Le trône d’ébène – Thomas Day 8


Le trône d’ébène

De Thomas Day

Folio SF – 315 pages

Prix Imaginales 2008

Nous, Zoulous, avons une prophétie : cette prophétie dit qu’un jour un enfant aux grands pouvoirs naîtra et qu’avec lui s’ouvrira une ère durant laquelle « amazoulou » signifiera terreur et mort pour tous les peuples du pays n’guni et des pays voisins, jusqu’à la mer, au sud, à l’ouest et à l’est, jusqu’aux Montagnes-De-La-Lune, au nord. Nous, Zoulous, avons une prophétie.

C’est bien connu, en fantasy, les prophéties se réalisent souvent. Voici donc celle de Chaka, roi des Zoulous et figure historique majeure de l’Afrique (bien que peu connue chez nous). Chaka a réellement existé et Thomas Day s’empare de son histoire pour ce roman sous titré Naissance, vie et mort de Chaka, roi des Zoulous. Qu’est ce qui distingue Le trône d’ébène d’un roman historique plus classique ? Le rôle de la magie, essentiellement. Elle est présente sous la forme de rites qui fonctionnent, d’une très vieille sorcière possédant de réels dons, de dieux en forme d’animaux et d’une lance investie d’un grand pouvoir. Comme dans Le roi d’août de Michel Pagel la trame historique est respectée. Chaka était un grand guerrier, un fin stratège et un habile conquérant (doublé d’un despote tyrannique) qui a bâti un empire. Son destin exceptionnel a fait de lui un demi-dieu, un personnage légendaire et fabuleux. Dans Le trône d’ébène Chaka est l’instrument des dieux et son ascension répond à des desseins plus complexes. Les enjeux de la prophétie le dépassent. Le fantastique, la magie se glissent presque naturellement dans les blancs de l’histoire. Comme Chaka est peu connu dans nos contrées, les blancs sont assez nombreux pour laisser le champ libre à l’imagination débridée de Thomas Day. Imagination débridée mais sobriété dans le style. Certes les scènes de sexes sont assez crues, les batailles et massacres baignent dans le sang et la violence. Mais l’écriture sait se faire poétique et légère quand le récit le demande. Le ton oscille entre le conte oral (dans la tradition des contes magiques africains) et le classicisme des biographies (mais sans jamais ennuyer). Thomas Day, dont on sent qu’il s’est bien documenté, adopte parfois un point de vue d’ethnologue. Le roman s’est trouve enrichi d’une dimension supplémentaire. La narration est fluide et ne manque pas de souffle pour évoquer la folie sanguinaire et la démesure du personnage de Chaka. Finalement le lecteur ne regrette qu’une chose : que ce Trône d’ébène se lise trop vite…

Instant C.L.A.P.
Avec ce livre, je fais mon coming-out et affiche officiellement mon appartenance au C.L.A.P. le Cercle Littéraire des Amateurs de Pop-corn. J’ai embarqué ce livre avec moi et lu une quinzaine de pages en attendant la projection de Iron man 2. Il m’a aussi permis de patienter dans la salle d’attente du médecin.


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8 commentaires sur “Le trône d’ébène – Thomas Day