Goldorak – Go Nagai

Cet hiver Lune organisait la saison 4 de son Challenge Madeleine de Proust. Ce défi consistait à lire, relire, voir, revoir, jouer, rejouer, écouter, réécouter des livres, films, séries, jeux et musiques qui rappellent l’enfance entre le 1er décembre 2020 et le 31 janvier 2021.  Pour la première édition, je vous avais parlé de la série Ulysse 31 de Jean Chalopin et Nina Wolmar. Pour la deuxième saison, j’avais revu l’Inspecteur Gadget de Bruno Bianchi, Andy Heyward et Jean Chalopin. Pour la troisième édition, j’avais revu avec plaisir Highlander(et avec beaucoup moins de plaisir les suites). Retour à nouveau en enfance pour cette quatrième saison avec la série Goldorak. J’ai donc scrupuleusement revu les 74 épisodes disponibles sur Okoo. L’objectif était ensuite de lire la BD de Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo.

Goldorak go !

Mes souvenirs de la série, vue au début des années 80, était assez flous. Goldorak y poutrait – avec ses fulguropoings ou son astérohache – des méchants Golgoths envoyés sur Terre par les forces de Véga à chaque épisode. Et… c’est a peu près tout. Je me souvenais aussi vaguement des personnages mais j’avais complètement oublié que la série avait une histoire et une fin, une vraie, douce-amère, heureuse et triste. Bon, j’avoue avoir eu la larme à l’oeil au visionnage du dernier épisode (je vous jure, c’est moche de vieillir). Goldorak est aussi le premier mecha que je croisais et, pour autant, je ne l’identifie pas comme tel. Goldorak occupe une place à part. Bien qu’il n’ait aucune personnalité, qu’il ne soit qu’un robot piloté par Actarus, m’a toujours semblé expressif.
La trame de la série est assez simple : un empire belliqueux, Véga, qui comme tout bon empire qui cherche à s’étendre colonise violemment des planètes habitées a décimé Euphor paisible monde duquel s’échappe Actarus, prince héritier, à bord de Goldorak qu’il a piqué à Véga et se réfugie sur Terre où il a été adopté par le professeur Procyon. Il travaille comme palefrenier au ranch des bouleaux blancs. Le propriétaire, Rigel, persuadé que la vie existe ailleurs que sur Terre, espère rencontrer des extraterrestres. Depuis Véga tente de récupérer Goldorak (ou de le détruire, ça dépend des généraux) pour que la planète bleue se retrouve sans protection et que l’empire puisse l’envahir. Particularité : les généraux de Véga à commencer par le Grand Stratéguerre ne sont pas très malins et font de bien piètres managers. La chaîne de commandement se montre toujours défaillante. Plutôt que de travailler en collaboration, ils se marchent sur les pieds, se trahissent voire s’assassinent ce qui facilite grandement la tâche de Goldorak – qui poutre effectivement, à chaque épisode, un nouveau Golgoth tout aussi inefficace que les précédents). Deux points ont aussi particulièrement retenu mon attention lors de ce visionnage. Actarus place la protection de l’humanité au dessus de tout y compris de sa propre mort (avec un sens du sacrifice aussi léger qu’une enclume) tant il trouve notre planète et ses habitants merveilleux. Et le mal ne peut venir que de l’extérieur, ici de Véga, qui corrompt tout. Une vision bien trop gentillette de l’espèce humaine à mon sens (je vous jure, c’est moche de vieillir bis). Mais il faut rendre justice à Actarus de rester (à peu près) sain d’esprit, toujours droit et juste, après avoir assisté au massacre de son peuple et de sa famille et subi les traumatismes d’une guerre stellaire.

Des thèmes multiples

Au delà de la guerre contre Véga et de la scène de combat où tous les personnages vont pouvoir démontrer leur bravoure et leur vaillance, on trouve aussi quelques messages d’alerte notamment écologiques. Actarus insiste beaucoup sur la nécessité de protéger l’écosystème terrien et toutes ses composantes. Véga colonise les planètes par manque de ressources après avoir épuisé celles de la planète mère. Dans l’épisode « Les continents submergés », Vega tente de faire fondre la calotte glaciaire du Pôle Nord pour submerger la terre. Et je n’ai pas compté le nombre de plans bucoliques sur les jolies petites fleurs de nos prairies qu’il faut préserver…
Actarus, quant à lui, souffre d’une blessure de guerre par radiation, oeuvre de Véga lors de l’invasion d’Euphor et qui fait écho à Hiroshima et Nagasaki. Cette blessure se réveille et le tue à petit feu (et oui, on tremble pour lui, et oui son abnégation force encore un peu plus l’admiration).
L’évolution des personnages montre aussi l’exemple. Au début de la série, Alcor en mission d’observation des OVNI pour la NASA, et Actarus sont les seuls à se battre (non sans rivalité d’ailleurs). Au fil du temps, ils sont rejoints par Venusia, la fille de Rigel et Phénicia la soeur (retrouvée) d’Actarus. D’un duo de concurrents on passe à formation complémentaire qui compense ainsi les points faibles de Goldorak lorsqu’il est sous l’eau, sous terre ou lorsqu’il met trop longtemps à réaliser ses manoeuvres (souvenez-vous, le transfert de la soucoupe vers Goldorak, l’autolargue, l’arrimage etc).
Côté méchants, quand Véga envoie sa division Ruine, on entend le bruit des bottes…
A noter aussi : certains épisodes sont d’une violence psychologique qui m’a laissée pantoise – mais qui ne m’avait pas traumatisée quand j’étais gamine visiblement. Véga a notamment l’habitude d’implanter dans ses Golgoths les cerveaux des proches de ses ennemis. Allez, toi aussi, tue ce qu’il reste de ton parent que de toute façon tu ne peux plus sauver car il a subi un très efficace lavage de cerveau après avoir été torturé à en perdre la raison… Qu’Actarus conserve sa santé mentale après tout ça reste admirable.

Derrière le mécha se cache une certaine poésie mélancolique et, en définitive, Goldorak mérite son statut mythique et se revoit avec plaisir

 

 

Challenge Madeleine de Proust – saison 4

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2 réponses

  1. Baroona dit :

    Ça a l’air quasiment mieux à voir en tant qu’adulte, presque plus touchant, non ?
    Tu donnes envie, mais 74 épisodes ça fait beaucoup quand même…

    • Lhisbei dit :

      Oui, c’est touchant (bien qu’un peu pompier par moment).
      Et oui, c’est beaucoup (trop – surtout le poutrage de Golgoth) mais je voulais récupérer la trame narrative et revoir la fin. :p

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