificielle. Parlons de leur relation, tiens. J’avoue m’être accrochée au siège pour ne pas éclater de rire. Valérian est un tombeur (du genre petit con qui s’assume, avouons-le) qui drague très lourdement Laureline (j’espère que ce n’est pas comme ça dans la BD). Du duo, c’est Laureline la plus mature (mais elle est moins gradée que lui, la tête brûlée, on ne va pas refaire le monde) et elle craque totalement pour lui sans lui montrer. Oui c’est digne d’une comédie romantique de seconde zone et ça donne lieu a des dialogues totalement mièvres sur l’amour et l’engagement (ben oui, parce que Valérian est un vrai gentil qui a juste peur de l’engagement comme tous les Casanova… *facepalm*). Les seconds rôles non plus ne déméritent pas : Rihanna (si,si, elle joue juste – la seule chose qu’on puisse déplorer n’est pas de son fait : on voit qu’elle est doublée pour les scènes de pole dance et le rendu est très moche), Alain Chabat (courte scène, mais bien employé), Mathieu Kassowitz, Clive Owen…
Et le scénario dans tout ça ? Prévisible de bout en bout, dans ses rebondissements. Sur deux heures vingt, le rythme est tel qu’on ne voit pas passer le film, mais on a le temps de chercher les clins d’oeil quand même. Ah oui, j’allais oublier l’humour. Je crois que j’ai vraiment ri deux fois aux blagues de Besson (l’humour facile / cliché fait moins rire à 40 piges qu’à 20).

En définitive, Valérian et la Cité des mille planètes est un film à voir sur grand écran pour ses images et ses effets spéciaux (et puis pour rêver d’un empire galactique de paix et de bonne volonté). Si vous vous fichez comme d’une guigne de tout ça, passez votre chemin.

un clin d’oeil (regardez sa main, merci)

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Film#1

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14 commentaires sur “Valérian et la Cité des mille planètes – Luc Besson

  • Herbefol

    Pas vu et pas envie de le voir, par contre grand fan de la BD. Concernant la relation Valérian/Laureline, ce que tu décris est à se taper la tête dans le mur et pour le coup ce n’est pas respectueux de la BD.

    • Lhisbei Auteur de l’article

      Pas si sûre. L’ambiguïté de leur relation existe dans la BD (nombreux smacks, les deux se charrient beaucoup, j’ai droit à des bonnes feuilles depuis deux jours). Le coup de l’engagement, par contre c’est pousser mémé dans les orties…

  • Francis

    Bon, j’ai pas vu le film (et je suis pas sûr de le voir au cinéma), mais pour reprendre quelques petits points, les aliens à la philosophie pacifistes, c’était bien dans la BD Valérian avant Avatar, et les ressemblances avec le 5ème élément ne me choquent pas, vu que c’est un film très très inspiré de Valérian aussi, et que Mézières (dessinateur de Valérian) a participé au 5ème élément.
    Ce qui m’inspire le plus de crainte dans ce film, c’est le casting, et ce que tu en dis ne me rassure pas des masses. Valérian est un personnage pas toujours fute-fute, mais pas petit con. Et Laureline, n’aurais pas pris une actrice qui a l’air de tout le temps faire la gueule. (haaa mais je relis et je vois que tu le dis, pardon).

    Bref. Je ne suis toujours pas sûr sûr d’aller le voir, mais je vais relire les BD, parce que ça, c’est du bon.

    • Lhisbei Auteur de l’article

      Perso je suis fan du 5eme élément (même si les effets spéciaux ont plutôt mal vieilli, les blagues me font encore rire, et le côté naïf / candide est moins prégnant que dans celui-ci). Et oui, les ressemblances sont logiques, mais ce qui est gênant, c’est que ce film a l’air d’être un 5eme élément bis, mais moins bon (beaucoup moins bon)…
      Pour le côté petit con de Valérian, pour avoir vu quelques passages de la BD depuis deux jours, ben, si. Il a un côté petit con dans la BD aussi (tête à claque totalement immature surtout). C’est le genre de mec qui m’exaspère dans la vraie vie, en fait.
      Pour le sourire, on en a discuté ailleurs, mais elle sourit quand c’est justifié (mais vu le nombre de fois où elle rattrape les bourdes de l’autre couillon, y’a pas beaucoup d’occasion de sourire). L’injonction du sourire pour les actrices et leurs persos dans les films, ça commence à bien faire aussi, hein ^^
      Si tu as un grand écran de TV à la maison, tu peux attendre. Sinon mieux vaut le voir au ciné. C’est typiquement le genre de film qui a besoin d’un grand écran pour qu’on apprécie le seul vrai bon truc dedans 🙂

  • Elessar

    Je me disais pourquoi pas au début de ton article, et puis tu as évoqué la relation entre les deux persos principaux…
    Moui, je verrai, je vais peut-être commencer la collection des BD ^^

    • Lhisbei Auteur de l’article

      Honnêtement, c’est fidèle à la bande annonce. Elle peut donc te suffire pour te décider.
      Sinon les BD c’est le bien selon M. Lhisbei 😀

  • Le chien critique

    Mon premier commentaire n’étant pas passé, je recommence :
    Merci pour ton retour critique. Tu confirmes mes doutes sur le film : choix des acteurs et scénario bien caché derrière de jolis effets spéciaux. En outre, Télérama a adoré et ils sont souvent à la ramasse lorsqu’il s’agit de films SF.
    Et j’en ai marre de ces grosses productions qui prennent toujours des acteurs de chaque pays pour faire du chiffre.
    Je remarque que tu as adoré la performance de Rihanna, tu l’as crédite deux fois dans le casting !
    J’attendrai donc de le voir sur ma télévision, juste le temps de lire les BD, peut-être.

    PS : toujours pas reçu mon moineau de Dieu, ActuSF est parti en vacances en juillet cette année.

    • Lhisbei Auteur de l’article

      Le problème, à la télévision, c’est qu’il faut un grand écran pour apprécier hien 🙂 (et Télérama est à la ramasse tout court (amha)).
      Je vais relancer pour Le Moineau de Dieu. ActuSF était à la convention de SF de Grenoble au moment du tirage au sort. (et normalement les vacances, pour eux, c’est maintenant)

  • Vert

    Franchement au final je m’attendais tellement à un navet que j’ai été très agréablement surprise. Valérian est certes à baffer et le film manque cruellement d’émotion (les personnages sont assez creux en effet), mais l’intrigue est correcte et c’est très joli visuellement, ça vaut bien n’importe quel blockbuster américain (le côté cocorico en plus :D)

  • Zina

    J’ai bien aimé. C’est sûr qu’en terme de scénar’ ça casse pas 3 pattes à un canard mais c’est divertissant et rythmé. Et je suis bon public, j’ai dû rire 5 fois 😉